Relance du crédit : un bilan d’étape.

Publié le par loïc abadie

 

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En Europe :


Selon les statistiques de la banque centrale européenne, le crédit s’est contracté de façon générale, celui des ménages étant encore en très légère hausse. Nous sommes en tout cas bien loin des rythmes de hausse de 8 à 10% d’avant crise, et les politiques de relance ne sont visiblement pas parvenues à leurs fins.

Voici le tableau résumé des montants de prêts observés, en milliards d'euros.



Janvier 2009

Août 2009

variation (rythme annualisé)

Prêts globaux ( zone euro)

18 203

17 786.5

-3,9%

Ménages (zone euro)

4 893.8

4 901.8

+0,3%

Prêts globaux (France)

3 979.5

3 948

-1,4%

Ménages (France)

926

935

+1,7%

 

Aux Etats Unis :


- La statistique Z1 portant sur le 2ème trimestre 2009 a montré une répétition à l’identique de ce qui avait été constaté au 1er trimestre : la fuite en avant effrénée du gouvernement US (dette publique en hausse de 28% en rythme annualisé) a été incapable d’enrayer la contraction du crédit des autres secteurs :


-1,7%/an pour les ménages.

-1,8%/an pour les entreprises.

-12,2% par an pour les institutions financières.


En global (hausse de la dette publique comprise), le crédit s’est contracté de 123 milliards de $...laissant malgré tout la montagne de dettes du système presque intacte (52 792 milliards de $) pour « nourrir » les prochaines étapes à venir de la dépression économique.


Les données plus récentes (statistiques H8 de la FED) montrent que la contraction du crédit s’est poursuivie sur le 3ème trimestre en ce qui concerne le crédit à la consommation, et s’est même accélérée si on considère l’ensemble des prêts bancaires.

 

 

 

 

 

 


Conclusion :


- Les plans de relance ont échoué dans leur objectif de relancer le crédit.


- Aucune reprise durable n’est à attendre dans ce contexte, vu que la période de croissance qui a précédé était entièrement provoquée par l’expansion du crédit.


- La situation actuelle est sans doute plus mauvaise qu’à la fin 2008, parce qu’au problème du surendettement global du système (toujours pas réglé) s’est ajouté un nouveau problème : celui de la dette publique et de la marge de manœuvre de l’état qui se réduit un peu plus chaque mois.

 

- Dans ce contexte, les marchés US, avec des rendements sur dividende de 2,2% pour le SP500 et des PER 2010 estimés à 25 (dans l’hypothèse où tout se passerait bien au niveau de l’économie !) sont surévalués à l’extrême, et je ne vois  aucune raison de modifier pour le moment mon objectif à long terme d’un retour des indices à leurs niveaux du début des années 90 : Dow 3000-3500, SP500  vers 300-360 (l'alternative nettement moins probable, mais évidemment non exclue, étant un scénario à la japonaise, avec 10 ou 15 ans de correction plus douce avec alternance de rebonds et de corrections dans une tendance globale presque horizontale, sur le modèle du Nikkei des années 90).

 

Pour finir, un petit graphique des ventes de véhicules légers aux USA, qui résume à lui seul l'effet des "plans de relance" et l'absurdité de ceux-ci : La relance"du secteur automobile a consisté en un programme de prime à la casse appelé "cash for clunkers".

Avec ce programme, le gouvernement a effectivement obtenu d'incontestables résultats...qui ont duré 2 mois (juillet-août 2009), puis les ventes sont retombées à niveau d'avant plan dès la fin du programme (septembre 2009).

Le coût du véhicule supplémentaire vendu grâce au plan "cash for clunkers" est estimé à plus de 45 000$ par Avery Goodman...Toute "l'efficacité" économique des politiques de relance de la demande s'exprime ici : Une pluie de dollars jetée par la fenêtre en pure perte pour repousser le problème de quelques mois en l'aggravant au final.


A ce prix, le gouvernement pourrait d'ailleurs aussi bien acheter lui même les voitures en question (ce serait logique vu qu'il entretient dans le même temps des constructeurs non viables suivant les "bons principes" collectivistes), pour les offrir par exemple à une loterie générale (ou pourquoi pas, sur le modèle de l'ex-URSS, à de "méritants" apparatchiks keynésiens ayant  suffisamment contribué au grand effort national de fuite en avant).



Publié dans économie générale

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La mouette 28/01/2010 13:51


Allez, la deflation, on va vous la faire en........?  
http://www.boursetrading.info/Pourquoi-la-dette-excessive-des-Etats-Unis-menera-vers-une-periode-de-deflation_a180.html

J'adore ces cousins du nouveau monde.
 
 



wawa 25/01/2010 13:25


vient de prendre bx4 6% pat 52.14 .pense à baisse => vendredi


leroux m 24/01/2010 16:12


bonjour, j'aurais aimé votre avis sur le potentiel de développement de Nautilus Minerals Inc avec son projet Solwara 1-8 dont le premier permis d'exploitation au large de la Nouvelle Guinée vient
d'être accordé .Les teneurs en minéraux semblent mirobolants....Merci de toutes vos analyses.Marcel.


Comparabourse 24/01/2010 12:37


Oui la déflation arrive, déflation de tous les actifs qu'ils soient immobiliers ou boursiers.


bxx 28/10/2009 15:35


@ Greg,
Je vous trouve quand même"bon public".D'accord,c'était un peu moins creux qu'ailleurs,mais on était quand même sur la chaîne culturelle et j'avoue être resté sur ma faim.Comme d'hab,quand
Daniel Leconte est aux manettes.Son parti pris gauchisant n'est pas un alibi à son populisme.Hélas,les bobos altermondialistes à l'analyse simpliste (Je ne dis pas ça pour vous,évidemment
puisque je ne vous connais pas) lui assureront longtemps des scores (relatifs) d'audimat.

On a retrouvé dans un reportage le jeune banquier londonien branché déja vu,(il a dû prendre un abonnement) et la présence du trop médiatisé Marc Fiorentino,dans un duo bien consensuel avec
son homologue allemand, commençait à me peser.Que les profiteurs du système le dénoncent,un comble...Tant qu'à faire la promo de leur multiples bouquins,autant que ce soit 
Pierre Bellemare qui présente,au moins on saura que les questions de fond ne seront au mieux qu'effleurées.

Il aurait mieux fait d'inviter le trop peu entendu Mathieu Pigasse,grand banquier et néanmoins très lucide quant aux causes profondes de ce gavage au crédit.Je vous invite à le
découvrir.Soyons méchant,il ne manquait qu'un vieux farceur comme Stiglitz pour être la cerise sur le gâteau de ce faux débat.

Bon,je sais que je suis dur,mais quand j'entends que les politiques ont les poings liés par les banques,je suis...amusé.C'est Philippe le Bel qui doit bien rire...Il savait le
trouver,l'argent,lui,l'inventeur du barbecue à pyrolyse. 

Quel scoop! Sans vouloir remonter à Waterloo,dont un  certain banquier a au moins bien su profiter,où donc travaillait M Pompidou avant de diriger le gouvernement d'un célèbre
général?

Soyons honnête.C'était aussi éclairant que l'interview de Paul Jorion* sur France Culture.Bien qu'il ait quand même dit une chose intéressante en une heure:"le prix est le résultat d'un
rapport de force"... 

* Son nouveau livre sort ces jours-ci,peut-être qu'à l'écrit,il ne bégaie pas

Bon,je dois vous quitter,je suis convoqué au Cetelem.