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Jeudi 31 mai 2007

Voici le résultat des dernières statistiques US.

- La croissance du PIB au T1 2007 (en rythme annuel) a été révisée à 0,6% anti_bug_fckcontre 1,3% précédemment.
Rappelons que le FMI prévoyait pour les USA une croissance de 3,3% en 2007, il y a seulement un an (en avril 2006), ce qui en dit long sur la fiabilité des estimations des experts du FMI :-)
Communiqué détaillé du BEA ici :

http://www.bea.gov/newsreleases/national/gdp/gdpnewsrelease.htm

Ce chiffre est évidemment très bas, surtout après 3 années de croissance supérieures à 3%
La principale cause de cette chute reste évidemment la crise du marché immobilier qui a débuté aux USA, les dépenses de consommation restant  soutenues pour le moment.

- Au niveau de l'immobilier, les ventes de logement neufs ont connu un gros rebond (+16%) par rapport à mars, mais restent 10,6% sous leur niveau d'avril 2006.
Ce rebond a été obtenu grâce à une forte baisse des prix concédée par les promoteurs, les prix moyens ayant chuté de 9% en un an : les promoteurs ont visiblement choisi de "brader" leurs biens à vendre pour écouler les stocks en excès.

http://www.census.gov/const/newressales.pdf

Les ventes de logements anciens (85% du marché) n'ont pas suivi le rebond d'activité des logements neufs, bien au contraire : 
- Le nombre de logements vendus en avril 2007 a baissé de 10,6% par rapport au même mois de 2006, mais surtout le stock de biens à vendre a bondi de 7,4 mois à 8,4 mois en un mois (en avril 2006 nous étions à 6,1 mois).
Les invendus s'accumulent donc, notamment sous l'effet des saisies immobilières de plus en plus nombreuses. Vu ces niveaux de stocks, la crise ne semble pas près de s'arrêter, bien au contraire !

- Petit commentaire sur les marchés pour finir : malgré ces nouvelles, les marchés ne semblent pas broncher (à part une courte secousse à Shangaï)...leur principal "souci" reste les taux, et ils refusent de voir pour l'instant totalement la dégradation de l'environnement économique aux USA : Les  "mauvaises nouvelles" deviennent même prétexte à une hausse, vu qu'elles sont interprétées comme favorisant une future baisse des taux, la menace d'une récession étant complètement ignorée malgré la chute rapide des chiffres de croissance.

La situation devrait se "décanter" à l'automne !

par loïc abadie publié dans : actualité
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Lundi 21 mai 2007
Beaucoup de stats importantes cette semaine et la semaine à venir :
En particulier : ventes de logements neufs US (24/5), anciens (25/5), PIB 1er trimestre (révision) le 31/5.

Pour le PIB US, la croissance estimée à 1,3% au T1 2007 pourrait être encore révisée à la baisse, sous les 1% selon
Nouriel Roubini (0,7%) ou JP Morgan (0,8%)...on est bien loin des 3% et plus de la période 2004-2006.
 Rappelons que les experts du FMI prévoyaient encore début 2006 une croissance à 3,4% pour 2007 aux USA, ce qui en dit long sur la "fiabilité" de leurs estimations !

Pour les logements neufs et anciens, la tendance devrait être aussi bien faible, après la baisse de 8% enregistrée sur les permis de construire en avril.

Enfin, un
article intéressant de Bloomberg sur la bourse chinoise avec le point de vue de l'homme d'affaires le plus riche de chine (Li Ka-Shing, qui détient environ 23 milliards de $) tire la sonnette d'alarme sur la bulle boursière chinoise. Le PER moyen de l'indice CSI 300 atteint 43 fois les bénéfices, contre 16 fois à hong-kong. Les normales classiques pour un marché se situent entre 10 et 15 (15-20 pour les marchés en forte croissance).

Jeremy Grantham de GMO (société qui gère 150 milliard de $ d'actifs) et Ken Lewis de la Bank of America (N°1 aux USA) eux aussi pensent que nous sommes dans une situation de bulle financière globale.
Article du San Francisco Business Times du 15 mai 2007.


par loïc abadie publié dans : actualité
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Mercredi 16 mai 2007
La situation actuelle, décrite dans ce blog est caractérisée par une bulle financière généralisée, une croissance anarchique de la dette, une spéculation excessive sur les marchés monétaires, boursiers et immobiliers, et une absence d’évaluation correcte du risque par les opérateurs économiques.
Ce château de cartes étant selon mon analyse sur le point d’imploser, on peut se poser la question du « coupable » à l'origine de cette situation.
 
Il y a deux grandes réponses à cette question :
 
1)      La psychologie des foules.
 
Instinct grégaire et comportement irrationnel
 
Les acteurs économiques, même les plus instruits et les plus experts, n’agissent pas de façon rationnelle.
De nombreuses expérimentations le montrent, on pourra en trouver un aperçu dans cet article :
http://interstices.info/display.jsp?id=c_19183 ainsi que dans le numéro de juillet 2006 de la revue « Pour la Science » qui contient un excellent article sur les marchés artificiels.
 
Les opérateurs vont dans certaines situations spéculer et s’échanger des actifs très au dessus de leur valeur fondamentale. Même si cet actif est très simplifié à l’extrême dans le cadre d’une expérience artificielle, et que son évaluation ne pose aucun problème (voir l’article d’intestices).
 
Les bulles spéculatives sont donc au départ des phénomènes normaux, liés à la nature « grégaire » du cerveau humain : dans les périodes préhistoriques, le comportement grégaire était un avantage évolutif, vu qu’il favorisait le regroupement en tribus et la cohésion de celles-ci.
Appliqué à l’époque moderne, ce comportement favorise des mouvements de foule à l’achat ou à la vente selon les situations, avec des bulles spéculatives ou des phases de panique.
 
Perception du risque
 
Cette perception du risque varie dans les sociétés, en fonction de l’histoire présente dans la mémoire des individus qui la composent :
Après la guerre et jusqu’à la fin des années 60, la conscience du risque restait très présente : les générations au pouvoir avaient toutes en tête la crise des années 30 et la guerre mondiale. Leur attitude était donc très prudente, et cette période n’a pas donné naissance à des bulles de crédit ou des vagues de spéculation importante.

A partir de la fin des années 60, les premiers « craquements » sont intervenus au sein des jeunes générations : mouvement hippie, mai 68 en France, mouvement punk.
La croissance se poursuivant globalement (malgré des récessions légères et courtes associées aux chocs pétroliers), la peur du risque s’est progressivement affaiblie, et les jeunes générations à l’origine des mouvements contestataires des années 60-70 sont arrivées au pouvoir.
La psychologie des foules a continué à évoluer au cours des années 80-90, et les décennies de croissance ont conduit progressivement les foules à développer un « sentiment d’invulnérabilité » : Puisque la croissance dure depuis 40, 50 ou 60 ans…c’est qu’elle va durer tout le temps, et qu'on peut donc s'endetter sans risque !
C’est ce sentiment d’invulnérabilité qui est le carburant de base de toutes les bulles spéculatives que nous connaissons en ce moment, plus qu’un régime politique particulier.
La bulle immobilière et la bulle de crédit n’ont d'ailleurs pas de frontières et se développent aujourd'hui au même moment dans des contextes économiques et culturels aussi différents que les sociétés françaises, américaines, japonaises.
 
2)      le rôle de l’état
 
On trouve sur le net, dans la presse et parmi de nombreux dirigeants politiques une opinion très majoritaire qui voudrait que ce soit « l’ultralibéralisme » donc l’insuffisance de l’Etat qui soit responsable de la situation actuelle.

La réalité va surprendre beaucoup de lecteurs, mais les faits sont là :
Dans tous les grands pays industrialisés : France, USA, Canada et autres, la part de l’Etat dans l’économie n’a jamais été aussi grande que maintenant
Cela fait près d’un siècle que cette part augmente sans cesse comme le montrent ces études : 

Sur l'ensemble des pays occidentaux : l'article de Pierre Lemieux

ou le livre des économistes Vito Tanzi et Ludger Schuknecht

Au canada : part de l'état qui est passée de 28% en 1960 à plus de 50% à la fin des années 90.

Aux USA : part du secteur public passée de 22% après guerre à 44% aujourd'hui

En France (graphique réalisé à partir de l'article de Pierre Lemieux)

etatisme.jpg
 
Quand certains tenants de la gauche altermondialiste invoquent le « paradis perdu des années 50-60 » ou le programme du « conseil national de la résistance »…ils font en réalité référence sans le savoir à une société bien plus libérale et bien moins étatiste qu’aujourd’hui. La part de l’état dans le PIB était à 34,6% en 1960…et à 55% en 1996 !
 
La vérité est que la bulle financière actuelle n’a pas été aggravée par un « ultralibéralisme » qui n’existe nulle part dans le monde…mais bien par un « ultraétatisme » sans précédent dans l’histoire.
 
Aux Etats-Unis par exemple :
- Le choix de « fuite en avant » et de stimulation artificielle de la consommation par un déficit public égal à 6% du PIB n’est possible que parce que l’état contrôle une part importante de l’économie.
- Le développement massif du crédit hypothécaire a été largement favorisé par les organismes parapublics Fannie Mae et Freddie Mac…les dates de création de ces organismes (1968-1970) sont d’ailleurs emblématiques du changement de psychologie des foules intervenu à cette époque !

- La bulle de liquidités qui a inondé les marchés boursiers et immobiliers depuis 2002 a été largement favorisée par la politique de taux bas organisés par les pouvoirs publics américains.
 
En France, on trouve également une large panoplie d’interventions de l’état (prestations sociales, lois type Robien incitant à devenir propriétaires) visant à augmenter la consommation.

Curieusement, et contrairement à ce que les partisans du "toujours plus d'état" avancent, le rôle des états et des pouvoirs publics au cours des dernières décennies a été de faire sauter tous les freins possibles limitant la croissance de la dette, et de faciliter au maximum l'endettement !

En conclusion : 

- La bulle financière actuelle n’a pas été provoquée par l’étatisme ou le libéralisme. C’est à la base un phénomène inévitable des cycles économiques (Kondratieff), lié à la psychologie des foules, qui s’est déjà produit dans le passé et se reproduira à l’avenir.
- Par contre l’action des états (dont la part a fortement augmenté dans les économies occidentales) a amplifié considérablement la bulle actuelle. Par une politique délibérée de fuite en avant et d’incitation au crédit.
 
Il est très probable qu’au cours de la crise à venir (qui sera de grande ampleur), cette accumulation d’étatisme qui s’est construite depuis 50 ans vole en éclats. Parce que les états n’auront plus les moyens de maintenir leur train de vie au niveau actuel.
 
 
 
 
 
par loïc abadie
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Samedi 12 mai 2007

L'indice de la bourse de Shangai a été multiplié par 4 en 2 ans et multiplié par 2 en 6 mois. Une allure parabolique qui rappelle étrangement la courbe du Nasdaq avant l'éclatement de la bulle internet en 2000.

shangai.jpg

La bourse de Shangai est en fait aujourd'hui complètement déconnectée de la réalité et ces courbes paraboliques provoquée par un phénomène de "mania" (des intervenants sans aucune expérience du marché se précipitent pour acheter, attirant ainsi encore plus de "pigeons") se sont toujours terminées par un effondrement, qui se produit dès qu'il n'y a plus assez de nouveaux "pigeons" entrants pour alimenter la bulle.

Voici l'analyse de Marc Fiorentino sur BFM 

 

 

par loïc abadie publié dans : économie générale
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Mardi 8 mai 2007

Les dernières données sur l'économie US continuent pour le moment à suivre les prévisions du blog.

- La croissance du PIB US a fortement chuté au 1er trimestre, à 1,3%. Visiblement le retournement sur l'immobilier commence à saper sérieusement les fondements du cycle de reprise entamé en 2003.

Graphique de la Fed St Louis

gdp.jpg

La croissance s'était toujours tenue entre 2 et 4% en moyenne depuis 2003...1,3% est donc un chiffre très faible.

- Les ventes de logements neufs et anciens continuent de se tasser : il s'est vendu 23% de logements en moins en mars 2007 qu'en mars 2006, et les stocks de biens à vendre ont gonflé de 27% en terme de délai (7,8 mois de stocks) lien

- Le nombre de logements vacants est à un niveau sans précédent depuis 12 ans (au moins) : lien, à 2,8% contre une moyenne historique de 1,5%.

- Les saisies immobilières poursuivent sur leur tendance de mars : en avril 2007, elles ont plus que doublé sur un an, comme en mars 2007. source : bloomberg

par loïc abadie publié dans : économie générale
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