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Lundi 27 août 2007
Le mois de juillet a été aux USA pour l'essentiel un mois d'"avant-crise", qui a été dans la droite ligne des mois précédents : 

Les prix de vente n'ont pratiquement pas varié (+0,2% par rapport à juillet 2006 pour le prix moyen, -0,6% sur le prix moyen), le nombre de vente a continué à baisser (-9% par rapport à juillet 2006, à 5 750 000 unités en rythme annualisé ; on se situait à plus de 7 millions en 2005).

Fait  par contre très caractéristique, les stocks d'invendus ont continué à augmenté, et très fortement (+5,1% sur un mois à 4 592 000 unités). On se situe à 9,6 mois de stocks à vendre, c'est à dire le plus haut niveau en 16 ans.


 

La situation reste pour le moment "bloquée" : les vendeurs n'ont pas encore renoncé à vendre leurs maisons aussi cher qu'en 2005 et 2006...mais ne trouvent plus suffisamment d'acheteurs, et les stocks s'accumulent au point d'atteindre les niveaux de démarrage de la précédente crise immobilière (1991).

L'arrivée sur le marché des biens saisis, de plus en plus nombreux, associé à la restriction en cours sur le crédit qui va encore raréfier les acheteurs va encore augmenter le déséquilibre offre / demande pour les mois à venir, et nous devrions observer cette fois une forte aggravation de la situation, notamment au niveau des prix de vente.

Enfin, le CAC a poursuivi son rebond, mais dans des volumes de plus en plus anémiques, et la zone actuelle des 5600 points semble une bonne opportunité pour revenir sur le BX4 pour jouer une reprise prochaine de la baisse du marché...même si beaucoup d'intervenants attendent les 5750 points et une figure "épaule-tête-épaule" pour jouer la baisse avec moins de risques.
par loïc abadie publié dans : actualité
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Dimanche 26 août 2007

Une baisse du taux directeur de la FED au cours des prochains mois semble maintenant acquise, et je pense comme beaucoup qu'elle aura effectivement lieu (et sera suivie par de nombreuses autres). 

Quels vont en être les conséquences ?


Rappelons d'abord quelques faits historiques : 

- Après la 1ère baisse des taux de la FED (nov 1929), le cours du Dow Jones sera divisé par plus de 5, avec à la clé une des pires récessions de l'histoire des Etats-Unis.

- Après la 1ère baisse des taux de la banque centrale du Japon (juin/juillet 91), le nikkei a perdu plus de 40% en à peine plus d'un an, et a continué un mouvement baissier qui l'a fait passer de 25 000 fin 91 à 8000 en 2003...les taux d'intérêt japonais en 2003 étant pourtant tombés en 2003 à ....0,10 % !
La politique de "taux 0" japonaise a été incapable d'empêcher plus d'une décennie de marasme économique et de déflation.

graphique historique du nikkei

- Après la 1ère baisse des taux de janvier 2001 par la FED, le Nasdaq a perdu (après un bref rebond) la moitié de sa valeur, le DOW se "contentant" d'une baisse de 30%.

Ces exemples anciens et récents montrent que compter sur une baisse des taux de la FED peut être désastreux pour l'investisseur (au delà d'un rebond de quelques jours ou quelques semaines) !

Sur un plan plus général, quand une bulle de crédit et d'actifs de grande ampleur est constituée, associant surendettement et bulle immobilière, l'histoire nous montre que les baisses de taux sont sans effet et n'empêchent pas l'éclatement de la bulle : que ce soit pour les USA en 29 ou le Japon dans les années 90.

après 2002, les baisses de taux de la FED ont eu un relatif succès, puisque elles ont "réussi" à relancer l'économie en créant une bulle immobilière et en accélérant l'expansion de la bulle de crédit constituée depuis le début des années 90.
Cette "réussite" a été possible uniquement grâce au développement des prêts exotiques (subprime, Alt-A et tous les prêts à taux révisables) et aux dérivés de crédit qui ont permis aux banques d'"oublier" toute notion de risque.

Aujourd'hui est-ce que la FED pourra renouveler son "exploit" de 2003-2007 ?

- Les conditions de crédit se sont considérablement durcies depuis la crise de juillet : les prêts subprimes ont quasiment "disparu" du paysage des nouveaux prêts proposés, et avec eux d'autres catégories de prêts exotiques...les subprimes formaient à eux seuls 20% du marché, mais en y ajoutant les autres prêts à taux révisables, on atteint facilement 1/3 du marché des prêts immobiliers US.
Pour le reste du marché, on constate des hausse de taux pour tous les emprunteurs n'ayant pas un profil "parfait"...
article de CNBC

La baisse des taux de la FED sera sans effet sur ce problème...et avec 1/3 du marché en moins, on voit mal comment le crédit pourrait repartir à la hausse au cours des mois et années à venir !

- La pression sur les emprunteurs qui ont contracté des prêts "exotiques" ces dernières années va encore s'amplifier au cours des mois à venir, et de façon très importante : ce graphique sur le montant des révisions de prêts ne laisse guère de doute sur l'augmentation à venir du rythme des saisies immobilières.
Là aussi, la baisse des taux de la FED sera sans effet. Parce que la fin programmée de la période de "teasing" sur un prêt à taux révisable signifie un bond automatique de la mensualité.


Données de  : John Mauldin, safehaven.com

Les
saisies ont d'ailleurs déjà repris leur hausse aux USA en juillet 2007 (+9% sur un mois et + 93% sur un an).

La vérité est que, à cause de la récession en cours sur le secteur immobilier, la FED ne dispose plus aujourd'hui de bulles à "regonfler" comme en 2002, donc de moyens d'augmenter encore l'endettement des ménages.

La baisse des taux ne devrait donc pas empêcher la généralisation de la crise du crédit à tous les secteurs de l'économie US.


par loïc abadie publié dans : économie générale
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Vendredi 17 août 2007
La journée d'hier a donné un bon aperçu de ce qu'est un environnement déflationniste, et des besoins de cash générés par une contraction du crédit : 

Hier en séance, on a pu observer les mouvements suivants : 

- or : -3,4%
- pétrole : -3,5%
- argent : -11%
- indice Dow Jones des métaux de base : - 11,5%
- indice HUI des mines d'or : -10,3%, et -23% en 3 semaines au plus bas de la séance d'hier.

HUI.jpg



Simultanément, les fonds spéculatifs soldent actuellement leurs positions de carry trade*, la paire $/yen a ainsi baissé de 5% en 4 séances, passant de 118 à 112 . 


Un seul gagnant dans l'affaire : le cash... 

La journée d'hier n'était qu'un "petit" avertissement, qui était là pour nous montrer qu'aucun actif autre que le cash n'offre de refuge valable en situation de crise. Un rebond technique se dessine déjà aujourd'hui malgré le plongeon de Tokyo (-5,4%). 

Mais nous devrions vivre beaucoup d'autres épisodes de "course au cash" pendant les mois et années à venir. La contraction du crédit n'en est qu'à ses débuts...

*le carry trade est une opération spéculative qui consiste à emprunter dans une monnaie à faible taux d'interêt (comme le yen) pour investir dans une monnaie à taux plus élevé (comme le $). L'opération est rentable...tant que la monnaie à taux plus élevé ne chute pas face à la monnaie à taux faible.
par loïc abadie publié dans : inflation et déflation
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Mercredi 15 août 2007
Suite à la récente baisse des indices, le tracker BX4 a bien profité de la situation et cote à 59€ après avoir touché les 60€.
Le CAC a perdu environ 12% sur ses plus hauts, et la volatilité sur les indices US (indice VXN) est à un plus haut d'au moins 3 ans.

volat.jpg

Une petite divergence haussière commence également à se dessiner sur le RSI pour le CAC40.
Enfin beaucoup d'analystes tablent sur un rebond du CAC dans la zone des 5300-5350 points.

Coté fondamentaux, la crise des prêts exotiques semble maintenant prise en compte par les marchés (en attendant la contagion au consommateur, qui sera autrement plus grave et qui elle n'est pas prise en compte).

Donc il y a plusieurs éléments en faveur d'un rebond technique de court terme sur les marchés avant reprise de la baisse cet automne, et on pourrait donc prendre par prudence ses bénéfices sur le BX4 (notamment si le CAC baisse encore demain à la suite de mauvais chiffres immobiliers US)...sans oublier de reconstituer la ligne au prochain rebond !

par loïc abadie publié dans : conseils et stratégies
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Mercredi 15 août 2007

 Le nouveau mot à la mode depuis quelques semaines : « subprime »…et à force d’en parler, on oublie l’essentiel : le consommateur US et sa capacité à tenir la croissance.

Voici quelques donc quelques ordres de grandeur  pour bien situer les enjeux :
- Le montant total des prêts à taux révisables (ce que j’ai appelé « prêts exotiques ») est d’environ 3 000 milliards de $ (selon les sources, les estimations varient entre 2500 et 3500 milliards), environ 30% du total des prêts hypothécaires US.
Rappelons que ces prêts sont caractérisés par une période de « teasing » (mensualités très basses où seuls les intérêts sont remboursés, parfois même moins ), puis par un « réajustement » brutal ou la mensualité à payer va augmenter fortement (parfois plus de 100%).
 
Jusqu’ici avec la hausse de l’immobilier tout se passait bien, l’emprunteur gardait son bien pendant la période de « teasing », puis revendait avant le réajustement pour rembourser son prêt (et dégager une plus-value).
Depuis 2006 l’immobilier commence à baisser, et de plus en plus de prêts sont dans le « rouge », c’est à dire que la valeur du bien immobilier acheté ne couvre plus le prêt. Quand le prêt est soldé, il en résulte une perte, pour l'emprunteur et l'économie globale.
 
Les estimations des pertes potentielles sur l’économie sont pour le moment très variables :
Une première façon d’estimer les pertes est d’extrapoler les taux de défaillances des emprunteurs sur les prêts exotiques en cours.
 
 
Amp capital arrive en utilisant ce calcul à un chiffre de 150 milliards de $ de pertes potentielles.
 
Problème : cette estimation ne prend pas en compte les emprunteurs « prévoyants » qui préfèrent vendre leur bien à perte avant le « réajustement » du prêt et sont ainsi capables de rembourser leur banque.
Dans l’hypothèse d’une baisse des prix de 10% sur l’immobilier, 1173 milliards de prêts « révisables » seraient dans le rouge, et les solder avec une perte moyenne de 30% conduirait à une perte de 352 milliards de $ selon le rapport de Stéphanie Pomboy du cabinet Macromavens (qui présente d'autres hypothèses de calcul).
 
Mais même 350 milliards de $ de pertes, répartis sur 3 ans (117 milliards annuels) ne représenteraient qu’environ 1% du PIB des USA chaque année. Donc une situation encore gérable sans trop de « casse » pour les économies des USA et du reste du monde…
 
Seulement il y a un « hic » : Cette crise du subprime révèle un problème infiniment plus grave…qui a l’air « anodin » : On vient tout simplement de toucher les limites possibles de l’expansion du crédit : l’échec actuel des prêts « exotiques » montre qu’il n’est plus possible d’augmenter encore l’endettement du système.
 
Et là on passe d'un coup à un « problème » 30 fois plus important  : Pour que ce problème se produise, aucun besoin de faillite retentissante, de catastrophe inattendue. Il suffit que les acteurs économiques ne soient plus capables d'augmenter leur endettement !

Ce graphique montre la hausse annuelle de la dette totale des USA : Elle a amené en 2006 plus de 3500 milliards de $ dans le système économique...30 fois plus que les pertes potentielles annuelles sur les prêts exotiques.

debtgrow.jpg

La seule stagnation de la dette des ménages retirerait à l’économie plus de 1000 milliards annuels par rapport aux années précédentes…La stagnation de la dette totale retirerait plus de 3500 milliards annuels.

Les problèmes liés aux crédits exotiques ont déjà été anticipés dans ce blog, puis par le marché. Pour comprendre la « suite des évènements », il faut évidemment suivre les développements sur ce secteur…mais surtout regarder ce qui va se passer au niveau de la dette totale, et du consommateur US.
Ce sont les deux derniers maillons qui résistent encore…et qui portent en eux le potentiel pour déclencher une crise infiniment plus grave que celle des « subprimes ».
Nous devrions bientôt en avoir un aperçu.
 
 
 
 
 
 
 
par loïc abadie publié dans : économie générale
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