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Dimanche 11 mars 2007 7 11 03 2007 17:14

Même dans le monde immobilier les arbres ne montent pas jusqu'au ciel !

Les USA commencent actuellement à en faire l'expérience : un article de CNN en date du 8 mars montre que les prix baissent inexorablement depuis maintenant 6 mois, et qu'un tel mouvement n'avait pas été observé depuis 11 ans.

La baisse des prix est encore modérée (3% sur un an, mais déjà -8,5% par rapport au pic de juillet 2006)

Mais la situation du marché est nettement plus grave que cette baisse ne l'indique : les mises en chantiers (constructions de logements neufs) ont chuté de près de 40% en un an d'après ces données de la FED.

Plus grave encore, une vague de faillites est en cours d'installation parmi les ménages US les plus fragiles.

Ces faillites concernent actuellement un secteur particulier du marché : les "subprimes" (en gros, les ménages dont la capacité de remboursement est la plus faible) mais commencent à s'étendre vers des ménages moins fragiles (les "Alt-A"). Ces ménages à capacité de remboursement douteuse ont représenté environ 40% du marché immobilier en 2006 aux USA.

Même si nous ne sommes qu'au tout début du mouvement, il y a déjà des victimes de taille : La 3ème banque de prêts immobiliers à risque est quasiment en situation de faillite et 20 banques spécialisées dans les crédits à risques ont fait faillite ou sont en situation très difficile (source : bloomberg)

Cette vague de faillite aux USA qui concerne à la fois les emprunteurs et les prêteurs a une triple conséquence, désastreuse pour le marché immobilier US et l'économie en général :

a) le marché risque d'être inondé de biens mis en liquidation avec pour conséquence une accélération de la chute des prix.

b) Les banques vont fermer l'accès du crédit à un nombre croissant de ménages, il y aura donc moins d'acheteurs potentiels.

c) Les nouvelles de faillites qui se répandent dans l'opinion publique vont augmenter fortement la peur et la méfiance des investisseurs.

L'immobilier étant un des moteurs essentiels de la croissance US (dans sa forme actuelle), le retournement en cours aura des conséquences forcément très lourdes sur l'ensemble de l'économie.

 Pour finir, un graphique donnant le cours de l'indice des constructeurs de logements individuels aux USA.  Entre le plus haut à 1150 de la mi 2005 et aujourd'hui, la baisse des cours atteint déjà 44%. Visiblement le marché a déjà anticipé un puissant retournement de conjoncture sur l'immobilier.

 

Par loïc - Publié dans : immobilier
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Lundi 19 mars 2007 1 19 03 2007 13:10
Vous pensiez avoir assisté au pire avec les faillites actuelles dans le secteur des prêts à risque aux USA ?...le "meilleur" est en réalité à venir avec les prêts "neg-ams" et "interest only". Cette fois ce seront toutes les catégories d'emprunteurs qui seront concernés. Et l'impact sera encore bien plus fort.
 
Quelques explications :
 
Dans notre système bancaire "traditionnel", on rembourse un prêt de façon classique : à chaque mensualité, on paye une part d’intérêts et une part de capital, le capital restant du diminuant progressivement jusqu’au remboursement du prêt. 
 
Aux USA et dans certains autres pays, des prêts beaucoup plus "exotiques" ont été inventés, et sont de véritables bombes à retardement pour le système : les prêts « interest only » et les « neg-am ».
 
  • Les prêts « interest-only » sont des prêts ou on ne paie que les intérêts (donc sans rembourser le capital) pendant une période de quelques années. Comme les miracles ont une fin, vient un moment (au bout de 5 ans en général) ou il faut aussi rembourser le capital. Quand ce moment arrive, l’annuité augmente brutalement  et le pauvre emprunteur devra donc soit vendre sa maison, soit prendre un nouveau prêt (possible tant que l'immobilier monte), soit payer sa nouvelle annuité...chose qu'il sera en général incapable de faire.
 
  • Mais Il y a encore beaucoup mieux : Une partie des emprunteurs n'étant plus capables de rembourser les seuls intérêts de leur prêt, on a inventé à leur intention les "Neg-ams" (prêts à amortissement négatif).
Dans ce type de prêt, l’emprunteur a la possibilité de ne même plus rembourser la totalité des intérêts, il a juste une « mensualité minimum » à payer, d’un montant très faible. Exemples :
- 321 $ pour obtenir 100000$ chez Aimloan,
- 529$ pour obtenir 200000 $ chez 24/7… non vous ne rêvez pas !)
 
Comme il n’y a pas toujours pas de miracle, la part des intérêts non remboursés vient alors grossir le capital du et le prêt grossit « tout seul » au lieu d’être remboursé.
Tant que le montant du prêt à rembourser n’a pas augmenté au delà d’une limite fixée (en général 110 ou 115% du prêt initial) tout va bien et l'emprunteur coule des jours heureux et insouciants dans sa splendide maison.
Mais dès que cette limite est dépassée (en moyenne au bout de 3 ans),  la bombe à retardement se déclenche : le doux prêt "Neg-Am" est automatiquement transformé en prêt classique à taux variable.
Il faut rembourser les intérêts et le capital...Le pauvre emprunteur voit alors en l'espace d'un mois seulement sa mensualité multipliée d’un coup par 2 ou 3, n'a pas remboursé un centime sur son capital et doit même 10% de plus qu'au début du prêt).
A noter que le moment de cette "transformation" est totalement impossible à prévoir pour un particulier non expert, dépendant des marchés de taux d'intérêt et de calculs particulièrement complexes...
pour ceux qui en ont le courage, explications en anglais de "tanta" ici, (prévoir beaucoup d'aspirine avant lecture !). En tout cas l'emprunteur lambda n'a aucune chance de comprendre ce mécanisme !
 
Voici à titre d'exemple un tableau issu des simulations de la société « Aimloan.com »
 
Mois
Mensualité minimum
Capital restant du
1
321,64
100 000
13
345,76
102 725
25
371,69
106 501
35
371,69
110 343
36
889,70
110 259
 
Les mensualités augmentent d’abord au rythme de 7,5% par an…déjà pas mal mais ce n’est rien à coté de ce qui arrive au mois 36 : la mensualité passe de 371 à 889 $ d’un seul coup (et continue d’augmenter ensuite)…
 
Le plus grave de l'histoire est à venir :
 
Les prêts "neg-am" sont en effet autorisés par la banque sur la base des capacités de l’emprunteur à rembourser seulement la mensualité minimum de départ (321$ dans notre exemple). L'immense majorité de ces emprunteurs seront donc incapables de rembourser lors de la "transformation du prêt" :
Connaissez vous beaucoup de ménages capables de résister à une multiplication par 2,4 de leur mensualité en un mois ? Pas moi !
 
En situation de hausse de l’immobilier, tout se passe quand même bien : l’emprunteur garde son prêt uniquement pendant la période « remboursement minimum », revend sa maison au bout de 3 ans juste avant la « hausse brutale » (ou reprend un nouveau prêt si il pense que ça va encore monter), la plus value lui permet de rembourser son prêt et il pourra même en conserver une partie.
Il aura en prime profité de sa belle maison 3 ans en payant des mensualités très faibles, ou l’aura même loué plus cher que ses mensualités, retirant ainsi un bénéfice sans débourser un sou.
Un vrai conte de fées qui a séduit de très nombreux emprunteurs depuis 2004.
 
En situation de baisse (c’est le cas depuis juillet 2006 aux USA), le miracle tourne par contre au cauchemar :
En prenant un rythme de baisse à 8% par an (on en est déjà à –8% entre juillet 2006 et février 2007 aux USA, donc ce rythme a toutes les chances d’être dépassé), la maison de 100000$ ne vaudra plus que 77 868$ à la revente au bout de 3 ans.
Le prêt à rembourser lui par contre aura augmenté à 110000$ pendant le même temps.
Résultat : l’emprunteur se retrouve en faillite, sans logement, et avec une ardoise de 32 132$ (en supposant qu'il ait réussi à revendre sa maison). Et la banque se retrouve avec un client incapable de rembourser.
 

Cet exemple utilisait un petit prêt de 100 000 $. Dans la réalité, le montant des prêts immobiliers aux ménages est bien plus élevé et dépasse souvent 200 000 ou 300 000$.

Dans le prochain article nous verrons à quel point ces prêts sont répandus aux USA, les manipulations comptables qui leur sont associées dans le système bancaire et ce qu'il faut en attendre sur l'immobilier et l'économie en général.

Par loïc abadie - Publié dans : immobilier
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Mardi 20 mars 2007 2 20 03 2007 15:13

Des prêts neg-ams à profusion...

Dans l'article précédent, on a étudié le danger des prêts "neg-ams", qui appâtent le client à l'aide de "mensualités minimum" défiant toute concurrence, mais dont les mensualités font plus que doubler après la période "promotionnelle" de 3 ans environ.

Voici quelques statistiques récentes sur l'importance de ces prêts dans le système bancaire américain.

David Liu, spécialiste du crédit hypothécaire chez UBS estime que 40% des prêts supérieurs à 360 000$ contractés en 2005 aux USA sont des prêts de type « Neg-Am » (70% des emprunteurs choisissant l'option « paiement minimum » en 2005, 80% d'après les dernières études).
 
On est évidemment bien loin des 0,7% de prêts à problèmes décrits par les économistes optimistes.
 
Ce qui est très grave est que la capacité de remboursement et l'autorisation de crédit est calculée par les banques sur la base de ce paiement minimum : un emprunteur dont la capacité d'emprunt était de 200 000$ pour un prêt classique pourra ainsi se voir autorisé « miraculeusement » un crédit de 400 000$ qu'il sera évidemment totalement incapable de rembourser au delà de la période « remboursement minimum » quand le prêt sera transformé et que la mensualité sera multiplée par 2 ou 3
 
Selon cet autre article de businessweek, 389 milliards de $ de prêts « neg-am » ou « interest-only » ont été accordés en 2004 et 2005, les tendances de 2006 étaient estimées à plus de 300 nouveaux milliards de $.
 
Jusqu'ici ces prêts ont donné lieu à très peu de faillites : la majorité ayant été souscrite en 2004 et après, les emprunteurs sont encore dans la phase indolore de « mensualités minimum ».
A partir de 2007, les premières vagues « transformations de prêt » (le moment ou la mensualité est multipliée par 2 ou 3 instantanément) auront lieu, et le phénomène va s'accélérer en 2008 et 2009.
On aura alors une vague de faillites infiniment plus importante que la vague actuelle qui porte sur les seuls emprunteurs à haut-risque (subprime-loans). Cette fois même les emprunteurs qu'on croyait « sans risque » ("prime") ou « modérément à risque (« alt-A ») seront frappés, car les ménages capables de faire face à un doublement (ou un triplement) de leur mensualité ne courent pas vraiment les rues.
 
La nouvelle norme comptable internationale :
Les bénéfices fantômes.
 

Grâce aux prêts « Neg-Ams », les banques vont réaliser un tour de magie assez étonnant expliqué dans le même article de businessweek :
 
Elle sont en effet autorisées par les normes comptables en vigueur à faire comme si l'emprunteur choisissait l'option « remboursement maximum » pour calculer leurs bénéfices alors que 80% choisissent l'option « remboursement minimum » en attendant le « choc » associé à la transformation du prêt : une banque peut ainsi pour un prêt donné prendre en compte dans le calcul de son bénéfice 899$ de mensualités (remboursement maximum normal), même si l'emprunteur ne lui verse que 325$ (mensualité minimum).
 
Il y a ainsi des bénéfices « fantômes » qui sont publiés chaque trimestre dans les comptes de diverses banques, basés sur des remboursements imaginaires qui ne viendront jamais.
 
L'article de businessweek, donne ainsi l"exemple d"Harold, un citoyen touchant 1600 $ de revenus mensuels, a qui la société washington mutual a accordé un prêt pour une maison de 150 000$.
 
Harold n'a même pas les moyens de rembourser un prêt « interest only » c'est à dire de rembourser les seuls intérêts d'un prêt normal (1353$ / mois pour 1600$ de revenu).
Peu importe, la banque lui a quand même accordé un prêt « neg-am » débutant à 899$ (ce qui fait déjà 56% de son revenu), lequel neg-am étant destiné à faire plus que doubler 3 ans après le début du prêt. Harold sera évidemment incapable de faire quoi que ce soit avec ses 1600 $ de revenus.
 
Dans ses écritures comptables, la société « washington mutual » fait comme si Harold remboursait 1454$ chaque mois (option maximum du prêt « neg-am »), et a le droit de le faire selon les règles comptables actuelles, alors qu'elle ne reçoit que 899$ de la part d'Harold !
 
 
 Avec toute cette créativité financière, la déflation a de beaux jours devant elle !
Par loïc abadie - Publié dans : immobilier
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Samedi 24 mars 2007 6 24 03 2007 05:21

Voici les dernières statistiques officielles fournies par l’association des agents immobiliers

- Les ventes de logements existants sont passées de 6,44 millions d’unités en janvier à 6,69 millions d’unités en février, en grande partie à cause de facteurs saisonniers.
 
On voit sur le graphique de calculatedrisk que le nombre de ventes a baissé d’année en année (et encore, ces données datent d’avant la vague de faillite du secteur des prêts à risque, les contrats de vente ayant été signés en décembre/janvier).
 
Les stocks ont augmenté quand à eux de 5,9% en un mois et sont à des niveaux records pour un mois de février, 30% au dessus de son niveau de février 2006 et 60% au dessus du niveau de 2005 : de plus en plus de biens restent donc invendus, et les stocks s'accumulent.
 
 
Voici enfin le graphique du prix moyen des maisons sur les derniers mois.
 
 
 
Nous sommes dans une situation avec des stocks de maisons à vendre et non vendues en hausse régulière et constante, et des prix en baisse. Le tout alors que la vague de faillites du secteur des prêts à risque n’a pas encore produit ses effets (on les ressentira un peu à partir de mars, mais surtout à partir d’avril-mai).
Conclusion du représentant des agents immobiliers (dite avec le plus grand sérieux) : « Les fondamentaux du marché immobilier se sont améliorés et les acheteurs voient maintenant une opportunité avec les taux d’intérêt historiquement bas et les prix compétitifs offerts par les vendeurs »…Vit-il sur la même planète que nous ?
 
Le marché semble quand à lui avoir évalué « différemment ces derniers chiffres », puisque l’indice des constructeurs de maison a fini en nette baisse hier à Wall Street...
 
 
 
Par loïc abadie - Publié dans : immobilier
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Dimanche 25 mars 2007 7 25 03 2007 14:27
 
 
Vous pensiez que la récente vague de faillites avait refroidi les prêteurs…apparemment, non. Un petit tour chez une société de crédit immobilier (il en existe beaucoup du même type) spécialisée dans les prêts « neg-ams » : 24/7 Neg-Am loans.
 
Son nom « 24/7 » vient tout simplement du slogan de la firme : Disponible 24h sur 24 et 7 jours sur 7 pour vous prêter de l’argent. Comme on va le voir, elle est en effet très « disponible ».
 

 
Dès la page de une ça commence très fort :
« vous pouvez économiser des dizaines de milliers de $ par an en souscrivant un prêt « Neg-Am ». "obtenez 500 000$ » pour 1324$ par mois"…etc.
 
On ne parle évidemment pas de la transformation de ces prêts au bout de quelques années qui conduit à un doublement ou triplement instantané des mensualités…il ne faudrait quand même pas choquer le client ! (voir aussi l'article du blog sur les prêts neg-am)
 
Viennent ensuite les « propositions » du menu : (rubrique "loan programs" ce 24/7 Neg-Am loans)
 
-         prêts à 0%, 0,75%, 1%
-         prêts à 100% : Ce sont des prêts sur 30 ans sans apport personnel…jusqu’à 800 000$, vous pouvez d’ailleurs avoir un accord avec « des justificatifs réduits ».
-         Et pour les « vrais emprunteurs » qui veulent « envoyer du gros », on leur propose même un « super jumbo » jusqu’à 8 millions de $.
-         « no-cost loans » : des prêts qui ne coûtent rien (ils sont garantis par le père Noël)
 
Voici maintenant le must du programme : le « no-doc loan », dont voici le principe :
 
“It is an easy and convenient way to get a Neg Am loan. You can now leave the income, employment and assets section on the loan application completely blank. You will not have to send in any bank statements, W2 or 1099 forms or tax returns.”
 
Traduction : C’est une façon simple et pratique d’obtenir un prêt neg-Am. Vous n’avez pas besoin de fournir de renseignements sur vos revenus, votre emploi et votre patrimoine. Vous n’avez pas à fournir de renseignements bancaires et fiscaux.
Montants jusqu’à 1 millions de $. Bien adapté pour les acquisitions ou les refinancements.
 
Prêter 1 millions de $ sans aucun justificatif et sans aucun renseignement sur le client…Voilà une conception innovante du métier de banquier !
 
Comme l’a dit Greenspan en 2005, "les prêteurs sont  maintenant capables d'évaluer efficacement le risque".
On va d'ailleurs avoir dans les mois et années à venir un bel aperçu de leurs "capacités"...et de leurs effets sur l'économie générale !
 
Pour l'instant il y a dejà 44 disparus (au 25/3/07) dans l'univers des établissements de crédit immobilier aux US.
 
 
 
 
Par loïc abadie - Publié dans : immobilier
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Lundi 26 mars 2007 1 26 03 2007 17:31

Les statistiques tombées aujourd'hui sur les ventes de logement neufs aux USA sont assez édifiantes :

- Les ventes de logements neufs se sont inscrites à 848 000 unités en février 2007, soit une baisse de 18,3% par rapport au même mois en 2006. Les économistes attendaient 995 000 unités.

- Les logements invendus en février augmentent à 546.000 après 538.000 en janvier.  Le stock correspond ainsi à 8,1 mois de ventes. Ce stock d'invendus a atteint le plus haut niveau depuis 16 ans (1991, l'année de la précédente crise immobilière).

Signalons enfin que ces ventes ont eu lieu avant la vague de faillites dans le secteur subprime…la situation actuelle n'est ainsi qu'un modeste avant-goût de ce qui est à venir.

L'indice  des constructeurs (Home builders index) est (au moment de la rédaction de cet article) en baisse de 3% à la suite de cette nouvelle à Wall Street ce soir.

La France n'appartient pas à un univers parallèle et ne dispose pas de "bouclier anti-baisse" miraculeux. Que ce soit sur l'immo ou sur le reste de l'économie !

Tous les détails dans cet article de la Tribune.

 

Heureusement, le chef-économiste de l'association des agents immobiliers David Lereah a déclaré la semaine dernière "Les fondamentaux se sont améliorés sur le marché immobilier". Aurait-il suivi un stage au ministère irakien de l'information ?

Par loïc abadie - Publié dans : immobilier
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Mercredi 28 mars 2007 3 28 03 2007 10:52
Dans ce blog, c’est surtout la situation aux US qui est étudiée, parce que c’est le pays qui guide l’économie mondiale et qui imprime les tendances à l’Europe et la France : en prévoyant la situation des USA, on prévoit ce qui se passera en France 3 ou 4 trimestres plus tard…Ca n’empêche pas de jeter quand même un petit coup d’œil à ce qui se passe chez nous !
 
- Au niveau du crédit,
 
 D’après les données de la banque de France, les constatations sont globalement les mêmes qu’aux USA : la dette des ménages s’accroît à un rythme annuel égal ou supérieur à 10%/an depuis 2004 (tendance insoutenable sur le long terme qui conduirait à un doublement tous les 7 ans), et c’est en grande partie ce phénomène qui soutient artificiellement la croissance.
 

 
Une nuance quand même : le taux d’épargne qui reste assez élevé chez nous et des prêts beaucoup moins « exotiques » et moins risqués qu’aux USA.
 
-Au niveau de l'immobilier maintenant :
 
  la bulle est tout aussi réelle qu’aux USA comme le montre ce graphique de Jacques Friggit. On peut voir que la bulle actuelle est nettement plus importante que celle de 1991. 
 
Comparée à celle des USA, la hausse en France a même été encore plus importante, et notre pays se situe dans le peloton de tête européen (juste derrière l’Espagne et la Grande-Bretagne). 
 ce graphique issu du site de Nouriel Roubini  montre l'ampleur de la hausse dans notre pays.
 
ainsi que cette autre étude comparative entre pays :
 
 
Remarque importante : ces graphiques datent de début 2005, les prix actuels ont encore augmenté fortement depuis cette période, et l'écart avec les Etats-Unis s'est un peu renforcé (la hausse a continué en 2006 en Europe alors qu'elle a été remplacée par la baisse aux USA).
 
Si on analyse maintenant les dernières tendances du marché immobilier, il y a des signes de retournement clairs ces derniers mois, mais le cycle semble en retard d’environ 1 an par rapport aux USA : On est actuellement encore dans la phase de « plateau », alors qu’aux USA la baisse est maintenant bien engagée :
 
Pendant cette phase de plateau ; les acheteurs se font de plus en plus rares, mais les vendeurs essaient encore de maintenir ou de monter un peu leurs prix. on observe alors un gonflement des stocks (les acheteurs étant moins nombreux), et une stabilisation des prix.
 
Voici les dernières données chiffrées du marché :
 
-         D’abord l'indice "boursopap" du prix des appartements, édité par boursorama  qui montre bien la stabilisation en cours. On ne peut pas encore parler de baisse franche.
 
 
 
-         Les stocks de logements neufs à vendre sont en hausse à 79000 unités, leur plus haut niveau depuis 1995
 
-         Les stocks d’appartements disponibles ont augmenté de 50% sur 1 an et celui des maisons à vendre a augmenté de 36% sur un an.
 
 
Les mises en chantier sont en baisse de 15,1% et les permis de construire en baisse de 4,4% en glissement annuel. Sur les derniers mois, la baisse est plus importante.
 
 
 
Conclusion :
Malgré des différences « culturelles » (principalement au niveau des pratiques de crédit), les mécanismes en jeu (bulle de crédit, bulle immobilière et bulle d’actifs générale) sont les mêmes aux USA et en France. Ils devraient donc produire les même effets avec un décalage de 3-4 trimestres (récession plutôt à partir de fin 2007 aux USA, et plutôt à partir du 2ème semestre 2008 en France).
 
La crise pouvant être légèrement atténuée en France par la meilleure situation financière des ménages (épargne plus forte, pratiques de crédit moins « à risque »).
 
 
 
Par loïc abadie - Publié dans : immobilier
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Mercredi 11 avril 2007 3 11 04 2007 17:09

Malgré les apparences et la hausse des marchés actions, la situation continue de se dégrader sur le front des prêts immobiliers US :

Les défauts d'emprunteurs ont encore augmenté au cours du 1er trimestre 2007, dépassant les plus hauts niveaux de la récession de 2001 :

source

Une récente enquête confirme cette tendance dans les grandes villes pour le 1er trimestre 2007, avec des hausses de saisies immobilières de 31%  à Miami, 56% à New-York et 24% à Los Angeles

source

L'indice des constructeurs de logements (home builders index) n'a d'ailleurs pratiquement pas suivi le récent rebond des indices généraux, et cote ce soir entre 590 et 595.

 

 

Par loïc abadie - Publié dans : immobilier
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Jeudi 26 juillet 2007 4 26 07 2007 16:46
Voici quelques informations sur les dernières données de l'immobilier US (juin)

- Les ventes de maisons anciennes ont à nouveau nettement reculé en juin à 5,75 millions en rythme annualisé corrigé des variations saisonnières (-11,4% par rapport à juin 2006), avec des stocks de biens à vendre qui se maintiennent à 8,8 mois. Le prix médian est quand à lui quasi-stationnaire par rapport à juin 2006 (+0,2%)

Le communiqué complet de l'association des agents immobiliers : 

http://www.realtor.org/press_room/news_releases/2007/ehs_june07_prices_rise.html

- Les ventes de maisons neuves ont quand à elles fortement baissé en juin (-22,3% par rapport à juin 2006 et -6,6% sur un seul mois par rapport à mai 2007.). 
Le 2ème trimestre et le mois de juin en particulier constitue habituellement la période la plus active de l'année. 
Peu d'évolution sur les prix, le prix médian s'inscrit en légère baisse (-2,5%) par rapport à juin 2006, mais le prix moyen est en légère hausse.
Conséquences de ces ventes particulièrement faibles, les stocks s'accumulent, avec 7,8 mois en juin 2007 contre 6,4 mois en juin 2006 (+21,9%)

Le tableau complet du census bureau ici :
http://www.census.gov/const/newressales.xls

Un graphique pour mieux comprendre l'ampleur de la chute en cours sur le marché de l'immobilier neuf aux USA (données du census bureau).

immoneuf-copie-1.jpg


En Californie, les saisies immobilières ont atteint un plus haut sur 11 ans au 2ème trimestre, avec une hausse de 156% sur un an, selon un article de mercury news.

Dans le même temps l'indice des constructeurs de maisons a fortement chuté, et cote actuellement aux environs de 460 points (il était à plus de 1100 en août 2005). Graphique de marketwatch.

A l'heure ou je rédige cet article, le Dow perd 1,37%, le CAC 2,56% et l'indice HUI des mines d'or recule dans le même temps de 3,6%...encore un avertissement sans trop de frais (pour le moment) qui nous montre que l'or (ou les mines d'or) ne sera pas une valeur refuge quand la vraie baisse se déclenchera.

Quand une bulle de crédit implose, aucun actif n'est épargné...


Par loïc abadie - Publié dans : immobilier
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Mercredi 12 septembre 2007 3 12 09 2007 19:36
L'impact de la crise des dérivés de crédit de juillet - août sur le marché du crédit hypothécaire, et sur l'immobilier US commence à produire ses premiers effets...et ceux-ci semblent assez spectaculaires.

Un premier avertissement avait été donné le 5 septembre avec la
publication par l'association des agents immobiliers US du chiffre des promesses de vente de juillet, en baisse de 12% par rapport à juin et de 16% sur une base annuelle.

Deuxième signe : la publication des chiffres de vente de logements sur la région de Los Angeles en août, avec un effondrement des ventes de 25% en un mois et de 50% par rapport au même mois de 2006.
Article du Los Angeles Journal

Enfin, l'association "inside mortgage finance" vient de publier une étude sur l'ensemble des Etats-Unis, montrant une chute de 30% de la production de nouveaux prêts hypothécaires par rapport à août 2006.
Et précise que même les prêts de la catégorie "prime" (la catégorie d'emprunteurs la plus solide) sont concernés.

La restriction en cours de l'accès au crédit semble donc avoir déjà de grosses conséquences sur l'immobilier, qui était déjà engagé dans une récession depuis plusieurs mois.

Les prochains chiffres importants sur l'immobilier aux USA, pour une fin septembre/ début octobre à hauts risques sur les marchés :


- 25/9 : vente de logements anciens (août)
- 27/9 : vente de logements neufs (août)
- 2/10 : promesses de vente, logements anciens (août)
Par loïc abadie - Publié dans : immobilier
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