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Mercredi 14 mars 2007

-2% sur le Dow hier, -3% sur le Nikkei au moment de la rédaction de cet article.

La situation du marché immobilier se dégrade rapidement et commencer à faire peur aux marchés...ça ne surprendra pas les baissiers de longue date dont je fais partie. Il est par contre amusant de voir que les économistes semblent découvrir la gravité de la situation seulement maintenant.

Selon Reuteurs, le nombre de procédures de pré-faillites à l'encontre de ménages emprunteurs a atteint le plus haut niveau depuis le début des statistiques existantes (depuis 37 ans). Source : Boursorama

Un bon article de l'expansion qui résume la situation actuelle :

http://www.lexpansion.com/art/0.155320.0.html%5B/url%5D

Enfin, un internaute a eu l'idée "amusante" de mettre en ligne un compteur en temps réel sur le nombre d'établissement de crédits déjà disparus. Vous pouvez le consulter ici

Le spectacle ne fait malheureusement que commencer...et on est bien loin d'en avoir vu les principales "attractions" !

Par loïc abadie
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Lundi 21 mai 2007
Beaucoup de stats importantes cette semaine et la semaine à venir :
En particulier : ventes de logements neufs US (24/5), anciens (25/5), PIB 1er trimestre (révision) le 31/5.

Pour le PIB US, la croissance estimée à 1,3% au T1 2007 pourrait être encore révisée à la baisse, sous les 1% selon
Nouriel Roubini (0,7%) ou JP Morgan (0,8%)...on est bien loin des 3% et plus de la période 2004-2006.
 Rappelons que les experts du FMI prévoyaient encore début 2006 une croissance à 3,4% pour 2007 aux USA, ce qui en dit long sur la "fiabilité" de leurs estimations !

Pour les logements neufs et anciens, la tendance devrait être aussi bien faible, après la baisse de 8% enregistrée sur les permis de construire en avril.

Enfin, un
article intéressant de Bloomberg sur la bourse chinoise avec le point de vue de l'homme d'affaires le plus riche de chine (Li Ka-Shing, qui détient environ 23 milliards de $) tire la sonnette d'alarme sur la bulle boursière chinoise. Le PER moyen de l'indice CSI 300 atteint 43 fois les bénéfices, contre 16 fois à hong-kong. Les normales classiques pour un marché se situent entre 10 et 15 (15-20 pour les marchés en forte croissance).

Jeremy Grantham de GMO (société qui gère 150 milliard de $ d'actifs) et Ken Lewis de la Bank of America (N°1 aux USA) eux aussi pensent que nous sommes dans une situation de bulle financière globale.
Article du San Francisco Business Times du 15 mai 2007.


Par loïc abadie
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Jeudi 31 mai 2007

Voici le résultat des dernières statistiques US.

- La croissance du PIB au T1 2007 (en rythme annuel) a été révisée à 0,6% anti_bug_fckcontre 1,3% précédemment.
Rappelons que le FMI prévoyait pour les USA une croissance de 3,3% en 2007, il y a seulement un an (en avril 2006), ce qui en dit long sur la fiabilité des estimations des experts du FMI :-)
Communiqué détaillé du BEA ici :

http://www.bea.gov/newsreleases/national/gdp/gdpnewsrelease.htm

Ce chiffre est évidemment très bas, surtout après 3 années de croissance supérieures à 3%
La principale cause de cette chute reste évidemment la crise du marché immobilier qui a débuté aux USA, les dépenses de consommation restant  soutenues pour le moment.

- Au niveau de l'immobilier, les ventes de logement neufs ont connu un gros rebond (+16%) par rapport à mars, mais restent 10,6% sous leur niveau d'avril 2006.
Ce rebond a été obtenu grâce à une forte baisse des prix concédée par les promoteurs, les prix moyens ayant chuté de 9% en un an : les promoteurs ont visiblement choisi de "brader" leurs biens à vendre pour écouler les stocks en excès.

http://www.census.gov/const/newressales.pdf

Les ventes de logements anciens (85% du marché) n'ont pas suivi le rebond d'activité des logements neufs, bien au contraire : 
- Le nombre de logements vendus en avril 2007 a baissé de 10,6% par rapport au même mois de 2006, mais surtout le stock de biens à vendre a bondi de 7,4 mois à 8,4 mois en un mois (en avril 2006 nous étions à 6,1 mois).
Les invendus s'accumulent donc, notamment sous l'effet des saisies immobilières de plus en plus nombreuses. Vu ces niveaux de stocks, la crise ne semble pas près de s'arrêter, bien au contraire !

- Petit commentaire sur les marchés pour finir : malgré ces nouvelles, les marchés ne semblent pas broncher (à part une courte secousse à Shangaï)...leur principal "souci" reste les taux, et ils refusent de voir pour l'instant totalement la dégradation de l'environnement économique aux USA : Les  "mauvaises nouvelles" deviennent même prétexte à une hausse, vu qu'elles sont interprétées comme favorisant une future baisse des taux, la menace d'une récession étant complètement ignorée malgré la chute rapide des chiffres de croissance.

La situation devrait se "décanter" à l'automne !

Par loïc abadie
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Mardi 12 juin 2007
Les statistiques sur l'endettement des ménages US au 1er trimestre 2007 confirment la tendance observée depuis 3 ou 4 trimestres : la dette croit de moins en moins vite, et il y a un début de rupture de la tendance des années précédentes : on est passé d'un rythme de croissance de 10-12% /an à 6% au 1er trimestre 2007.

Cette statistique est sans doute l'une des plus importantes à suivre, avec le marché immobilier, puisque dans une situation de bulle de liquidités où la croissance repose entièrement sur la dette, chaque baisse de rythme au niveau de l'endettement provoque rapidement une baisse de la consommation et des achats d'actifs divers (immobilier, actions et autres), puisqu'il y a moins de liquidités disponibles.

Après une croissance très faible (0,6%) au 1er trimestre, le PIB US devrait rebondir plus ou moins fort au T2 (ISM services en nette hausse en mai à 59,7...attendons quand même les chiffres de juin).
Ce rebond ne devrait pas être durable au vu de ces statistiques sur la dette.


dette07.jpg
Par loïc abadie
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Jeudi 9 août 2007

Une semaine qui ressemble aux précédentes, avec le lot habituel de paniers obligataires déclassés, des dérivés de crédit qui continuent de plonger et des fonds de trésorerie dynamiques en difficulté (les trois derniers en date appartenant à la BNP, ça ne concerne que 2 milliards d'euros, mais ça fait quand même mauvais effet, surtout pour des fonds censés être des placements de trésorerie à court terme).

Signe que les tensions commencent à devenir plus sérieuses, la banque centrale européenne se voit obliger d'injecter un montant record de liquidités (94,8 milliards), le précédent record (69,3 milliards) remontant au lendemain du 11 septembre 2001.
http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?news=4491090

On suivra avec intérêt les chiffres des ventes de détail aux USA (juillet) lundi prochain, pour voir si la récession immobilière US commence à s'étendre à la consommation des ménages...les signes devraient toutefois être plus marqués cet automne et en fin d'année.

Dernière remarque sur les indices : le rebond a bien eu lieu, comme le montre ce graphique du Dow Jones (réalisé à partir du site boursorama), mais semble pour le moment en train d'avorter rapidement après que le dow ait buté sur une résistance importante, et les baissiers ont l'air de reprendre les choses en main. Le cours du tracker BX4 apprécie évidemment !

dow0908.jpg

Par loïc abadie
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Lundi 27 août 2007
Le mois de juillet a été aux USA pour l'essentiel un mois d'"avant-crise", qui a été dans la droite ligne des mois précédents : 

Les prix de vente n'ont pratiquement pas varié (+0,2% par rapport à juillet 2006 pour le prix moyen, -0,6% sur le prix moyen), le nombre de vente a continué à baisser (-9% par rapport à juillet 2006, à 5 750 000 unités en rythme annualisé ; on se situait à plus de 7 millions en 2005).

Fait  par contre très caractéristique, les stocks d'invendus ont continué à augmenté, et très fortement (+5,1% sur un mois à 4 592 000 unités). On se situe à 9,6 mois de stocks à vendre, c'est à dire le plus haut niveau en 16 ans.


 

La situation reste pour le moment "bloquée" : les vendeurs n'ont pas encore renoncé à vendre leurs maisons aussi cher qu'en 2005 et 2006...mais ne trouvent plus suffisamment d'acheteurs, et les stocks s'accumulent au point d'atteindre les niveaux de démarrage de la précédente crise immobilière (1991).

L'arrivée sur le marché des biens saisis, de plus en plus nombreux, associé à la restriction en cours sur le crédit qui va encore raréfier les acheteurs va encore augmenter le déséquilibre offre / demande pour les mois à venir, et nous devrions observer cette fois une forte aggravation de la situation, notamment au niveau des prix de vente.

Enfin, le CAC a poursuivi son rebond, mais dans des volumes de plus en plus anémiques, et la zone actuelle des 5600 points semble une bonne opportunité pour revenir sur le BX4 pour jouer une reprise prochaine de la baisse du marché...même si beaucoup d'intervenants attendent les 5750 points et une figure "épaule-tête-épaule" pour jouer la baisse avec moins de risques.
Par loïc abadie
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Lundi 17 septembre 2007
Suite au nouveau "fait divers" bancaire qui "met de l'animation" sur les marchés en ce moment, la panique des clients de Northern Rock, un des cinq plus gros établissements de prêts hypothécaires anglais, et 8ème banque britannique (5 milliards de livres de chiffre d'affaires quand même), beaucoup d'entre nous s'interrogent sur la solidité de nos banques françaises.

La première réflexion qu'on se fait est de dire que les ménages français sont beaucoup moins endettés, que les crédits à taux fixes dominent largement, et que le système d'hypothèques rechargeables, sur lequel repose le système anglo-saxon est embryonnaire chez nous (ce qui est en grande partie exact)...Et que des épisodes de paniques du type de ce qui arrive à Northern Rock ne se produiront pas en France.

Mais voilà, on a vu au cours du 1er épisode de la crise du crédit en juillet août que des fonds à priori peu risqués de banques et établissements financiers français avaient été concernés, et cela est un indice des connexions très fortes et immédiates existant entre les banques des divers pays développés.

L'institut credit flux, spécialisé dans l'étude des dérivés de crédit et titrisation de crédit hypothécaires publie ainsi un palmares mondial des établissements les plus engagés sur ce secteur, notamment en tant que contrepartie.

Voici donc un tableau (pour 2006) des 10 premiers établissements les plus actifs sur le marché des CDO, les montants donnés ici étant exprimés en millions de $ (ex : 228 441 millions pour Calyon, soit 228 milliards de $)...
Nous trouvons 3 établissements français bien connus dans ce "top 10" : 
Calyon (filiale du crédit Agricole), BNP Paribas, SG (Société Générale), Calyon et BNP étant même devant des célèbres banques américaines ou anglaises comme Morgan Stanley, Merril Lynch, Barclays et Bank of America.

http://www.creditflux.com/public/data/leaguetables.htm

1 JP Morgan 348 573 22
2 Calyon 228 441 15
3 BNP Paribas 218 990 14
4 Morgan Stanley 153 884 10
5 Merrill Lynch 143 438 9
6 Deutsche Bank 136 894 9
7 SG 102 123 7
8 Barclays 101 903 7
9 Bank of America 77 752 5
10 Citigroup 72 844 5

On retrouve le même type d'observations dans le classement du 2ème trimestre 2007

Axa occupe quand à elle la place de N°1 des "managers de CDO synthétiques" en juillet 2007.

Comme tout particulier, je n'en sais pas plus sur les risques encourus associés à cette intense activité de certaines de nos grandes banques sur les dérivés de crédit...mon commentaire n'ira donc pas au delà de l'interrogation.

J'espère simplement que les dirigeants de ces grandes banques savent mesurer les risques pris...si possible mieux que ceux du Crédit Lyonnais en 91 ou que les gérants des fonds monétaires dynamiques qui ont été dépassés par des "conditions de marché extraordinaires" en juillet-août 2007, pour reprendre leurs propres mots.









Par loïc abadie
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Vendredi 19 octobre 2007
 
Les spreads sur paniers de créances hypothécaires titrisées (CDO) sont un indicateur de l’aversion au risque des investisseurs (au moins pour le secteur du crédit) : plus le spread est élevé, plus le niveau de crainte est élevé.
Très logiquement, ces spreads avaient fortement augmenté en juillet août (1ère accès d’aversion au risque sur les marchés), avant de reculer ensuite en même temps que les marchés reprenaient leur progression.
Mais depuis quelques séances, ces spreads sont à nouveau en forte hausse, au point de dépasser leurs niveaux de mi-août sur certaines catégories de CDO :
 
spreadoct.jpg

source : site markit

Visiblement l'effet de la baisse de taux de la FED est déjà bien loin, et il n'est pas du tout garanti que les prochaines "doses" auront le même effet calmant...

Les
derniers chiffres immobiliers, avec des permis de construire en baisse de plus de 7% (-26% sur un an) et des mises en chantier qui ont plongé de plus de 10% en octobre par rapport au mois précédent n'ont évidemment pas arrangé les choses !

Le
graphique associé montre que la baisse en cours sur le rythme des permis de construire est pour l'instant (en pourcentage) à peu près de même ordre que celle de 1990. Mais nous sommes encore loin des plus bas, et on devrait logiquement se diriger à terme vers une baisse de même ampleur que celles des années 70-80.
Par loïc abadie
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Dimanche 9 décembre 2007
Je reprends le fil de ce blog après un petit arrêt (manque de temps !)...
 
Le Président Bush vient donc de présenter à son pays son plan de sauvetage pour les prêts à risque, qui est bien expliqué dans cet article du wall street journal :
 
En résumé, les emprunteurs seront divisés en 3 catégories :
 
Catégorie 1 : ceux qui ont un score-crédit supérieur à 660 : ceux là sont considérés comme « solvables » et n’auront droit à aucune aide (ils sont pourtant responsables de plus du tiers des faillites, et les taux de défaillance de cette catégorie "solide" sont en forte hausse depuis quelques mois).
L’ensemble des emprunteurs à taux fixe entrent aussi dans cette catégorie, vu que par définition, le gel des taux ne s’applique pas pour eux.
 
Catégorie 2 : ceux qui ont un score-crédit < 660, ne sont pas encore en retard sur le remboursement de leur prêt à taux variable, mais ne pourraient pas supporter une hausse du taux de leur emprunt.
Ceux-là pourront bénéficier du plan qui consiste à geler les taux d’emprunt sur 5 ans pour éviter les défaillances provoquées par les hausses de taux.
 
Catégorie 3 : les emprunteurs qui sont déjà en situation de défaut de paiement…pour ceux-là, la situation sera étudiée au cas par cas, mais l’esprit général du plan est que la majorité d’entre-eux seront saisis et « redeviendront locataires » selon les mots d’Henry Paulson (secrétaire d’Etat au Trésor).
 
Première remarque : en se limitant à la catégorie 2, soit environ la moitié des emprunteurs « subprime » à taux variable, le plan concerne potentiellement seulement 20 à 22% du total des saisies immobilières.
Les analystes de Barclays estiment ainsi que le plan pourrait réduire le taux de perte sur les crédits subprime de 1% au maximum (il passerait alors de 15 à 14% selon leurs estimations).
 
Deuxième remarque : il n’y a aucune participation financière directe du gouvernement, il s’agit d’une renégociation entre emprunteurs et prêteurs.
Une garantie éventuelle de la FHA sur certains prêts a été mentionnée, mais sans plus de précisions pour le moment.
 
On le voit tout de suite, l’impact de ce plan sur la crise des subprimes sera très limitée…mais le plus important n’est pas là, tout simplement parce que cette crise des subprimes n’est qu’un petit détail...et que la vraie crise du crédit n'a pas commencé.
 
Comme nous l’avons vu dans ce blog, l’impact financier de la crise des subprime est de l’ordre de 150 milliards par an…ce n’est pas grand chose, et moins que le coût annuel de la guerre en Irak par exemple.
Sur ces montants, le plan Bush évitera sans doute entre 20 et 40 milliards de pertes annuelles. Peut-être qu'à l'occasion de la période électorale qui approche, ce plan sera "renforcé", avec une participation plus directe du gouvernement...mais en fait cela n'a pas grande importance :
 
En face de cela, l’immobilier est engagé maintenant dans la baisse des prix…et comme les stocks continuent de monter rapidement dans le même temps (le déséquilibre offre / demande s’aggrave), cette baisse de prix va s’accélérer.

stockdec.jpg
(source : www.realtor.org)
Résultat : l’expansion du crédit va ralentir, puis s’arrêter dans les années à venir.

Cela ne fait pas les gros titres dans la presse, mais vu que la dette totale des USA augmentait au rythme de 3800 milliards / an en 2006 (données de la réserve fédérale), ce sont 3881 milliards qui vont prochainement manquer à l’appel de la croissance US.
Si le crédit se contracte (les emprunteurs remboursent plus qu’ils n’empruntent), ce qui arrivera forcément dans un contexte de baisse marquée de l’immobilier, ces chiffres seront même dépassés.
 
Les subprimes sont donc un petit détail dans le système…ce qui est essentiel est l’évolution de la dette totale.
 
Si on regarde ce qui s’est passé sur les 2ème et 3ème trimestres 2007, on constate que l’expansion du crédit n’a non seulement pas été stoppée, mais qu’elle a encore accéléré, notamment au T3 2007 où tous les records historiques ont été pulvérisés : 4988 milliards de $ de dette supplémentaire en rythme annuel, montants délirants, mais à la hauteur de la crise à venir. 
Pour bien comprendre ce que cela signifie, au 3ème trimestre, la dette totale par citoyen US a augmenté de 1380$ / mois (ou de 5520$/mois par ménage "standard" avec 2 enfants).

Il ne faut pas chercher plus loin pour comprendre les bonnes performances du PIB US au 3ème trimestre 2007…une fuite en avant dans le crédit toujours plus rapide, mais qui arrive à ses dernières limites possibles.

au dernier trimestre, il est très probable que nous assisterons aux premiers signes du retournement de tendance sur le crédit  (il sera encore en expansion, mais moins rapide), au vu des données récentes sur la consommation (ventes au détail), la situation des banques et l'aggravation de la crise immobilière.
Par loïc abadie
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Mardi 18 décembre 2007
 Que de légendes entend-on en ce moment sur les pouvoirs supposés des banques centrales :

- Elles vont empêcher la récession par une maîtrise financière « bien meilleure que dans le passé »
- Elles vont empêcher le crédit crunch (contraction du crédit) parce qu’elles vont déverser « autant de liquidités que nécessaire » avec éventuellement un "hélicoptère".
- Elles vont gommer la dette en excès en relançant l’inflation (tout le monde croyant évidemment dur comme fer à leurs capacités de pouvoir le faire).
 
Seul problème que l’on oublie dans ce monde merveilleux : L’expansion du crédit n’existe que si 
-         Il y a des prêteurs volontaires pour le faire.
-         Et surtout si il y a des emprunteurs demandeurs de plus de crédit.

Avec la baisse en cours de l’immobilier, et la hausse rapide des taux de défaillance des prêts immobiliers (qui s’étend maintenant aux cartes de crédit et à certains prêts à la consommation), il y aura à la fois moins d’emprunteurs intéressés (pourquoi emprunter pour acheter un bien qui perd de sa valeur…même si un hélicoptère bienveillant propose de l'argent à 0% d'intérêt !)
Et moins de prêteurs disponibles (par durcissement des conditions d’octroi du crédit à cause d’une aversion au risque plus grande).
 
La dépêche AFP tombée aujourd'hui sur l’action de la BCE est révélatrice de l’opinion qui accorde aux banques centrales des pouvoirs presque surnaturels :

« la BCE inonde les banques d'argent bon marché »

« La Banque centrale européenne a mis mardi un montant massif d'argent pas cher à la disposition des banques »

A lire cet article (repris aussitôt par tous les grands journaux économiques), on a l’impression que la BCE peut déverser à volonté des flots d’argent (346 milliards aujourd’hui) sur les banques, et que l’économie est ainsi indestructible…
 
Dans la réalité, il s’agit d’un simple prêt de très court terme sur une durée de 2 semaines et celui-ci n’a visiblement même pas réussi à changer grand chose à la situation sur le très court terme :
L’euribor 3 mois (taux des prêts interbancaires en euros) a à peine baissé comme le montre le graphique ci-dessous, et reste à des niveaux historiquement hauts par rapport au taux de base de la BCE : l’écart entre euribor et taux de base BCE reste encore à 88 points contre 95 points avant l'annonce de la BCE (il était à 10 points seulement avant le début de la crise des subprimes).

spreadeuribor.jpg

On voit que l'action censée être "énorme" de la BCE aujourd'hui n'a provoqué qu'une toute petite baisse de l'écart entre euribor et taux de base BCE... la "montagne" de défiance n'est pas entamée.
 
Sur un plan plus général, de la même façon que les taux à 0% de la banque du Japon n’ont rien changé à la déflation et à la contraction du crédit dans les années 90 au Japon, les actions de la BCE et de la FED n’empêcheront pas la contraction du crédit de se produire aux USA et en Europe dans les années à venir…tout simplement parce qu’elles ne peuvent pas commander la poursuite de la hausse de l’immobilier ou empêcher une perte de confiance et de volonté des ménages à s’endetter.
Par loïc abadie
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