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Mercredi 9 avril 2008
Juste un petit article pour rappeler quelques ordres de grandeur dans la crise en cours :

48 800 milliards de $ : dette totale à la fin 2007 aux USA.

14 000 milliards de $ : PIB US, fin 2007

11 000 milliards de $ : emprunts hypothécaires des ménages US (hors secteur professionnel et agricole)

9 000 milliards de $ : dette publique US

4 000 milliards de $ : accroissement annuel de la dette totale qui a été nécessaire pour maintenir à flot la croissance US (en 2006 et 2007)

900 milliards de $ : montant total des actifs au bilan de la FED (environ 1/3 a déjà été utilisé pour soutenir le secteur bancaire en difficulté).

150 milliards de $ : plan Bush pour l'aide au secteur immobilier

65 milliards de $ : exportations des USA vers la Chine en 2007

16 milliards de $ : capacité de remboursement de MBIA, la plus grosse société d'assurance-crédit (monoline) US, qui vient de demander à Fitch de "cesser de la noter", après que Fitch ait dégradé sa note de AAA à AA

Ces chiffres étant simplement là pour montrer que la FED (entre autres) est une bien "petite chose" face aux montants en jeu dans le système actuel !


par loïc abadie publié dans : économie générale
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Jeudi 3 avril 2008

Ce début de récession aux USA peut sembler pour le moment paradoxal :

D'un coté on a une crise déjà très puissante sur l'immobilier et le secteur financier, qui est déjà la plus importante des 40 dernières années, tout en sachant qu'on est encore loin du point bas.
De l'autre côté, la contagion à l'économie réelle, en particulier aux secteurs clés que sont la consommation et l'expansion du crédit existe, mais reste pour le moment très modérée.

Voyons cela plus en détail :

Pour l'immobilier, ce graphique sur les mises en chantiers de logements individuels situe bien l'ampleur de la crise, qui devrait dépasser largement tout ce qui a été observé depuis l'après-guerre.



Les prix suivent à présent le mouvement, avec un déclin sur l'indice des prix Case-Shiller qui dépasse les 10% en rythme annuel et s'accélère chaque mois.

Les stocks de logements à vendre continuent à progresser, il n'y a donc aucune amélioration à attendre, au contraire : avec des invendus qui s'accumulent, et des ventes forcées sur saisies immobilières qui saturent le marché, les vendeurs vont devoir baisser les prix encore plus vite.


données : census bureau.

Côté financier, les pertes officiellement reconnues s'élèvent déjà à 232 milliards de $ d'après ce tableau récapitulatif. 

Et une estimation de Goldman Sachs prévoit qu'elles dépasseront 1200 milliards de $ (plus de 8% du PIB US). Il y a moins d'un an, les estimations de ces mêmes pertes allaient de 30 à 100 milliards au maximum, ce qui en dit long sur les capacités des experts à prévoir l'ampleur de la crise en cours !
(Dans un prochain article de ce blog je donnerai une estimation personnelle des pertes potentielles sur les prêts immobiliers par une approche basée sur les "negative equity").

En face de ces deux crises très sévères (immo et finances), les ménages parviennent encore à augmenter leur endettement : l'expansion est moins rapide depuis 2007, mais continue, à un rythme de 7% par an.
Le graphique ci-dessous s'arrête à décembre 2007, mais les données disponibles sur février et début mars (stats H8 de la fed) indiquent que la tendance se maintient encore.



La consommation des ménages commence à être touchée, avec des ventes au détail qui reculent légèrement en monnaie constante et viennent de passer sous la barre du 0 depuis le début 2008 :


Mais nous sommes encore loin d'une situation de récession sévère.
Les magasins continuent de présenter des ventes assez soutenues, comme le montre le
dernier point de shoppertrack, qui signale une hausse des ventes de 6,4% pour les 3 premières semaines de mars, aidées cependant par les fêtes de Paques.

Cette situation paradoxale conduit évidemment une majorité d'experts à prévoir une "mild recession", c'est à dire une récession douce, qui durerait quelques mois avant une reprise économique dès le second semestre 2008.
Mon analyse est évidemment totalement opposée, la récession actuelle est effectivement légère...comme elle l'était au 1er semestre 1930, juste avant la grande dépression qui a sévi de fin 1930 au début 1932.
Il ne faut pas croire aux miracles, et notamment que 20 ans d'excès et d'expansion anarchique du crédit vont être corrigés par une mini-récession de quelques mois...cela n'a aucun sens !

Les experts ont nié l'existence de la crise et la récession en 2007...à présent ils la minimisent comme attendu. Mais la vraie dégradation est déjà en préparation :
La confiance des consommateurs a touché un plus bas de 35 ans au niveau des anticipations, en passant sous la barre des 50 :



Et le consommateur a de plus en plus de mal à maintenir son train de vie, avec des défaillances sur le crédit à la consommation qui augmentent rapidement :
Article de calculated risk.

Il ne faut donc pas se tromper sur le rebond actuel des marchés...il pourrait durer encore éventuellement quelques semaines, et amener le CAC dans la zone des 5100-5200 et l'eurostoxx vers 3900 pts. Nous entendrons alors sans doute fleurir les analyses sur le thème "le pire est derrière nous", "les décisions de la FED commencent à produire leurs effets".

En réalité, ce rebond devrait offrir une dernière porte de sortie aux retardataires qui n'ont pas encore vendu, et une opportunité sans précédent pour prendre des positions baissières sur la baisse des marchés à venir (je détaillerai cela dans un prochain article). La vraie crise, qui ne sera pas une "mild-recession" commencera quand l'expansion du crédit prendra fin...Et c'est probablement pour très bientôt !
par loïc abadie publié dans : économie générale
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Dimanche 3 février 2008
Voici une actualisation pour l’année 2007 sur la croissance du crédit dans les pays de la zone euro.

Le niveau d’endettement global et celui des ménages reste inférieur à celui des USA et de l’Angleterre (environ 100% du PIB pour la dette des ménage de ces deux pays) même si 4 pays se rapprochent du niveau atteint aux USA avec 80% du PIB. 
La France à 47% du PIB est moins endettée, mais quand même à des niveaux jamais atteints auparavant dans son histoire.

dette-m-nage-euro-07.jpg
données : Banco de Espana / BCE

Le point le plus important en 2007 est l'accélération spectaculaire de la croissance du crédit en Europe comme le montre ce graphique : 

croissance-dette-euro-07-copie-1.jpg

données : Banco de Espana / BCE
 
La majorité des pays européens ont vu leur endettement global (privé + public) augmenter à un rythme supérieur à 10% par an, et avec une croissance du crédit de 17%/an, la France figure dans le peloton de tête.
A titre de comparaison, la croissance de l’endettement global aux USA s’est faite sur un rythme de 8 à 10% en 2007.
 
La dette des ménages a aussi augmenté à un rythme très soutenu, 10,5% du PIB en France par exemple.
L’Allemagne continue de faire « cavalier seul » avec une dette des ménages qui a légèrement diminué et une croissance de la dette globale de 5,9% seulement (à peine supérieure à celle du PIB en monnaie courante).
 
 
Passons au point le plus important : la dépendance des économies vis à vis de la dette.
Le graphique ci-dessous nous montre l’augmentation de la dette en 2007, exprimée en pourcentage du PIB.

dette-europe-2007.jpg
données : Banco de Espana / BCE
Aux USA, pays à « la pointe » de la bulle de crédit, ce ratio était de 29% : la hausse de la dette en 2007 et les liquidités artificielles associées ont représenté 29% du PIB US en 2007…à comparer aux 2 à 4% de croissance observés jusqu’ici dans ce pays.
 
A ce niveau 2007 marque un changement en Europe, puisque plusieurs pays atteignent à présent un niveau de dépendance au crédit équivalent à celui des USA. La France, avec un ratio de dépendance de 29% se situe en tête des grands pays de la zone euro, et seule la Belgique nous dépasse un peu avec 33,5%.
La relative bonne performance des économies de la zone euro en 2007 ne doit donc rien à une amélioration réelle des fondamentaux…comme aux USA, ce n’est qu’une croissance virtuelle, entièrement achetée à crédit, et dont on voit mal par quel miracle elle pourrait résister à un ralentissement ou un arrêt de l’expansion anarchique du crédit.
Aux USA, il faut environ 4000 milliards de $ de dette en plus chaque année pour faire tenir la machine…pour la zone euro, en 2007 il a fallu 2800 milliards. Auxquels il faudrait ajouter les « scores » du royaume uni et des autres pays d’Europe hors zone euro.
 
Un dernier petit calcul intéressant pour la France : la dette globale a augmenté de 545,7 milliards d’euros en 2007. Si on rapporte ces chiffres à un ménage de 4 personnes (un couple et deux enfants), cela représente environ 2850 euros mensuels de dette en plus. Environ 2 SMICs…données qui laissent songeur sur la « solidité » du système actuel.
 
D’après Christine Lagarde, « l’économie européenne et en particulier au sein de l’eurogroupe est fondamentalement différente de l’économie américaine »…a-t-elle regardé les dernières statistiques de la BCE ?
 
 
 
 
 
 
par loïc abadie publié dans : économie générale
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Dimanche 20 janvier 2008
Ils s’appellent « monoliners », « monoline » ou « réhausseurs de credit », et on entendra de plus en plus parler d'eux à l'avenir. Sans doute pas en bien.

Ce sont des compagnies qui garantissent des crédits divers (collectivités locales, immobilier, crédit à la consommation).
Les deux sociétés leaders de ce secteur s’appellent MBIA et Ambac.
Jusqu’à ces dernières années, ces sociétés se contentaient d’assurer principalement des crédits publics (municipalités et autres collectivités), donc à priori à risque faible.
Mais les choses ont changé et elles se sont lancées progressivement dans l’assurance de crédits beaucoup plus risqués, comme les obligations hypothécaires ou les crédits à la consommation.
Cela a alors permis à de nombreuses banques de « changer le plomb en or » : MBIA et Ambac bénéficiaient de la notation maximale AAA, réservées aux institutions financières et obligations les plus solides. Toute dette qu’elles assuraient obtenait alors automatiquement cette notation, quelque soit sa qualité.

Une banque qui détenait un panier d’obligations à risque et de faible qualité (noté par exemple BB, ou même des subprimes) pouvait le faire assurer par un monoline et le transformer ainsi en obligation AAA, ce qui lui donnait une valeur beaucoup plus grande dans son bilan
.
 
Le problème est que ces monoliners sont très fragiles et incapables de faire face à une dégradation un peu sérieuse des conditions économiques : Ils assurent en effet selon les chiffres de Nouriel Roubini 3300 milliards de $ de crédit avec seulement 22 milliards de capitaux propres, soit un effet levier de 150…C’est un peu comme si vous donniez 1000€ de caution à votre banque pour un prêt de 150 000€ .

Comment moody’s, Fitch et les autres agences ont-elles pu accorder une notation AAA malgré une telle prise de risques ? Probablement à l’aide de modèles mathématiques sophistiqués qui permettent d’éviter le recours au bon sens.
 
La dégradation des conditions économiques et du marché du crédit a évidemment déjà commencé à mettre ces monoliners en difficulté, un « petit » réhausseur de crédit(ACA) s’est retrouvé en décembre au bord de la faillite et a vu sa notation passer de A à CCC, avec des premières pertes estimées à 2,2 milliards par rapport à des fonds propres de 0,6 milliards…26 milliards de crédits ont alors perdu leur garantie et leur valeur a chuté fortement : l’or est redevenu du plomb dans le bilan des banques qui avaient utilisé ACA comme assureur.
 
Mais maintenant, on passe à la vitesse supérieure, puisque c’est le N°2, Ambac qui a vu sa note dégradée de AAA à AA (pour commencer) : l’article de la Tribune sur le sujet.
 
Une bonne partie des crédits assurés par Ambac détenus par diverses banques vont donc voir aussi leur note dégradée de AAA à AA et leur valeur chuter en conséquence.

En cas de disparition de la garantie des monoliners, les pertes immédiates (diminution de valeur des crédits dans le bilan des banques) sont estimées pour le moment à 200 milliards de $ selon l'économiste David Roche (Financial Times.).
Sans oublier que chaque $ de fonds propres en moins dans une banque conduit potentiellement à réduire d'environ 10$ sa capacité à produire de nouveaux prêts.
 
En attendant, le cours de MBIA (n°1 du secteur) a été divisé par 10 en trois mois, et les monolines sont à la recherche de capitaux pour « renforcer leurs fonds propres »

mbia.jpg
 
 
 
 
par loïc abadie publié dans : économie générale
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Lundi 19 novembre 2007
 
L’immense majorité des experts en économie affirme encore que la crise du crédit actuelle n’est pas suffisante pour déclencher une récession et un atterrissage brutal de l’économie aux USA et en Europe…les prévisions de croissance des économistes restent très optimistes pour 2008 (le FMI prévoyait ainsi dans sa dernière analyse de juillet 2007 une croissance à 2,8% pour les USA en 2008).
 
D’un autre côté on lit dans la presse économique toutes sorte de chiffres sur l’impact de la crise du crédit, avec des estimations allant de 100 milliards à plus de 2000 milliards !
 
Il est temps de se pencher un peu plus en détail sur le chiffrage de l’impact potentiel de cette crise du crédit…avec beaucoup d’éléments que nos experts du FMI, de l’OCDE et de certaines grandes banques négligent complètement parce qu’ils se contentent de voir les conséquence immédiates à court terme.

Les données de base : 
 - Le PIB total des USA (annuel) est de 13 929 milliards de $ selon les dernières données (réserve fédérale).
- Il y a 10000 milliards de $ de crédits hypothécaires aux USA, dont 3000 milliards de $ de crédits à hauts risque (subprime + Alt-A et autres prêts à taux révisables).
 
1) les pertes immédiates attendues :

En appliquant un taux de perte de 12% sur les 3 prochaines années pour les prêts à risque (hypothèse très raisonnable) et un taux de perte de 2% sur les autres prêts, nous arrivons à 500 milliards de pertes sur 3 ans.
 
Ces montants correspondent à peu près aux dernières estimations faites par les banques (qui varient entre 400 et 500 milliards). Répartis sur 3 ans, cela ferait environ 135 à 165 milliards par an.
Nous en sommes déjà à 50 milliards de pertes déclarées par les banques ces derniers mois.
 
2) les pertes « dominos »
 
Après les pertes immédiates sur les prêts eux-mêmes, il peut y avoir des pertes « collatérales », issues de la défaillance de fonds spécialisés qui se sont endettés avec un gros effet levier…pour acheter des dettes hypothécaires : Environ 350 milliards de SIV (fonds qui empruntent à court terme pour investir dans les dettes hypothécaires) sont actuellement scotchés sur leurs positions par un marché du crédit devenu complètement illiquide, plus divers hedges funds spécialisés.
Il est très difficile d’estimer le taux de défaillance et les pertes finales de ces fonds…mais elle pourrait être du même ordre de grandeur que les défaillances sur prêts hypothécaires. Vu l'opacité de ces fonds, je m'en tiendrai à une fourchette de 50 à 150 milliards annuels, peut-être largement sous-estimée.
 
3) Les effets indirects.
 
Ce sont de loin les plus puissants…même si presque personne n’en parle parce qu'ils sont moins médiatiques que les annonces "fracassantes" de pertes bancaires sur les subprimes !
a) le prix du pétrole.
 
Les baisses de taux US, associés à une forte demande en zone Asie ont fait monter fortement le prix du baril.
Le passage d’un baril de 50$ à 90$ (+40$), vu les importations des USA (3,7 milliards de barils / an) représente un coût annuel de 148 milliards…mais encore une fois, ce n’est pas le plus grave, loin de là !
 
b) L’extraction de cash par les hypothèques rechargeables.

Là, on commence à rentrer dans les "vrais" problèmes : 
Une nouvelle infiniment plus grave que la crise du crédit est passée quasiment inaperçue dans la presse : la baisse des prix de l’immobilier est lancée aux USA depuis 3 mois à un an (selon les indices pris en compte).

Vu l’accumulation des stocks invendus, actuellement à un plus haut de 16 ans, cette baisse va se poursuivre.
Jusqu’ici, les ménages avaient pris l’habitude de se servir de leur maison comme d’une source de revenus pour consommer, en augmentant leur crédit hypothécaire au rythme de l’augmentation de valeur de leur habitation.
Ils ont pu extraire ainsi entre 500 et 700 milliards de $ annuels de cash par ce procédé appelé HEW ou MEW (mortgage equity withdrawal).
Le retournement à la baisse des prix signifie tout simplement l’arrêt de cette source de cash. Parce que les hypothèques adossées à la valeur des habitations ne pourront plus grossir.

Impact : 500 à 700 milliards annuels.
 
c) le taux d’épargne.
 
Une conséquence importante des bulles d’actifs qui se sont formés au cours des années 90 est que les ménages n’ont plus jugé nécessaire d’épargner : leur patrimoine augmentant « tout seul » grâce à la hausse des actions, et surtout de l’immobilier, ils pouvaient consacrer tous leurs revenus à la consommation.
Le taux d’épargne historique, entre 8 et 10% du revenu disponible est ainsi tombé à des niveaux jamais atteints depuis la grande dépression des années 30, entre 0 et 1% (il a même été temporairement négatif en 2005).
Cette courbe historique sur 50 ans est très parlante :
A partir du moment où les prix des actifs (immobiliers et actions) cessent de progresser, les ménages vont « revenir sur terre » et réaliser qu’ils doivent de nouveau épargner pour assurer leur avenir et leur retraite.
Le simple retour à un taux d’épargne normal (8%/an contre 1% actuellement) représenterait encore :
700 milliards d’euros retirés du circuit économique.
 
d) la contraction générale du crédit.
 
Les banques doivent maintenir un ratio de solvabilité suffisant (autour de 10% en moyenne), c’est à dire que pour chaque $ de capitaux propres, elles n’ont pas le droit de prêter pour plus de 10$ de crédits (ce qui est déjà un levier important).
Donc chaque $ de perte signifie qu’elles doivent supprimer 10 $ de crédits pour maintenir leur ratio de solvabilité intact…
Justement, la crise du crédit hypothécaire (voir plus haut) est prévue coûter entre 400 et 500 milliards de $ aux institutions financières…soit avec le levier de 10 : 4000 à 5000 milliards de crédits en moins.
Goldman & Sachs parlait simplement de 2000 milliards, dans une estimation vraiment à minima.
 
Répartie sur 3 ans, cela représente environ 1500 milliards de liquidités en moins chaque année dans le système.
 
Récapitulatif de tous ces impacts :  
Problème
Impact annuel
Pertes immédiates sur prêts hypothécaires
150 milliards
Pertes financières associées aux défaillances de fonds spéculatifs associés(Hedge funds, SIVs)
50 à 150 milliards, estimation très incertaine.
Hausse du baril de 40$
148 milliards
Fin de l’extraction de cash via hypothèques rechargeables
500 à 700 milliards
Retour à un taux d’épargne normal associé à la fin de la bulle d’actifs et à un retour aux réalités des ménages
700 milliards
Restriction du crédit associé aux pertes bancaires
1500 milliards
Total
3000 à 3300 milliards de $
 
Pour mémoire : PIB total des USA = 13900 milliards.
 
Ce tableau montre un impact potentiel en terme de liquidités correspondant à plus de 20% du PIB US...cela ne signifie pas 20% de PIB en moins tout de suite évidemment, toutes ces liquidités ne partent pas à la consommation...mais il y a largement de quoi déclencher une puissante récession aux USA, se répandant ensuite à l'ensemble de l'Europe et même des pays émergents.

Les hypothèses de base qui ont servi à ce calcul n'ont rien d'exagéré ou de pessimistes : j'ai simplement supposé une baisse modérée de l'immobilier sur les années à venir, un retour progressif aux normales historiques pour le taux d'épargne et un ralentissement de la production de crédit (1500 milliards par an en moins, alors que la hausse actuelle dépasse 3000 milliards par an)
Ils ne prennent pas non plus en compte les pertes associées à l'installation d'une récession (baisse de revenus des ménages, faillites supplémentaires d'entreprises et de ménages associées au chômage...etc).

La réalité pourrait être nettement plus sévère encore que ce qui est décrit par les calculs avancés ici, notamment en cas de forte baisse de l'immobilier aux USA (rythme annuel à -10%/an ou plus).

par loïc abadie publié dans : économie générale
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