Un bref commentaire sur les stress tests

Publié le par loïc abadie

Rappel : charte du blog

J'ai déjà eu l'occasion de parler de cette amusante farce organisée par les autorités US en collaboration avec les principales banques du pays.


Bien entendu, les résultats sont tout à fait à la hauteur de ce que l'on pouvait en attendre, et sont censés "rassurer considérablement les investisseurs et l'opinion" (pour reprendre un voeu récent de Ben Bernanke).

Je rappelerai donc juste quelques chiffres à ce sujet :

- Montant de recapitalisation nécessaire pour "assurer" la bonne santé du système bancaire selon les stress tests : 74,6 milliards de $.

- Montant déjà dépensé par l'état US en un an (sans doute pour le plaisir, vu que 74 milliards auraient suffi selon les stress tests) : 1700 milliards de $ (augmentation de la dette nette US sur un an), soit 22,7 fois plus.

- Montant de l'augmentation du bilan de la FED (statistique H4) sur un an : 1182 milliards de $, soit 15,9 fois plus que les recapitalisations que le gouvernement US prétend "exiger" des banques.

- Montant de la dette totale US : 52 592 milliards de $, soit  375% du PIB. Sur cette somme, il y a environ 39 000 milliards de dette en excès par rapport à la normale historique qui est un ratio dette globale / PIB de 100%, soit 522 fois les montants "exigés" pour satisfaire les stress tests.

Nous attendrons avec impatience les stress tests européens (c'est la mode du moment), qui seront, n'en doutons pas, tout aussi "bien réalisés" que ceux des USA.


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BRÉDA 05/06/2009 21:22

Vous indiquiez lorsque BXX était aux alentours de 70 euros que vous preniez des positions baissières pour 20%. J'en ai pris à ce moment-là en envisageant un repli au moins technique mais rien ne vient, au contraire comme si aucun des anciens repères comme le VIX ne servait plus à rien....  Pensez-vous que l'on puisse encore s'appuyer sur ces indicateurs ? Qu'avez-vous fait des positions baissières prises bien avant aujourd'hui ?Merci pour votre réponse. 

loïc abadie 06/06/2009 05:05


Bonjour, quelques éléments de réponse sur différents points :

Je n'ai pas pris de BXX à 70 euros. Par contre si il s'agit des positions baissières d'avril
dernier je les ai coupées dès que la formation en biseau ascendant a été invalidée. Il y avait au départ, comme expliqué dans l'article, un seuil de sécurité simple à 1,5 ou 2% au dessus du
point d'entrée sur le CAC ou l'eurostoxx, ce stop loss pouvait ensuite être redescendu grâce à la petite baisse des indices qui a suivi, afin de ne rien perdre.
J'annonce presque toujours ce que je fais sur mes positions dans la file de commentaires, mais je ne vais pas faire un article à chaque fois que j'achète ou je vends quelque chose (le blog
deviendrait assez illisible !).

De façon générale, quand on prend des positions à contre-tendance (c'est à dire qu'on vise un retournement quand la tendance est encore haussière), ce qui est encore le cas en ce moment, il faut
prévoir de couper rapidement quand le marché nous donne tort, sinon les pertes deviennent vite incontrôlables. Il vaut mieux multiplier les tentatives que de tout miser sur un trade et se retrouver
ensuite "sans munitions" quand le vrai retournement arrive !
En ce moment, il est à mon avis prudent de couper vers 2550 sur l'eurostoxx si les marchés refusent de baisser, et on pourra descendre le seuil au prix d'achat si ils baissent d'au moins 3% pour
protéger sa position.

Pour les indicateurs de sentiment de marché (VIX et autres), dans le cas d'un rebond long "exceptionnel" comme celui en cours, on est à une échelle fractale bien plus grande que sur les rebonds
précédents, puisqu'on retrace une séquence baissière de 18 mois environ. Ces indicateurs atteignent donc des niveaux bien plus extrêmes que pour les rebonds précédents et ne peuvent plus être
utilisés avec les mêmes seuils (j'avais évoqué ce risque en mars dernier, en fin
d'article). On peut les utiliser de nouveau aujourd'hui, vu qu'ils sont pour la plupart revenus à des extrêmes sur plus d'un an, mais à condition d'être prudent et de ne pas laisser courir
indéfiniment une position si ça ne se passe pas comme prévu !





dom 02/06/2009 21:56

Bonsoir,Pas moyen de voir les commentaires après le 10ième ...yen a pourtant 50!!!J'ai la nette impression que le 10ieme commentaires met un peu la zone pour les suivants!a+Dom

flasinc 01/06/2009 08:34

test

BA 30/05/2009 15:51

31 mai 2012 : un article paru dans un quotidien japonais.
Nous évoquions le 28 mai 2009 un article de synthèse économique concernant le Japon rédigé au printemps 1992. Nous ne pouvions donc vous priver de la lecture d'un article paru dans un quotidien japonais le 31 mai 2012 : il revient sur les événements décisifs qui se sont déroulés durant l'été 2009 et qui ont conduit à la situation que nous connaissons, à trois mois des élections américaines de 2012 qui s'annoncent très indécises.
Wall Street n'a guère été surpris par la confirmation du désistement de Barack Obama (il avait prévenu qu'un échec économique le ferait renoncer à briguer un second mandat) en faveur de la juge suprême Sonia Sotomayor, d'origine latino. Elle avait été nommée trois ans auparavant pour rééquilibrer, en faveur des femmes et dans un esprit moins "conservateur", le collège des plus hautes instances judiciaires du pays.
Un choix judicieux : cette Portoricaine d'origine va pouvoir rassembler le maximum de voix dans la communauté hispanique dont le poids démographique s'est considérablement accru aux Etats-Unis ces deux dernières décennies.
Elle séduira également, par ses facultés d'empathie, un électorat traumatisé par la Grande crise et devenu encore plus "centriste" après la faillite complète de l'ultralibéralisme et le scandale des junk bonds (sur lequel nous reviendrons ultérieurement).
** L'acte de décès du système financier dérégulé fut scellé avec la nationalisation de Morgan Stanley, de Citigroup et de Bank of America en janvier 2010. Goldman Sachs s'était tiré d'affaire en concluant une joint-venture avec la plus ambitieuse des banques d'un ex-pays communiste, la star chinoise Shanghai Imperial Trust -- celle-là même qui avait dévoré, à l'issue d'une bataille juridique homérique, le groupe HSBC menacé de démantèlement six mois auparavant.
Il nous faut bien entendu revenir sur le scénario assez sensationnel qui s'est déroulé durant la période s'étendant d'octobre 2008 (faillite de Lehman) au début du mois d'avril 2010. Après la lourde correction boursière de l'été 2009 (-25%), sitôt bouclé le programme de recapitalisation des neuf banques ayant échoué au stress test, ce fut au tour des marchés obligataires de s'effondrer. La cause en fut le second échec d'une émission de T-Bonds à 30 ans programmée fin septembre et destinée à refinancer les géants des prêts hypothécaires Freddie Mac et Fannie Mae.
Avec nos trois ans de recul, il nous est facile d'affirmer aujourd'hui que le Trésor américain aurait dû y renoncer après la chaude alerte du mois de juin. A cette époque, la Fed, qui écoulait sans trop de difficulté des émissions de maturité courte (entre deux ans et sept ans), s'était heurtée à une grosse vague d'abstention lors de l'enchère concernant 36 milliards de dollars de T-Bonds à 10 ans, malgré un taux de rendement implicite flirtant avec les 4% (contre 2,5% trois mois auparavant).
Le placement dès le lendemain de 54 milliards de dollars de T-Bonds de maturité 2039 s'annonçait mal (les taux évoluant largement au-dessus des 5%) ; la Fed a très vite réalisé qu'il lui faudrait largement entamer le reliquat de 100 milliards de son fonds d'intervention (de 300 milliards de dollars à l'origine) pour éviter que la presse financière ne fasse ses gros titres avec un fiasco que de nombreux spécialistes du marché obligataire américain pressentaient depuis le mois de mai. Le creusement des écarts de rendement entre les bons du Trésor et les émissions privées (de dette titrisée) les avait alertés sur le risque de défiance des investisseurs non résidents en prévision d'un second choc majeur dans le secteur des prêts immobiliers.
La multiplication des défauts de remboursement sur les emprunts de type Alt-A (dont l'encours représentait plus de deux fois celui des subprime de sinistre mémoire) augurait d'une nouvelle vague de dépréciations massive de dérivés de crédit adossés à des créances douteuses.
La poursuite de la chute du prix des maisons (-15% à -20% selon les régions) dont la valeur médiane avait chuté d'un bon tiers en l'espace de 18 mois, ainsi que des invendus représentant plus de 10 mois de stock, rendaient une telle issue pratiquement inéluctable.
** Les belles promesses de Bank of America, de Citigroup ou de Morgan Stanley de rembourser avant fin 2009 les sommes empruntées au TARP (c'est-à-dire aux contribuables américains) ont volé en éclats. Comment auraient-elles pu tenir face à la dégradation météorique des bilans et l'impossibilité de revendre sur le marché les actifs décotés qui avaient été jugés négociables lors du stress test orchestré par Tim Geithner au lendemain de sa prise de fonction comme éphémère secrétaire au Trésor US.
Il sera "démissionné" moins de neuf mois après sa nomination, accusé d'avoir cédé à la pression de conseillers travaillant pour le compte d'une grande banque d'affaire -- toujours très influente à la Maison Blanche et auprès de la Fed. Ils lui imposaient de mettre en place le même type de procédure que celui adopté pour le sauvetage de General Motors au mois de juin 2009.
Scission de neuf des plus grandes banques avec d'un côté les activités de réseau, d'animation du marché primaire (des émissions obligataires), de gestion d'actif (épargne individuelle ou d'entreprises, retraites, budget des collectivités locales) -- et de l'autre, la division "banque d'investissement" (qui n'avait plus rien à investir), ainsi que le département "produits structurés" chargé d'éliminer au fil des ans des centaines de milliards de créances en déshérence.
Cela impliquait la création d'un nouveau

. 30/05/2009 14:36

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