Keynésianisme, croissance, décroissance, écologie

Publié le par loïc abadie

Certains lecteurs m'ont demandé ma position sur les thèses de la décroissance, de la croissance et de l'écologie.

Ma réponse, en tant que libéral (au sens premier et authentique du terme), est simple : L'état n'a pas à se mêler de ce qui ne le regarde pas. Il n'a donc ni à « stimuler la croissance », ni à imposer une « décroissance »...Qu'il laisse simplement les gens vivre, travailler, choisir leur mode de vie, et consommer comme ils l'entendent !
A certains moments, les sociétés connaissent des périodes de forte croissance, à d'autres moments elles présentent des périodes de croissance nulle ou négative. L'état n'a pas à intervenir dans ces cycles naturels.

La croissance peut se faire de deux façons : 

- Par du volume (on produit plus de voitures, grâce à des gains de productivité, de l'automatisation). Cette croissance consomme évidemment beaucoup de ressources naturelles.

- Par une transformation plus poussée des matériaux de base de départ : un ordinateur demande plus de transformation qu'une table faite de plastique, métal et verre, mais pas forcément plus de matières premières. Ce second type de croissance consomme peu de ressources naturelles.

Le progrès n'est pas linéaire :

Il y a des périodes où des avancées scientifiques et technologiques donnent lieu à la fabrication de nombreux produits nouveaux, qui se répandent ensuite dans la société, et où la croissance est forte.

Il y a d'autres périodes où il y en a moins et où les marchés de renouvellement dominent, la croissance est alors faible ou négative. 

Cela n'a rien de dramatique, dans ces périodes de stagnation, les entreprises qui veulent survivre doivent augmenter leur effort de recherche, pour trouver de nouveaux produits répondant à un réel besoin des ménages : Les crises stimulent l'inventivité, ce sont des accélérateurs de l'évolution.
Si l'état s'en mêle via la relance keynésienne (je ne critique évidemment pas du tout ici la recherche publique, qui a son utilité), il va dérégler ce processus : En stimulant artificiellement la consommation, il va favoriser la croissance « volume » par gaspillage au détriment de la croissance « technologique » (transformation plus pointue et plus poussée des matières premières), et gêner considérablement l'évolution technologique en maintenant en vie des unités obsolètes.
Les primes à la casse, les subventions, la consommation à crédit, tout cela conduit à un gaspillage des ressources naturelles :
Le keynésianisme est totalement incompatible avec la préservation des ressources naturelles.

Et le discours des dirigeants actuels, qui veulent forcer des foules à consommer ce dont elles n'ont plus besoin, tout en se prétendant les porte-drapeaux du « développement durable » (autre outil keynésien utile qui permet surtout de forcer les ménages à acheter de nombreux produits inutiles estampillés « DD » et à gaspiller ainsi encore plus de ressources) est complètement schizophrène.

Que les états laissent donc la société s'organiser comme elle l'entend, et la planète s'en portera certainement beaucoup mieux !




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jean 10/02/2009 09:05

A lire sur ce sujet:Pour une économie de la qualitéhttp://www.volle.com/travaux/qualite.htmet pour ne pas confondre Keynes et Keynesianisme:http://www.volle.com/travaux/keynes.htm

loïc abadie 10/02/2009 09:36



Je lis ceci à son sujet sur Wikipedia.


"En 1977 il a animé, au sein de la section économique du PCF que dirigeait Philippe Herzog, le chiffrage du « programme commun de gouvernement » de la gauche."


De quoi à mon avis être plus que méfiant, mais enfin...



Phil 08/02/2009 09:02

Cher Loic,Tout a fait d accord avec cette analyse: la croissance doit etre principalement basee sur le developement de produit technologiques inovant utilisant de nouveaux materiaux issus de la recherche. Le probleme est que la recherche n est actuellement pas consideree par les dirigents politiques, que ce soit aux USA ou en France, comme une solution mais plutot comme un luxe peu rentable. La destruction d emplois dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquee s est en effet accentuee au cours des dernier mois.  Le seul espoir est de voir un renouvellement rapide des dirigents politiques actuels pour esperer un retour de la croissance

regnier 08/02/2009 08:33

votre exemple de la table et de l'ordinateur est particulèrement mal choisi. la fabrication des matériel electronique avec du silicium avec des impuretés de l'ordre de la partie par millard (ppb) necessite une quantité enorme de silicium ( pas vraiement un problème, du sable il y en aura toujours) produit une quantité de déchet non négligeable, pas forcément recyclable en panneau solaire ou autre et consomme une quantité dementielle d'energie et d'eau (conversion du silicium en silane, multiple distillation avec rejet des impuretés, reconversion du silane en silicium torchage, redopage en impureté etc).la miniaturisation n'apporte aucun gain et tant que consommation de ressources, car necessitant une purification plus poussé.au final, un ordi de 4 kg doit mobiliser autant de ressources que plusieurs tonnes de ciment ou un  "certain" nombre de table en plastiquesinon bravo en général pour votre blog particulièrement pertinent.

dacian 07/02/2009 16:22

La nature et l'economie ont deux choses en commun: elles se portent mieux quand on les laisse tranquilles.

Taxe Payée 07/02/2009 16:12

Bonjour Loïc,Je te remerci de nous faire  partager tes analyses. En ce qui concerne ton article sur le Keynésianisme et l'écologie, à mon sens tu te trompes complètement en pensant que le libéralisme est compatible avec le développement durable. En effet dans un monde libéral ceux qui survivent (à court terme) sont ceux qui exploitent les ressources au delà de leur taux de renouvellement. Car par exemple les pêcheurs qui resteraient à quai pour ne pas exploiter le poisson au delà de son taux de renouvellement se trouveraient vite ruiné ou racheté par ceux ayant choisi de continuer à pêcher.On peut penser que tous les pêcheurs sont raisonnable et ne vont pas surexploiter le poisson, mais dans le monde réel ce n'est pas le cas.Dans ce cas c'est l'état qui doit veiller au long terme.Mais effectivement sûrement pas en donnant des primes aux pêcheurs parce que, à cause de la raréfaction du poisson l'activité n'est plus assez rentable. Pour finir je souligne le point suivant. Lorsque que nous exploitons une ressource au delà de son taux de renouvellement même si un jour nous arrêtons de l'exploiter le stock ne se reconstitura pas. Donc ceux qui disent qu'il suffi d'attendre pour qu'il y ai à nouveau des poissons risque d'attendre pour rien. Taxe Payée