Keynésianisme et inégalités.

Publié le par loïc abadie


Certains responsables (en général de gauche) s'inquiètent de la montée des inégalités dans nos sociétés et accusent le « néo-libéralisme ». Sur les inégalités, ils ont entièrement raison, les inégalités ont effectivement fortement augmenté. Mais pas sur le responsable.

Pendant l'automne de Kondratieff, qui est une étape du cycle économique où la consommation est peu dynamique (les ménages sont déjà équipés et se contentent de renouveler leur biens), les salaires augmentent peu.
Dans ce contexte, les stimulations étatiques artificielles de l'économie génèrent un flot de liquidités, de « monnaie temporaire » (via l'expansion du crédit), qui dans les faits devient de plus en plus permanente, dont une grosse partie se dirige vers l'achat d'actifs patrimoniaux D'où la formation de bulles spéculatives de plus en plus grandes, les liquidités cherchant un endroit pour s'investir à n'importe quel prix...Les excès spéculatifs ne sont que la conséquence de la liquidité excessive impulsée par les états.

Le résultat : les revenus du travail progressent peu, mais la valeur des actifs patrimoniaux flambe : Ceux qui ont du patrimoine s'enrichissent encore plus (jusqu'à l'implosion finale), ceux qui n'en ont pas voient leur revenus stagner...Les inégalités augmentent, et les états tentent ensuite de corriger le problème et les dérèglements qu'ils ont eux-même créés par encore plus d'impôts et une profusion de subventions et d'allocations qui arrivent bien plus dans les poches de ceux qui savent faire des grèves gênantes et sont capables de défendre leurs intérêts corporatistes que dans celles des plus démunis.

Dites merci aux « plans de relance » étatiques qui sont à l'origine du phénomène !



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leo 31/07/2009 10:27

Loïc, vous m'avez proposé hier un graphique tout à fait intéressant sur les inégalités :http://en.wikipedia.org/wiki/File:Share_top_1%25.jpgPrenons la courbe du top 1% qui est très parlante : La seule période durant laquelle cette courbe se situe en deça de 10, court de 1950 à 1989. C'est particulièrement flagrant dans ce graphique.Cette période ne correspond à rien, si on cherche à la modéliser en fonction d'une périodicité  économique. Aucune période, même pas les trente glorieuses qui s'arrête on le sait bien avant, ne lui correspond. Les cycles ne collent pas.En revanche, cette période correspond très précisement à un modèle politique. La coïncidence entre l'âge d'or des démocraties sociales occidentales (invention et essor des classes moyennes) et la réduction des écarts de richesse est tout sauf un hasard de l'Histoire.Bien amicalement,Dav

loïc abadie 31/07/2009 11:49


A chacun son interprétation, pour ma part je trouve que la correspondance entre le creux et les phases de printemps et d'été de Kondratieff (1944-1981) est assez bonne.
Les inégalités remontent pendant l'automne, mais il y a effectivement un retard à l'allumage de quelques années, le temps que les premières bulles d'actifs associées à l'automne se mettent en
place.


GRAFF Hervé 18/02/2009 02:15





pour avis  ci-après : article de GEAB  qui semble très réaliste....hélas!!

GEAB N°32 est disponible! 4° trimestre 2009 - Début de la phase 5 de la crise systémique globale : la phase de dislocation géopolitique mondiale


- Communiqué public GEAB N°32 (15 février 2009) -







Depuis Février 2006, LEAP/E2020 avait estimé que la crise systémique globale se déroulerait selon 4 grandes phases structurantes, à savoir les phases de déclenchement, d'accélération, d'impact et de décantation. Ce processus a bien décrit les évènements jusqu'à aujourd'hui. Mais notre équipe estime dorénavant que l'incapacité des dirigeants mondiaux à prendre la mesure de la crise, caractérisée notamment par leur acharnement depuis plus d'un an à en traiter les conséquences au lieu de s'attaquer radicalement à ses causes, va faire entrer la crise systémique globale dans une cinquième phase à partir du 4° trimestre 2009 : la phase dite de dislocation géopolitique mondiale. Selon LEAP/E2020, cette nouvelle phase de la crise sera ainsi façonnée par deux phénomènes majeurs organisant les évènements en deux séquences parallèles, à savoir : A. Deux phénomènes majeurs : 1. La disparition du socle financier (Dollars + Dettes) sur l'ensemble de la planète 2. La fragmentation accélérée des intérêts des principaux acteurs du système global et des grands ensembles mondiaux B. Deux séquences parallèles : 1. La décomposition rapide de l'ensemble du système international actuel 2. La dislocation stratégique de grands acteurs globaux. Nous avions espéré que la phase de décantation permettrait aux dirigeants du monde entier de tirer les conséquences de l'effondrement du système qui organise la planète depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Hélas, à ce stade, il n'est plus vraiment permis d'être optimiste en la matière (1). Aux Etats-Unis comme en Europe, en Chine ou au Japon, les dirigeants persistent à faire comme si le système global en question était seulement victime d'une panne passagère et qu'il suffisait d'y ajouter quantité de carburants (liquidités) et autres ingrédients (baisse de taux, achats d'actifs toxiques, plans de relance des industries en quasi-faillite,…) pour faire repartir la machine. Or, et c'est bien le sens du terme de « crise systémique globale » créé par LEAP/E2020 dès Février 2006, le système global est désormais hors d'usage. Il faut en reconstruire un nouveau au lieu de s'acharner à sauver ce qui ne peut plus l'être.





Evolution des commandes à l’industrie au cours du 4° trimestre 2008 (Japon, Etats-Unis, zone Euro, Royaume-Uni, Chine, Inde) - Sources : MarketOracle / JPMorgan


L'Histoire n'étant pas particulièrement patiente, cette cinquième phase de la crise va donc entamer ce processus de reconstruction mais de manière brutale, par la dislocation complète du système préexistant. Et les deux séquences parallèles, décrites dans ce GEAB N°32, qui vont organiser les évènements promettent d'être particulièrement tragiques pour plusieurs grands acteurs mondiaux. Selon LEAP/E2020, il ne reste plus qu'une toute petite fenêtre de tir pour tenter d'éviter le pire, à savoir les quatre mois à venir, d'ici l'été 2009. Très concrètement, le Sommet du G20 d'Avril 2009 constitue selon notre équipe la dernière chance pour réorienter de manière constructive les forces en action, c'est-à-dire avant que la séquence cessation de paiement du Royaume-uni, puis des Etats-Unis ne se mette en branle (2). Faute de quoi, ils perdront tout contrôle sur les évènements (3), y compris, pour nombre d'entre eux, dans leurs propres pays, tandis que la planète entrera dans cette phase de dislocation géopolitique à la manière d'un « bateau ivre ». A l'issue de cette phase de dislocation géopolitique, le monde risque de ressembler à l'Europe de 1913 plus qu'à la planète de 2007. Ainsi, à force de tenter de porter sur leurs épaules le poids toujours croissant de la crise en cours, la plupart des Etats concernés, y compris les plus puissants, ne se sont pas rendu compte qu'ils étaient en train d'organiser leur propre écrasement sous le poids de l'Histoire, oubliant qu'ils n'étaient que des constructions humaines, ne survivant que parce que l'intérêt du plus grand nombre s'y retrouvait. Dans ce numéro 32 du GEAB, LEAP/E2020 a donc choisi d'anticiper les conséquences de cette phase de dislocation géopolitique sur les Etats-Unis et l'UE.





Evolution de la base monétaire des Etats-Unis - (12/2002 – 12/2008) - Source US Federal Reserve / DollarDaze


Il est donc temps pour les personnes comme pour les acteurs socio-économiques de se préparer à affronter une période très difficile qui va voir des pans entiers de nos sociétés telles qu'on les connaît être fortement affectés (4), voire tout simplement disparaître provisoirement ou même dans certains cas durablement. Ainsi, la rupture du système monétaire mondial au cours de l'été 2009 va non seulement entraîner un effondrement du Dollar US (et de la valeur de tous les actifs libellés en USD), mais il va aussi induire par contagion psychologique une perte de confiance généralisée dans les monnaies fiduciaires. C'est à tout cela que s'attachent les recommandations de ce GEAB N°32. Last but not least, notre équipe considère désormais que ce sont les entités politiques (5) les plus monolithiques, les plus « impériales », qui vont être les plus gravement bouleversées au cours de cette cinquième phase de la crise. La dislocation géopolitique va ainsi s'appliquer à des états qui vont connaître une véritable dislocation stratégique remettant en cause leur intégrité territoriale et l'ensemble de leurs zones d'influences dans le monde. D'autres états, en conséquence, seront projetés brutalement hors de situations protégées pour plonger dans des chaos régionaux.





-------- Notes: (1) Barack Obama comme Nicolas Sarkozy ou Gordon Brown passent leur temps à invoquer la dimension historique de la crise pour mieux cacher leur incompréhension de sa nature et tenter de se dédouaner à l'avance de l'échec de leurs politiques. Quant aux autres, ils préfèrent se persuader que tout cela se règlera comme un problème technique un peu plus grave que d'habitude. Et tout ce petit monde continue à jouer selon les règles qu'ils connaissent depuis des décennies, sans se rendre compte que le jeu est en train de disparaître sous leurs yeux. (2) Voir GEAB précédents. (3) En fait il est même probable que le G20 aura des difficultés croissantes à tout simplement pouvoir se réunir, sur fond de « chacun pour soi ». (4) Source : New York Times, 14/02/2009 (5) Et cela nous paraît vrai également pour les entreprises.




Dimanche 15 Février 2009

Salomon 10/02/2009 14:27

bien vu, Mr ABADIE! Gros pivot!

Felipe 09/02/2009 13:29

Bonjour Loic.Faut-il comprendre qu'il est selon vous préférable, à la saison d'automne, que l'état tolère une croissance faible plutôt qu'il tente articiellement de la stimuler. Dans ce cas, quel ton de croissance est selon vous le bon (si cette question a un sens)?Felipe

loïc abadie 09/02/2009 15:45


Bonjour Felipe, je dis tout simplement que ce n'est pas un problème qui relève de l'état.Il n'y a donc pas de taux de croissance qui est le "bon". Le "bon taux" est celui qui arrive naturellement
dans une société et une économie libre, non faussée par des interventions étatiques néfastes.


dacian 07/02/2009 16:07

Loic, il faut egalement comprendre le "metier" politique. Ce qui me fait rire ces jours c'est que la gauche qui dans les anees d'avant denoncait la societe de consommation propose aujourd'hui un plan de relance alternatif base sur la consomation :)Le but d'un politique c'est de se faire elire a tout prix; alors pendant les campagnes electorales ils surencherent les promesses (c'est plus facile encore avec l'argent des autres). Ensuite, une fois arrives au pouvoir, ils doivent s'assurer de la reelection (ou preparer le terrain pour leur succeseur) et depenser pour faire des heureux parmis les electeurs. Les liberaux (pas forcement les liberaux politiques) connaisent tres bien ces dangers, c'est pour ca qu'ils essayent en permanence de limiter les pouvoirs et les 'interventions dans la vie des gens. D'ailleur, je pense que les vrais liberaux se tiennent a l'ecart du monde politique. Dans le meme temps, c'est pour cela aussi que c'est difficile d'implementer des idees liberales.