Petit commentaire sur Goldman Sachs...

Publié le par loïc abadie

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C'est le nouveau bouc émissaire et le sport favori d'une certaine blogosphère économique : dénoncer les agissements de Goldman, ses bénéfices « intolérables », son « trading algorithmique » et ses pratiques en matière de spéculation.


Etant un éternel contrarien, et n'aimant pas hurler avec les loups, je voudrais juste soulever trois points essentiels, que les auteurs de blogs spécialisés dans le populisme et les fantasmes de gauche radicale se gardent bien d'aborder :


1)    Qu'est-ce qui est plus gênant : Qu'une banque commerciale fasse 3,44 milliards de $ de bénéfice, en partie grâce à l'argent que l'état et la FED jettent en abondance par les fenêtres sans aucun contrôle, ou bien que l'état US vole aux générations futures et aux épargnants raisonnables 2000 milliards de $ en un an (c'est le montant de l'augmentation de la dette publique US), soit 600 fois plus que le bénéfice de Goldman, pour réaliser des « relances » qui ne fonctionnent pas ?


2)    Peut-on reprocher à des banques d'essayer de s'adapter et de tirer parti d'un système absurde basé sur la fuite en avant dans la dette et une cavalerie à grande échelle instituée par l'état ?


3)    Je suis tout à fait d'accord pour dire que le trading algorithmique, ou quantique, les paris à leviers 50 ou 100 sur le forex et d'une façon générale la spéculation excessive n'ont aucune utilité sociale ou économique. Mais qui fournit le carburant de cette spéculation ?

La réponse est très simple : les crédits et  liquidités surabondantes déversés par les politiques de relance keynésiennes et le système monétaire à réserve fractionnaire...Une fois de plus la politique de l'état en faveur du crédit est la cause du problème.

Dans un système à réserve pleine où le crédit serait limité, chacun spéculerait avec son argent, pas celui des autres, et le problème de la spéculation excessive serait réglé de façon simple, naturelle, et sans contraintes.


Je ne défends pas ici spécialement Goldman ou n'importe quelle autre banque, je trouve simplement que dénoncer des boucs émissaires est décidément un moyen très commode de masquer le vrai problème.

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pytheas 12/10/2009 23:04



Goldman a financé largement la campagne de OBAMA, et fréquente plus que largement les couloirs des décisions de l'état us, est-ce un problème?



roi-jean 12/08/2009 17:18

citation :


Avoir des dettes est le seul moyen de rester dans la mémoire des classes commerçantes.
Jean Carmet

jeanpierre 10/08/2009 06:22

http://www.lecho.be/actualite/economie-finances/Echanges_suspects_entre_Paulson_et_Blankfein.8218087-602.art

chaud_ce_coup 06/08/2009 20:14

La Roumanie s'enfonce un peu plus dans la criseLa Roumanie poursuit sa dégringolade, mais ses principaux bailleurs de fonds semblent prêts à revoir leurs exigences à la baisse afin d'éviter le pire. Le ministre des Finances, Gheorghe Pogea, a admis la semaine dernière que le recul du produit intérieur brut (PIB) du pays pourrait atteindre 8 %

Le Bigourdan 05/08/2009 13:28

Pour rester dans le domaine des banques et en particulier celles de l'Islande.Un article du Monde.Pour un petit pays de 320.000 habitants , les sommes paraissent énormes.Le ratio populationFrance/populationIslande donne 200.Cela est-il possible d'avoir ce type de dérive dans les banques européennes de la part des actionnaires ?L'Islande face à un scandale bancaire de plusieurs milliards d'euros.LEMONDE.FR | 04.08.09 | 20h08  •  Mis à jour le 05.08.09 | 12h34
Il n'était bien entendu pas prévu que l'affaire soit rendue publique. En pleine période de crise, les Islandais apprennent que, deux semaines avant de faire faillite, la plus grosse banque de leur pays a prêté des sommes allant de 45 millions à 1,4 milliard d'euros… à ses principaux actionnaires.
Le 29 juillet, sur Wikileak.org, un site qui permet de donner une audience aux fuites d'informations tout en protégeant les sources, a été publié anonymement un "loan book" ("livre de prêts") de la banque islandaise Kapthing. Le document, "privé et confidentiel", liste, sur 210 pages, 205 emprunteurs de la banque à travers le monde. Et dans l'entourage de la juge Eva Joly, qui s'occupe de la commission d'enquête, l'authenticité du document n'est pas remise en question.
Le document est daté du 25 septembre 2008. Deux semaines plus tard, le 9 octobre, la banque est mise sous tutelle et placée en cessation de paiements. Et parmi les 205 emprunteurs, on trouve essentiellement des actionnaires de la banque.
DES CENTAINES DE MILLIONS D'EUROS PRÊTÉS AUX ACTIONNAIRES
Des noms reviennent régulièrement au fil des 210 pages. Par exemple les frères Ágúst et Lýður Guðmundsson, qui dirigent le groupe Exista, le plus gros actionnaire de la banque. Exista possède 99 % du groupe Skipti, également actionnaire de Kaupthing Bank. Exista a reçu un prêt de 1,42 milliard d'euros, Skipti, de 320 millions d'euros.
Robert Tchenguiz est directeur du groupe Exista. Il a reçu personnellement un prêt d'un peu plus d'un milliard d'euros. Son frère, Vincent, a, lui, reçu 200 millions d'euros en prêt. Ólafur Ólafsson, un autre homme d'affaires, a emprunté personnellement 48 millions d'euros. Mais il est également président du conseil administratif de la holding Alfesca, qui a reçu près de 150 millions d'euros en prêt. En tout, selon l'hebdomadaire islandais Visir, son emprunt s'élèverait à 700 millions d'euros. Des emprunts massifs, consentis à des initiés à un moment où les dirigeants de la banque savaient que l'entreprise était au plus bas, et accordés sans aucune garantie.
Quant à l'homme d'affaires Skuli Thorvaldsson, il a, lui, reçu 650 millions d'euros. En outre, il est le plus gros emprunteur de KBLux (filiale luxembourgeoise de la banque islandaise et non de la Kredietbank belge comme nous l'avons écrit par erreur).
ÉTOUFFER L'AFFAIRE
Comme si ce scandale ne se suffisait pas à lui-même, un jour après la publication de ce rapport, les avocats de la "nouvelle" banque Kaupthing, depuis nationalisée – mais dont certains dirigeants sont restés en place – ont écrit à Wikileak pour que ce rapport soit retiré du site. "Cette information hautement sensible et confidentielle est soumise au secret bancaire islandais", écrit l'avocat principal de Kaupthing. "Toute divulgation de ces informations est strictement interdite et passible de peines de prison, selon la loi islandaise", menace-t-il.
La radiotélévision publique islandaise (RUV) a également reçu l'injonction de taire l'affaire. L'ordre a été donné par le commissaire de Reykjavik, Rúnar Guðjónsson, dont le fils, Guðjón Rúnarsson, dirige l'Association islandaise des services financiers et joue le rôle de porte-parole des banques en faillite du pays. Détail : l'autre fils du commissaire, Frosti Reyr Rúnarsson, a dirigé le département de courtage de Kaupthing. La RUV a refusé de faire l'impasse.
Ce n'est qu'après le week-end, mardi 4 août, que la première ministre islandaise, Johanna Sigurdardottir, a fait une déclaration publique, devant l'ampleur de la colère du peuple et des médias islandais. "Il n'est pas possible, dans la situation que connaît actuellement notre société, où tout doit être ouvert et transparent, d'utiliser le secret bancaire pour dissimuler des abus du marché", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse. "Nous avons donc examiné la possibilité de réviser la législation sur le secret bancaire", a-t-elle ajouté.
RENDRE LA BANQUE AUX ACTIONNAIRES
Le 20 juillet, l'Etat islandais avait annoncé son intention de renflouer à hauteur de 1,5 milliard d'euros les trois principales banques islandaises, nationalisées en urgence en octobre, dont la "nouvelle" Kaupthing. L'accord, précédé de plusieurs semaines de négociations avec les créanciers des banques, était censé être appliqué le 14 août et prévoyait que la quasi-totalité du capital de deux banques, Islandsbanki (ex-Glitnir) et New Kaupthing, soit rendu à des actionnaires. On prend les mêmes et on recommence ?

Hélène Bekmezian