Visite guidée d’une société de crédit américaine

Publié le par loïc abadie

 
 
Vous pensiez que la récente vague de faillites avait refroidi les prêteurs…apparemment, non. Un petit tour chez une société de crédit immobilier (il en existe beaucoup du même type) spécialisée dans les prêts « neg-ams » : 24/7 Neg-Am loans.
 
Son nom « 24/7 » vient tout simplement du slogan de la firme : Disponible 24h sur 24 et 7 jours sur 7 pour vous prêter de l’argent. Comme on va le voir, elle est en effet très « disponible ».
 

 
Dès la page de une ça commence très fort :
« vous pouvez économiser des dizaines de milliers de $ par an en souscrivant un prêt « Neg-Am ». "obtenez 500 000$ » pour 1324$ par mois"…etc.
 
On ne parle évidemment pas de la transformation de ces prêts au bout de quelques années qui conduit à un doublement ou triplement instantané des mensualités…il ne faudrait quand même pas choquer le client ! (voir aussi l'article du blog sur les prêts neg-am)
 
Viennent ensuite les « propositions » du menu : (rubrique "loan programs" ce 24/7 Neg-Am loans)
 
-         prêts à 0%, 0,75%, 1%
-         prêts à 100% : Ce sont des prêts sur 30 ans sans apport personnel…jusqu’à 800 000$, vous pouvez d’ailleurs avoir un accord avec « des justificatifs réduits ».
-         Et pour les « vrais emprunteurs » qui veulent « envoyer du gros », on leur propose même un « super jumbo » jusqu’à 8 millions de $.
-         « no-cost loans » : des prêts qui ne coûtent rien (ils sont garantis par le père Noël)
 
Voici maintenant le must du programme : le « no-doc loan », dont voici le principe :
 
“It is an easy and convenient way to get a Neg Am loan. You can now leave the income, employment and assets section on the loan application completely blank. You will not have to send in any bank statements, W2 or 1099 forms or tax returns.”
 
Traduction : C’est une façon simple et pratique d’obtenir un prêt neg-Am. Vous n’avez pas besoin de fournir de renseignements sur vos revenus, votre emploi et votre patrimoine. Vous n’avez pas à fournir de renseignements bancaires et fiscaux.
Montants jusqu’à 1 millions de $. Bien adapté pour les acquisitions ou les refinancements.
 
Prêter 1 millions de $ sans aucun justificatif et sans aucun renseignement sur le client…Voilà une conception innovante du métier de banquier !
 
Comme l’a dit Greenspan en 2005, "les prêteurs sont  maintenant capables d'évaluer efficacement le risque".
On va d'ailleurs avoir dans les mois et années à venir un bel aperçu de leurs "capacités"...et de leurs effets sur l'économie générale !
 
Pour l'instant il y a dejà 44 disparus (au 25/3/07) dans l'univers des établissements de crédit immobilier aux US.
 
 
 
 

Publié dans immobilier

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Teuteu 20/04/2007 18:57

Une question un peu naïve me taraude, que se passe-t-il pour tous les clients des sociétés de crédit qui ont fait faillites ? Que deviennent tous ces emprunts ? La dette des clients s'efface-t-elle miraculeusement ? Ou bien doivent-t-ils continuer à rembourser (en admettant qu'ils le puissent) à une banque qui prendrait le relais?

loïc abadie 21/04/2007 18:57

Pour ces clients, rien ne change évidemment (ce serait trop beau !), leurs dettes et hypothèquesseront simplement reprises par les repreneurs éventuels de la société en faillite (ou les liquidateurs les revendront à d'autres banques)

laurent 03/04/2007 18:12

"Et nous pouvons nous rendre rapidement (en 5 à 10 ans) indépendants énergétiquement du moyen-orient sans gros inconvénients économiques (via la transformation du charbon en pétrole). Donc dans l'hypothèse (improbable à mon avis) d'un conflit généralisé, le rapport de forces serait très favorable à l'occident !"
 
Loic, je vous invite à approfondir la question du CTL. En effet, auj il n'y a que quelques usines en projet car il faut 4/5 ans pour monter de tels projets, ils reviennent extrèmement cher ( plusieurs milliards de $ pour des productions trés faibles de lordre de 20000/30000 barils par jour, les coûts environnementaux sont énormes et surtout deux facteurs limitent leur expansion:
-il faut une qualité spécifique de charbon
-Et surtout il faut énormément de gaz..pour transformer ce charbon. Or, le gaz, nous avons pas tant de gaz que cela et surtout, il est svt situé dans les mêmes zônes instables ( moyen orient). Le gaz n'est pas transportable auj cad que les marchés sont essentiellement régionaux. Le seul moyen de le transporter sur longue distance est de le transformer en LNG mais les usines de LNG coûtent aussi des milliards et mettent de trés nbses années à sortir de terre.
Pour avoir bien étudier la question, le seul moyen pour l'occident de réduire sa dépendance, c'est de détruire la demande. Or, nous consommons auj 85 millions de barils/jour dans le monde et les chinois mettent à eux seuls plusieurs millions de véhicules sur le marché/an...
Bref, pas de miracles et pas de substitution de masse en vue.
Bonne continuation

loïc abadie 04/04/2007 08:33

Bonjour Laurent, j'ai répondu (comme il y avait pas mal de demandes sur le sujet de l'énergie) à travers deux articles.
Sur le CTL,
- Il ne nécessite pas de gaz naturel (le gaz peut effectivement être utilisé en mat 1ère "gas to liquid", mais n'est pas nécessaire à la réaction de Fischer-Tropsch). Sasol sait très bien faire avec du charbon seul.
- La lignite (sub-bituminous coal) est plus rentable (et présente en abondance sur tous les continents), mais tous les types de charbons sont utilisables.
- Les coûts de production (30-40$/baril capex compris avec la lignite, 40-50$ avec les autres charbons type houille) rendent la technique viable à grande échelle au prix actuel du baril. Les capex sont de l'ordre de 50000 à 70 000 $/bpj selon les projets, niveau qui rend les projets très rentables au cours actuel du baril.
- Sur les aspects environnementaux (rejets de CO2), ils sont très réels, mais ne pèseront (malheureusement sans doute) pas lourd dans un contexte de hausse de la demande (après la crise seulement) drivée par la chine et l'inde, surtout que le CTL offre une solution facile et bon marché.
 

ngu yen 26/03/2007 22:31

Bonjour Loic ABADIE,
Tu as raison j'aurais du préciser que c'est le modèle néo-libéral qui est en cause.Le danger de la défaite de la démocratie existe, en Occident c'est la dérive du nationalisme exacerbé contre les gens issus de l'émigration et qui refusent de s'intégrer qui sera la cause.La révolution islamique est en marche, c'est la civilisation dont la démographie est la plus expansive actuellement . Dans l'immédiat il n'y aura pas de guerre car le rapport de puissance lui est défavorable mais on sape l'espoir des pauvres du monde d'entier envers le modèle occidental, on raffermit son prope peuple , on se développe dans un modèle totalitaire et on attend la décadence des autres ... Si je suis stratège islamique je dresserai un plan sur 100 ans.

Remy 26/03/2007 20:59

Bien sur , cela reste une opinion ;)
 

ngu yen 25/03/2007 20:25

On est en pleine folie , comme en 1920 's . Et il n'y a pas que les USA !La dette privée anglaise, la dette publique française, les dettes nipponnes, les mauvais prets chinois ... ça c'est une bombe atomique .Apres ce sera la révolte des petits gens et la révolution mondiale islamique .Le modèle économique libérale va entrainer le modèle démocratique dans la boue (comme après la chute de l'URSS on a confondu la victoire du modèle libéral avec celle du modèle démocratique). 
 

loïc abadie 26/03/2007 15:30

Bonjour Ngu Yen, le libéralisme est pour moi accusé à tort dans cette affaire !
Etre libéral ne signifie pas être pour la croissance anarchique de la dette. Le grand économiste libéral Friedrich Hayek avait d’ailleurs dénoncé en son temps une dérive similaire avant la crise de 1929.
En fait, la part d’intervention de l’état dans l’économie a même massivement augmenté au cours des dernières décennies, comme le montrent ces différents graphiques.
http://mwhodges.home.att.net/piechart.htm
Et la même remarque peut être faite pour la France.
 
 

Ce sont les pouvoirs publics et les dirigeants politiques qui ont tout fait depuis 25 ans pour « stimuler » autant que possible la consommation par le crédit :
-         Via les banques centrales qui ont entretenu des taux artificiellement bas.
-         Des lois incitatives pour faciliter le crédit.
-         La création d’organismes parapublics style Fannie Mae charger de développer massivement le crédit hypothécaire.
-         Diverses subventions d’« état-providence » non financées et basées sur la dette publique.

Les responsables de la situation actuelle sont finalement des politiques néo-keynésiennes qui n’ont rien à voir avec le libéralisme traditionnel, qui est très méfiant vis à vis de la dette. Les déclarations de Hayek sont très claires là dessus !
Maintenant, même si je suis personnellement libéral, c'est à dire contre une forte intervention de l'état dans l'économie (surtout quand elle va dans le sens de l'incitation à s'endetter toujours plus), je reconnais qu'il existe quelques (rares) modèles mixtes socio-démocrates qui fonctionnent bien (au prix d'un taux de chômage assez élevé quand même) : le meilleur exemple est la Finlande.
Les modèles socialistes purs ont par contre été un échec total et ont tous débouché sur des dictatures aussi horribles que les dictatures nazies.

Du point de vue d’un dirigeant politique, cette stratégie "fuite en avant" peut se comprendre : Quand le cycle économique touche à sa fin, il est tentant de relancer artificiellement la machine par la dette, en utilisant si nécessaire les moyens de l’état : cela permet quelques années de tranquillité supplémentaires et aide à la réélection.
L’optimisme extrême qui règne à la fin d’un long cycle de croissance conduit aussi les dirigeants à se croire « tout-puissants », c’est à dire qu’ils pensent pouvoir maîtriser indéfiniment la croissance anarchique de la dette qu’ils ont installé et qu’ils pourront ainsi installer une « ère nouvelle » où les crises auront disparu. C’est toujours en fin de cycle sous l’influence d’une psychologie des foules euphorique que les dirigeants font sauter tous les « garde-fous » chargés de contenir les bulles financières.
 On est ainsi en train de transformer ainsi une petite crise (qui aurait du se produire au début des années 1990) en une crise géante 15 ans plus tard.

Pour le reste (démocratie en danger) tu as malheureusement raison (voir rubrique psychologie des foules du blog)...espérons quand même que le niveau d'instruction actuel des pays occidentaux empêchera la répétition des dérives de la période 1929-1945.
Sur la révolution islamique, ils (pays islamiques style iran) n'ont pas les moyens de nous attaquer. Ils auraient face à eux non seulement le bloc occidental, mais aussi la Chine et l'Inde qui n'ont aucune envie d'"expérimenter" la révolution islamique. Sans oublier que leur seule réelle source de financement, c'est nous (via le pétrole) !
Et nous pouvons nous rendre rapidement (en 5 à 10 ans) indépendants énergétiquement du moyen-orient sans gros inconvénients économiques (via la transformation du charbon en pétrole). Donc dans l'hypothèse (improbable à mon avis) d'un conflit généralisé, le rapport de forces serait très favorable à l'occident !
Par contre, sans qu'il y ait de conflit mondial, une "explosion" des antagonismes religieux au sein de pays où plusieurs religions cohabitent est tout à fait possible dans un contexte de forte crise économique !