Quelques propositions globales en réponse à la crise...

Publié le par loïc abadie

L'objectif de ce blog a été, et restera la discussion sur les stratégies individuelles de protection du patrimoine face à la crise. Cependant, certains lecteurs ont souhaité à plusieurs reprises débattre sur un plan plus global, de projets de société permettant de répondre à la crise que nous traversons, et c'est le but de cet article.

La seule limite de cette discussion sera liée au respect de la Charte du blog :

Les propositions extrémistes n'y sont pas admises. Cela comprend notamment les théories relevant de la gauche radicale, niant des droits élémentaires comme la propriété privée, la liberté d'entreprendre, de vendre et d'échanger des biens, et les propositions faisant l'apologie de thèses marxistes / égalitaristes qui ont tué dans un passé récent 100 millions de personnes.
L'utopie égalitaire et ses conséquences désastreuses est traitée rapidement en début d'article, afin de pouvoir passer à des choses plus utiles et constructives ensuite.

Enfin, autant que possible, et pour en rester au caractère concret et terre à terre de ce blog, essayons de faire en sorte que la discussion porte sur des propositions ou faits précis et chiffrés plutôt que sur de vagues discours philosophiques !


Voici mes quelques opinions, orientations et propositions, comme point de départ du débat, et pour montrer qu'une autre société, authentiquement libérale, sans excès d'étatisme et sans fuite en avant permanente dans la dette est possible et souhaitable.
On pourra également consulter les propositions de partis authentiquement libéraux, comme Alternative Libérale, le P.L.D, ou un blog comme Objectif Liberté (avec de nombreux liens vers d'autres sites) pour comprendre que le libéralisme authentique ne correspond ni à la caricature que certains en font aujourd'hui, ni aux politiques qui sont menées dans nos pays depuis plusieurs décennies, celles-ci étant même à l'opposé.



En finir avec les crises, en finir avec l’hyperétatisme :

Un projet de société libérale et humaine.

 

Préambule : la nature humaine et les inégalités.

 

Tout projet de société se doit d’abord de coller au plus près à la nature humaine, telle que celle-ci a été sélectionnée tout au long du processus d’évolution de notre espèce. Cette nature "fondamentale" est déterminée en grande partie par les caractéristiques que l'évolution a sélectionnées pour notre espèce.

 

l’homme fait partie de l’ordre des primates, et il est caractérisé notamment par :

 

1)     Les interactions sociales et les relations de hiérarchie :

 

Au sein d’une société, chaque individu tend à rechercher (avec plus ou moins d’énergie en fonction du caractère et des capacités) une position hiérarchique et sociale élevée au sein d’un groupe.

 

2)     La territorialité :

 

Chaque individu aura tendance à défendre un « territoire », ce qui se traduit chez les humains par la notion essentielle de « propriété privée ».

 

3)     L’empathie : Les humains sont capables de se mettre à la place des autres, et d’être affectés par les problèmes arrivant chez les autres. Cette qualité a été sélectionnée au cours de l’évolution et elle est indispensable à la survie de l’espèce. Sans empathie, chaque être humain passerait son temps à tuer ses congénères à la moindre contrariété, et l’espèce disparaîtrait rapidement.

 

Conséquences, principes de base d’un projet de société adapté à notre nature :

 

Principe 1 :  L’inégalité est indispensable dans toute grande société. Elle constitue même le moteur du progrès via la compétition qu’elle entraîne. Tous les projets de sociétés égalitaires ont échoué simplement parce qu’ils étaient contraires à la nature humaine :


Dans une société égalitaire, il n’y a en effet plus aucune « carotte » disponible, plus aucun « espoir » pour les individus de pouvoir améliorer leur position au sein du groupe.

Les sociétés égalitaires (en dehors de quelques tribus de taille très réduite, modèle inapplicable à une grande société) dérivent toujours vers une dictature sanglante en plusieurs étapes :

 

1) Un gouvernement tente de mettre en place une société égalitaire. Conséquence immédiate : en l’absence de motivation, plus personne ne veut travailler, (à quoi bon travailler puisque tout le monde a au final les mêmes revenus ?) à l’exception de quelques rares idéalistes, dont le nombre ne suffit pas à assurer la production nécessaire à la survie de la société.

2) En réaction à cette situation, le gouvernement est obligé de placer un système de contrôle puissant pour obliger chaque travailleur à remplir son objectif malgré l’absence de motivation.


3) Une classe dominante, formée des contrôleurs, s’impose progressivement.


4) Cette classe dominante finit assez rapidement par former une oligarchie totalitaire, réprimant toute opposition…les étapes suivantes étant les 100 millions de morts provoqués par l’application des théories marxistes, puis l’implosion du système (la classe des contrôleurs n’arrive plus à assurer le minimum vital nécessaire au maintien de la société, étant incapable de planifier une société bien trop complexe pour elle).

 

Après les expérimentations marxistes de ces dernières décennies qui ont tué 100 millions de personnes, proposer aujourd’hui des sociétés de type égalitaire relève au mieux de l’inconscience, sinon d’une motivation dictatoriale et criminelle. Les théories égalitaires n’ont rien à envie au final aux théories fascistes au vu des dégâts qu’elles ont causé !

 

Principe 2 : Une inégalité extrême, dans laquelle les exclus seraient condamnés à mort ou à une exclusion définitive ne correspond pas non plus à la nature humaine, notre instinct d’empathie s’y opposant. Les sociétés de ce type finissent par être rejetées, comme les sociétés égalitaires.

 

Un projet social équilibré se doit donc :

 

- De responsabiliser au maximum les individus, chacun devant subir pleinement les conséquences de ses choix (bons ou mauvais), et de laisser se développer un niveau d’inégalité suffisant pour que le progrès général puisse avoir lieu.


- De respecter la propriété privée.


- Mais aussi de s’assurer qu’en cas de mauvais choix ou de malchance, personne ne puisse être condamné à mort et que chacun puisse rebondir : nécessité d’une solidarité et d'un filet de secours minimal mais universel.

 

Le projet de société que je défendrai ici s’appuiera sur quatre piliers : revenu d’existence, réforme du système monétaire, neutralité de l’état, interdiction des déficits publics.

 

I) Le filet de secours universel, la relance de l’emploi et de la production.

 

a)  Le revenu d’existence

 

Le principe du revenu d’existence est simple : il s’agit de donner à chaque personne (ayant la nationalité française avec une extension qui me semblerait normale aux immigrés en situation régulière titulaires d’un emploi à plein temps, mais pas au delà, la France n’étant pas une association caritative chargée de prendre en charge toute la misère du monde) une allocation identique, sans conditions d’attribution : Toute personne majeure serait bénéficiaire de ce revenu d’existence quelle que soit sa situation (actif, retraité, chômeur…), tout mineur aurait également droit à une allocation d’un montant inférieur.

 

Ce revenu n’est évidemment pas un encouragement à l’assistanat : il s’agit d’un simple filet de secours permettant une survie peu confortable, et incitant fortement à rechercher une source supplémentaire de revenus.


Il a vocation à se substituer à la quasi-totalité des prestations, subventions, usines à gaz en tous genres actuellement versées par nos états, ce qui implique évidemment des économies considérables dans le budget de l’état (et une simplification massive de ses structures).

 

Les ordres de grandeur (coût) :

 

Un revenu d’existence mensuel de 450€ pour les adultes et de 150€ pour les mineurs, en considérant un PIB de 1950 milliards d’€, une population adulte de 52 millions et mineure de 13 millions coûterait au pays environ 15,6% du PIB.

 

Le revenu d’existence comme outil de relance de la production et de l’emploi.

 

J’attaque régulièrement dans le blog les théories économiques basées sur le principe keynésien "c’est la demande qui crée la richesse". Je pense au contraire que c’est le travail et la production qui créent la richesse, pas la consommation à crédit !

 

Dans ce cadre, le revenu d’existence (R.E) est un outil idéal, qui permet une réduction massive des coûts du travail, une relance considérable de l’emploi et de la production de richesses réelles dans notre pays :

Quelqu’un qui touche actuellement un salaire net de 1000€ pourrait ainsi se contenter de 550€, puisqu’il toucherait dans le même temps 450€ de R.E : Notre travailleur ne subirait aucune perte de revenus, mais l’entreprise qui l’emploierait verrait le coût de cet emploi divisé par près de deux…encore plus en fait parce que le R.E permettrait aussi une réduction massive des charges sociales pesant sur nos entreprises.

 

Conséquences immédiates :

 

- Les entreprises pourraient embaucher bien plus de salariés, et toute une catégorie

 de chômeurs actuellement inemployables parce que leur productivité est insuffisante pour compenser le coût du SMIC (par exemple des jeunes manquant d’expérience, des candidats à l’emploi insuffisamment diplômés) aurait accès de nouveau à un emploi, à une vraie insertion ou une réinsertion sociale avec ensuite la possibilité de continuer leur progression.

 

Le revenu d’existence est donc une réponse parfaite au problème du chômage de masse provoqué par un marché du travail trop rigide, à condition évidemment que l'on passe dans le même temps les dispositions permettant d'assouplir et de libéraliser enfin le marché du travail, une fois le filet de secours et l'absence de perte de revenus  assurée par ce revenu d'existence.

Cela suppose en particulier (mais pas seulement cela) une baisse du SMIC et des salaires équivalente au montant du revenu d'existence, avec au final un effet neutre pour le travailleur (baisse de salaire compensée par l'arrivée du R.E).


Nous obtiendrons ainsi la souplesse et les réductions de coût du travail nécessaires à nos entreprises, tout en préservant les revenus des travailleurs !

 

- Les entreprises pourraient répercuter la baisse des coûts salariaux sur le prix de leurs produits et services, il en résulterait un gain important de pouvoir d’achat pour les consommateurs.

La vraie "relance", naturelle et non forcée, c'est cela : travail, production de richesses, gain de pouvoir d'achat, pas la fuite en avant dans  la dette et le crédit !

 

b) La couverture médicale universelle.

 

Il s’agit toujours de la même idée de filet de secours universel : personne ne doit être condamné à mort en cas de malchance ou de mauvais choix. Je suis donc favorable à une couverture maladie universelle et gratuite, excluant évidemment toute prestation de confort (qui relèverait du domaine privé).

Il serait préférable qu’elle soit financée directement par l’impôt et non par des cotisations sociales, afin de réduire encore le coût du travail pesant sur nos entreprises.

 

Les dépenses publiques de santé représentaient jusqu’ici environ 8,5% du PIB en France. Elles pourraient être réduites à 7 % du PIB moyennant des réformes du système actuel sans perte de qualité.

Si on souhaite ensuite responsabiliser plus les citoyens (ce qui me semble normal), on pourrait limiter la prise en charge intégrale de l’état aux plus bas revenus, et exiger pour les autres qu’ils souscrivent à l’assurance-santé de leur choix pour les prestations de santé « classiques », l’état assurant toujours les pathologies lourdes nécessitant une hospitalisation, sans conditions de revenus.


La part des dépenses publiques de santé tomberait alors à 5% du PIB. Peut-être un peu moins en fait, le revenu d’existence permettant de réduire les salaires (sans perte de revenus au final, rappelons le !) qui constituent une part importante du coût des services de santé.

 

c) L’éducation gratuite.

 

Soyons clairs : l’égalité des chances est une amusante illusion de philosophes, personne n’ayant les mêmes cartes en main à la naissance, et les écarts ne faisant que s’amplifier par la suite. Mais le système se doit au moins d’offrir à chacun sa chance, les mineurs d’ayant pas à subir les conséquences des choix de leurs parents. Il faut donc d’assurer une éducation gratuite, au moins jusqu’à l’âge de la majorité, avec un système de bourse pour la suite en cas de nécessité.

 

Quel coût ?

 

Les dépenses publiques d’éducation de la plupart des pays développés sont de l’ordre de 5% du PIB.


La France est actuellement au dessus de ce chiffre, pour des résultats moins bons que beaucoup de pays aux évaluations internationales PIRLS et PISA, « grâce » aux théories pédagogistes / constructivistes qui nous ont été imposées par certains « grands pédagogues » avec Philippe Meirieu à leur tête (ceci étant un autre débat… mais j’en profite quand même au passage pour faire un peu de "publicité" pour les associations comme « Lire-écrire »  ou « la 3ème Voie » qui oeuvrent pour un retour à la transmission des savoirs et à l’instruction, au lieu du pédagogisme ambiant...on me pardonnera ce hors-sujet lié à ma profession !).

 

Retenons simplement ce chiffre de 5% du PIB pour la suite.

 

d) Coût total du filet de secours universel = solidarité nationale :

 

Revenu d’existence + santé + éducation : 25,6% du PIB.

 

Il resterait alors 12% du PIB pour assurer les strictes fonctions régaliennes (sécurité intérieure, défense,  grandes infrastructures, diplomatie...) du secteur public, dans le cadre d’un état et de collectivités locales aux structures largement simplifiées, sans les innombrables usines à gaz actuelles, aussi inutiles que coûteuses :

Nous arriverions à un total d’environ 37-38% du PIB pour les dépenses publiques. Cela pourrait être un peu moins (35% du PIB) en fonction des choix faits sur le revenu d'existence : On pourrait par exemple supprimer celui-ci pour les revenus élevés supérieurs à 3000€ mensuels (où il ne sert plus vraiment à grand chose), mais cela serait quand même en partie contraire à l'idée de départ.


Le financement serait assuré par un système d’imposition qui soit le plus simple possible : un simple impôt proportionnel sur tous les revenus autres que le revenu d’existence.

 

Pour information, les dépenses publiques s’élèvent actuellement à 53% du PIB en France (sans doute encore plus depuis la crise en cours, l’état ayant  accentué ses « efforts » en matière de déficits et de fuite en avant), ce qui fait de notre économie une économie à large dominante socialiste , quoi qu’en disent certains pourfendeurs d’un « libéralisme » imaginaire, pour se dédouaner des conséquences de décennies d’hyperétatisme.

Les chiffres sont là, imparables, et ils parlent mieux que bien des slogans politiques et autres babillages philosophico-moralistes !

 

 

B) La réforme du système monétaire.

 

1) Le système de réserve.

 

Ce site défend la thèse selon laquelle la crise actuelle a été provoquée par la formation d’une bulle de crédit géante, elle-même provoquée par des politiques de « relance de la demande » mises en œuvre à répétition par nos états.

 

Si cette bulle de crédit a pu se former, c’est d’abord parce que nous sommes dans un système à réserve fractionnaire dans lequel les banques privées ont la possibilité de créer de la monnaie en quantité quasi-illimitée (et sont largement encouragées à le faire par les états).


Pour éviter à l’avenir la formation de bulles de ce type, il faut adopter un système à réserve pleine, dans lequel les banques ne doivent plus pouvoir prêter l’argent que nous y déposons sans notre accord explicite.

 

Dans un système à réserve pleine, si tous les déposants viennent rechercher simultanément leur dépôt, la banque est en mesure de les servir, ce qui limite fortement la croissance du crédit, et assure une solidité quasi-absolue du système bancaire.

 

La proposition suivante de notre prix Nobel Maurice Allais va dans ce sens et éviterait toute formation de bulle de crédit à l’avenir. :

 

"1.      des banques de dépôt assurant seulement, à l’exclusion de toute opération de prêt, les encaissements et les paiements, et la garde des dépôts de leurs clients, les frais correspondants étant facturés à ces derniers, et les comptes des clients ne pouvant comporter aucun découvert ;

2.      des banques de prêt empruntant à des termes donnés et prêtant les fonds empruntés à des termes plus courts, le montant global des prêts ne pouvant excéder le montant global des fonds empruntés ;

3.      des banques d’affaires empruntant directement au public ou aux banques de prêt et investissant les fonds empruntés dans les entreprises."


Elle est consultable par exemple dans un long article du site d’Etienne Chouard

 

Je suis évidemment loin de partager le point de vue général, non libéral, d’Etienne Chouard ou certaines propositions de Maurice Allais, mais cet article contient  quelques propositions intéressantes comme celle sur le système bancaire, d'où ma citation.


 

2)     L’étalon monétaire.

 

Dans le cadre d’un système à réserve pleine, l’état ne doit pas pouvoir augmenter la masse monétaire en fonction de ses désirs de fuite en avant, sinon nous retombons dans les problèmes actuels. Il est donc nécessaire d’avoir un étalon difficile à manipuler et dont on ne puisse pas augmenter la quantité sans contrôle pour empêcher les dirigeants de faire "n'importe quoi" en fonction de leurs besoins électoraux.

L’or a certainement un rôle important à jouer dans ce cadre, mais sa rareté (environ 30g / habitant de la planète) rend sans doute nécessaire aujourd’hui le recours complémentaire à d’autres supports.

 

3)     La gestion de la masse monétaire.

 

Le principe est ici simple :


La masse monétaire doit suivre de façon stricte la croissance du PNB, ni plus, ni moins.

 

En cas de croissance du PNB, la création monétaire associée serait alors le  seul fait de l’état  (en réserve pleine, les banques privées ne peuvent plus créer de monnaie) qui pourrait alors utiliser ce petit "bonus" pour ses dépenses (sans les augmenter !), et alléger ainsi le poids de l’impôt.


L’objectif de cette règle de masse monétaire qui suit le PNB est qu’il y ait ainsi ni déflation, ni inflation :


- La déflation incite les ménages à consommer moins dans l’attente d’une baisse des prix et finit par bloquer les possibilités de croissance.


- L’inflation incite les ménages à consommer mal (gaspillages, maintien en vie d’unités de production obsolètes), ou à trouver refuge dans divers actifs non monétaires pour ceux qui souhaitent épargner, créant ainsi des bulles d’actifs dangereuses pour l’économie.

 

L’état se doit d’être neutre et n’a pas à nous « inciter » à quoi que ce soit en matière de comportement économique !

 

C)  La neutralité de l’état.

 

Ce principe ne signifie pas « anarchie » ou « absence de règles ». Il s’agit simplement de dire qu’à chaque fois que c’est possible, l’état n’a pas à interférer dans nos choix de vie ou influencer nos comportements.

 

Plus clairement cela implique :

 

a)  Une politique monétaire neutre, ni déflationniste, ni inflationniste (cf plus haut).

 

b) L’absence totale de subventions, primes, aides en tous genres : l’état n’a pas à nous pousser à acheter des voitures plutôt que des machines à laver, ou des machines à laver plutôt que des voitures, il n’a pas à nous inciter à consommer plutôt qu’épargner…etc.

C’est à nous de choisir !

 

c) L’absence totale de « politiques de relance de la demande » et l'abandon définitif du dogme keynésien actuel : La demande n’a pas à être « soutenue » ou "relancée", parce qu’en faisant cela, l’état freine le progrès et la vitesse d’adaptation de notre société, en encourageant le maintien d’unités de production dépassées et la consommation de produits devenus inadaptés à nos besoins.

La « demande » doit venir d’un besoin réel, et si ce besoin existe vraiment, l’intervention de l’état est inutile.

 

d) l'absence de mesures protectionnistes, de façon générale (sauf cas particulier toujours possible ponctuellement) : Celles-ci font chuter le pouvoir d'achat en nous obligeant à acheter des produits plus chers, et contribuent à freiner le progrès en maintenant en survie artificielle des unités de production dépassées.


En résumé : A chaque fois que c’est possible, l’état n’a pas à intervenir dans notre économie au delà de son rôle de « filet de secours » (qui est indispensable).

 

D) L’interdiction des déficits.

 

Les nouvelles générations et les générations à venir n’ont pas à financer la fuite en avant sans fin de leurs aînés (et encore moins les conséquences de leurs « leçons de morale »), même  pour satisfaire leurs utopies hédonistes issues de la fin des années 60.

 

Donc :

 

- L’interdiction pour toute administration publique de pouvoir avoir recours au déficit doit être inscrite le plus rapidement possible dans la constitution.

 

- L’interdiction pour toute administration publique de pouvoir créer de la monnaie à un rythme supérieur à celui de la croissance du PNB doit être inscrite dans la constitution.

 

C’est également une condition indispensable à la stabilité à long terme de la valeur de notre monnaie et au respect de la neutralité de l’état (absence d’inflation, absence de déflation).

 

 Conclusion

En l’état, un tel projet de société demanderait sans doute trop de bouleversements pour être applicable rapidement. Mais il représente pour moi une société reposant sur des bases solides (la liberté, la responsabilisation de tous, des emplois pour tous, la production de richesses réelles, et un filet de secours permettant à chacun de rebondir en cas de besoin), que j’espère voir un jour…et si possible avant que les politiques ultra-étatistes actuelles , basées sur la fuite en avant, n’aboutissent à une catastrophe.


Dans un premier temps, il faudrait régler le problème le plus urgent, celui de la bulle de crédit, via une politique de réduction de la dette : Au lieu de chercher à « renflouer » ou « relancer », la bulle de crédit, l’état devrait donc :


- Utiliser tout son poids pour négocier avec les détenteurs d’obligations à risque (institutions financières et autres) de toutes natures une forte réduction de la valeur des titres détenus en échange d’une éventuelle caution de l’état (caution qui ne serait présente que lorsqu’un risque systémique existe), afin d'accélérer la liquidation de l'excès de crédit qui mine nos économies.


- Etablir progressivement des ratios de solvabilité (capitaux propres / total prêts bancaires) de plus en plus stricts pour les banques, et un seuil de réserve fractionnaire de plus en plus élevé sur le système bancaire, jusqu’à arriver à la réserve pleine, pour consolider définitivement le système bancaire et financier.


Dans le même temps, le revenu d’existence pourrait être progressivement mis en place, en commençant par les bas revenus dans un premier temps (question de moyens) pour permettre l'emploi des catégories qui n'y avaient jusqu'ici pas accès pour cause de productivité insuffisante, et en substitution de prestations existantes, avant d’être étendu  à toute la population. Simultanément, le marché du travail serait libéralisé comme expliqué dans le paragraphe sur le revenu d'existence.

 

Pour les retraites enfin, à terme, il me semble logique que chacun se prenne en charge et prépare sa propre retraite de façon responsable, une fois le minimum vital assuré par l'état (revenu d'existence, majoré si nécessaire pour les personnes dépendantes, et couverture maladie). Mais cela n'est pas applicable instantanément, la transition demandant une génération (ceux qui ont cotisé pendant de nombreuses années ayant évidemment droit à une compensation.

Pendant cette période de transition, le système de retraite à la carte et par points de Jacques Bichot offrirait alors une solution très intéressante  : Voir cet article de l'institut Montaigne pour plus d'informations.



Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Marc 15/06/2011 12:45



Vous ne m'avez pas compris,évidemment que la définition de notre politique nous appartient,ce que je voulais dire c'est que rien(?)n'empêche nos concurrents de nous emboîter le pas!


Et puis vous ne me répondez pas,qui gère,et comment,le RU du mineur(jusqu'à sa "majorité financière")?Il recevrait 15 ou 16 ans de RU en une fois?Ou alors le RU avant cet âge serait versé au pot
commun du ménage(comme les allocations familliales aujourd'hui)?Quel est l'intérêt pour le mineur de toucher ce RU(à 15 16 ou 17 ans)?Parce qu'évidemment les parents les moins favorisés les
obligeraient à participer aux dépenses(les plus favorisés laisseraient leur(s) enfant(s) disposer de leur RU,comme aujourd'hui,en "argent de poche"...).En somme vous n'inventez rien.



loïc abadie 15/06/2011 20:33



Pour les mineurs, j’ai répondu. Le revenu d’existence ne modifierait effectivement pas beaucoup le dispositif actuel d’allocations familiales (sauf aux âges proches de la majorité, 15-18 ans, où
on pourrait imaginer une plus grande autonomie financière du mineur concerné).

Pour le principal, le R.E offrirait trois grands avantages :

 1)
Rendre employables des personnes qui ne peuvent l’être aujourd’hui  à cause d’un coût trop élevé du travail, tout en rendant cette baisse du coût du travail acceptable
socialement et profitable pour tous (employés et employeurs). L’argument de l’imitation par les autres pays ne tient pas, vu que les exportations ne représentent que 18% du PIB de notre pays, et
que la grande majorité de nos emplois ne dépend pas directement du commerce extérieur.
Beaucoup d'emplois aujourd'hui "impossibles" pourraient être créés dans le secteur productif.

2) Baisse des coûts de production et hausse du pouvoir d’achat : Les entreprises seront en mesure de produire la même quantité de biens pour moins cher grâce à l’abaissement du coût du
travail, et le pouvoir d’achat sera grandement amélioré (le revenu global des ménages ne baissant pas grâce au R.E). Si d’autres pays emboîtent le pas, tant mieux, ils contribueront à la baisse
des prix et cela profitera au pouvoir d’achat de tous.

 3)
Simplification des structures administratives et forte réduction des coûts de fonctionnement de l’état qui n’aura plus à gérer des centaines d’usines à gaz (subventions, dispositifs de contrôle,
aides sociales diverses ), le tout étant remplacé par un filet de secours simple, universel et efficace.

Ajoutons qu'il permettrait de lutter contre l'immigration non choisie (le travail au noir devenant peu intéressant pour l'employeur, et l'immigré illégal ne bénéficiant du coup d'aucun avantage
et d'aucun revenu pour vivre sera fortement incité à aller tenter sa chance ailleurs).



Marc 13/06/2011 18:47



?


 


Corrigez moi si je me trompe mais la description de votre société idéale semble le résultat d'une soirée bien arrosée...


Vous occultez complètement la réponse du berger à la bergère(!),la réaction des autres pays(je veux bien sûr parler de la division par près de 3 du prix du travail)!


Et puis vous attribuez 150 euros aux "mineurs",à partir de quel âge pourraient-ils disposer de leur revenu(...)?


A 14 15 ou 16 ans le mineur toucherait l'argent placé depuis sa naissance,25000 euros(!)plus les éventuels bénéfices?Mais si le père a acheté des actions Alcatel,ou joué aux courses,si la mère
s'est acheté un manteau de fourrure?Le pécule serait géré par l'Etat?


Est-ce qu'une police du RE serait chargée de s'assurer que le mineur dispose vraiment de son pécule?Les parents pourraient porter plainte pour obtenir que les enfants participent aux charges de
la familles?


Si c'est 150 euros par enfants "pour les parents" vous avez inventé un dispositif existant,les allocations familliales(!),et 450 euros(le montant du RE)c'est le montant du RSA aujourd'hui non?


...


Pour le reste difficile de ne pas être d'accord,mais enfin qu'est ce qu'il reste...


Non vraiment j'ai du mal à vous suivre...



loïc abadie 14/06/2011 10:47



Pour les mineurs : effectivement peu de changement, ce sont des allocations familiales, sauf pour les âges suffisants (disons de 15 à 18 ans).


Pour la "réaction des autres pays" : Ceux-ci n'ont aucun droit de regard sur une décision économique prise par un état souverain et par son peuple. Nous sommes maîtres chez nous (si ce n'est plus
le cas, alors il faut faire en sorte que ça le redevienne au plus vite).



Achat Or 30/05/2010 10:38








L'or a battu un record absolu en euro, à plus de 1 000 euros l'once.

L'or progresse dans toutes les grandes monnaies fiduciaires. En livre, en euro, en yen, en dollar, et même en franc suisse.

Seule les "monnaies matières" résistent Comme prévu, c'est seulement
dans les monnaies "matières premières" comme les dollars canadien ou australien et le real brésilien que sa progression est la plus faible. Le marché commence à n'apprécier que les
monnaies adossées à des actifs tangibles et non des dettes.

Côté indicateurs Il y a quelques semaines, je me suis appuyée sur
trois de mes cinq indicateurs  pour vous dire que l'or terminait sa consolidation. Depuis l'or a à enregistré un nouveau record : 1 250 $ et
1 000 euros l'once.

Parmi mes indicateurs, le stock de l'ETF américain SPDR Gold (symbole GLD sur le New York Stock Exchange). Au début de l'année, le stock physique de GLD a très légèrement décru, passant
de 1 112 tonnes d'or à 1 107 tonnes. Mais voici que les capitaux afflux à nouveau massivement et que le stock repart à la hausse, à 1 186 tonnes. Avec une hausse de 20
tonnes dans la seule journée du 5 mai.

Les gourous, toujours acheteurs sur
l'or Signalons que le fonds de Georges Soros (Soros Fund Management LLD) s'est, en fin d'année 2009, porté acquéreur de 6,2 millions de certificats
pour une contrevaleur de 663 millions de dollars. Même si Soros parle de la "bulle ultime de l'or", il reste acheteur.

John Paulson détient quant à lui une position cinq fois supérieure.

Mes indicateurs ? Concernant mes autres indicateurs : le
ratio or/pétrole s'améliore. Le cours des actions minières a suivi sans exagération la hausse de l'or. Le ratio or/argent est redescendu de son niveau de presque panique. De 70 il est
revenu un peu au-dessus de 65, dans l'espoir d'une solution de la crise grecque. Enfin, le nombre de positions spéculatives à la baisse des traders commerciaux du Comex américain est
repassé sous le niveau de 50% des positions ouvertes.

Difficile de ne pas aimer l'or en ce moment Il est difficile en ce
moment de trouver une bonne raison pour ne pas aimer l'or. A chaque début de consolidation une foule ardente se presse vers le métal fin.

La société Edmond de Rothschild commentait dans sa note trimestrielle : "l'or nous semble toujours sous détenu dans les patrimoines individuels et les portefeuilles d'actifs
financiers" et conclut sur une persistance de la demande d'or d'investissement pour 2010.

Du côté de l'offre, le recyclage et la production minière stagnent.

Où est l'effet de levier des minières ? Comme le mois dernier,
je considère que le point d'entrée sur les minières aurifères reste favorable.

Cependant, une dépêche de Bloomberg commentait le parcours décevant des minières de l'indice Standard & Poors par rapport à l'once d'or.


 







 


L'agence de notation américaine attribue cette sous-performance au fait que les investisseurs ont
maintenant la possibilité de détenir des ETF.

Auparavant, ceux qui étaient éloignés du marché de l'or physique se rabattaient sur les actions minières
"par défaut".

Maintenant, dans le marché haussier actuel, ils ont délaissé les minières pour se porter sur ces nouveaux
instruments que sont les Exchange Traded Funds (ou Exchange Traded Gold) qui se sont lancés en 2006.

Il me semble que cette explication n'est pas suffisante Tout
d'abord, le gros du bataillon des ETF est encore formé d'investisseurs institutionnels qui ont facilement accès à tous les marchés.

Ensuite, la philosophie de l'investissement dans les minières ou dans le métal physique est très
différente.

Dans le métal physique, il s'agit d'un placement et non d'un investissement. Le placement vise avant tout
la préservation du capital et non le rendement.

Inversement, investir dans la mine c'est investir sur le business de l'or, chercher du rendement quitte à
prendre des risques.

Enfin et surtout... Je pense
que l'explication se trouve tout bonnement dans la gestion décevante des grosses minières. Durant les 20 années (1981-2001) de traversée du désert avec des prix de l'or en recul, les grosses
minières n'ont pas investi en prospection et développement et se sont couvertes par des contrats de vente à terme.

Les grosses capitalisations paient 20 ans d'inertie Lorsque la
hausse de l'or s'est accélérée, les investisseurs ont vu que la production de ces grosses minières ne pouvait tout simplement pas suivre et que ce qui était produit était vendu à des tarifs
désavantageux puisque les contrats à terme couraient toujours. D'où les piètres performances boursières des Barrick, Newmont et autres grosses entreprises.

Le rendement n'étant pas au rendez-vous, les investisseurs n'avaient donc aucune raison de prendre des
risques                                                                                                                         
Simone Wapler


http://interor.fr">



EricAlbert 02/05/2010 16:55



Loïc bonjo


 


 Votre projet, sur tout les points évoqués, me parait ‘’très
inspiré’’ et fort concret !


Selon vous peut-il être envisageable : sans un retour préalable à une monnaie
Nationale, sans une ‘’sortie’’ de l’UE et de sa monnaie l’euro ?


 


Je souhaiterais aussi connaître votre opinion sur François Asselineau qui, comme vous devez le savoir, revendique comme postulat de départ ces deux conditions.


 


Ps : félicitation pour votre remarquable travail


 


Cordialement


Eric  


 


 


 



tibo 30/04/2010 10:32



Sur le principe de base du projet, il y a du bon, des points que j'approuve:


Le R.E

Une imposition simplifiée (pour ma part la variante à 3 paliers me semble la meilleure)

La revalorisation du travail (même si certains pensent que le R.E va à son encontre pour les individus) en déchargeant les entreprises



Il y a des points des points où je m'intérroge :


La propriété : que peut-on posséder, où est la limite. Exemple : J'achète un petit terrain à Genève au bout du lac, je ferme les vannes et je vous revends l'eau au prix du pétrole.

Rôle de l'Etat, non interventionisme : Il faut des autorisations/interdictions, mais aussi des réglementations. Sinon nous serions tous des producteur de cocaïne (par ce que c'est rentable)
ou d'antidépresseurs (marché porteurs très rentable si la vente n'est pas règlementée)

Imposition : Loïc prône une taxation des revenus linéaire (disons 15%). De tous les revenus, je pense, sinon il y a un risque de dérive. Donc une imposition de 15% sur les revenus en bourse
ainsi que sur les intérêts et autres rentes (je vais me faire des amis dans ce blog) ? En cas de succession, la fortune transmise pourrait être considérée comme un revenu et donc sujette au même
impôt. Cela devrait également être le cas pour tous dons, sinon, là aussi il y a risque de soustraction.



Loïc, es-tu en train de préparer un nouveau livre ?