inflation ou déflation ?

Publié le par loïc

Inflation ou déflation ?

L'inflation est une phase du cycle économique pendant laquelle les prix des biens de consommation et les salaires augmentent rapidement (la monnaie papier perd de sa valeur). Les taux d'intérêt sont élevés.

 La déflation est l'inverse de l'inflation. Elle est plus rarement observée et pendant une phase de déflation, on observe une baisse des prix générale, une chute des salaires. Cette situation est associée en général à une crise économique (chute de la consommation, chômage élevé, liquididation des dettes en excès). La dernière grande vague de déflation a été observée pendant la crise de 1929 (1929 à 1933).


Pendant une phase de déflation, la monnaie papier prend curieusement de la valeur (comme les prix baissent, on peut acheter de plus en plus de choses avec un euro ou un dollar). Celui qui garde son cash sans rien faire s?enrichit donc paradoxalement sans rien faire !

La partie économie générale du site montre pourquoi une crise économique est inévitable et qu'elle est sur le point de se produire. A cause de la quantité bien trop importante de dette présente dans le système.

Actuellement les économistes pessimistes sont rares (voir la partie « psychologie des foules » pour une explication), et les quelques uns qui le sont pensent majoritairement que c'est l'inflation qu'il faut craindre.

 

Leur raisonnement est à priori logique et simple : puisqu'il y a trop de dettes, les gouvernements vont dévaluer leur monnaie et se lancer dans une politique inflationniste pour « gommer » la dette (si la monnaie est dévaluée de 50%, il y a aussi 50% de dettes en moins à rembourser).

Mais il y a un gros problème avec cette théorie : la montagne de dette privée accumulée !

Dans la situation actuelle, pour retrouver un niveau acceptable (dette globale sous les 200% du PIB ), il faudrait 7 ans d'hyperinflation à 10% ou 5 ans à 15%.

Tout gouvernement qui choisirait sa politique verrait dès la 1ère année les taux d'intérêt flamber à 15% et plus (les investisseurs n'ayant plus confiance dans une monnaie qui se dévalue exigent des taux très élevés).

Tous les ménages ayant souscrit des prêts à taux variable (plus de 40% aux USA) seraient alors pris à la gorge et mis en faillite. Et pour les autres, impossible de souscrire des nouveaux emprunts à des taux aussi élevés.

 

Résultat immédiat de cette politique : une vague de faillite, un chômage qui exploserait et un effondrement de la consommation. On assisterait alors à une baisse des prix, des salaires, c'est à dire tout le contraire de l'inflation. Le pays se trouverait en situation de récession/déflation bien avant que l'inflation n'ait eu le temps d'agir.

 

Ce que nous avons à craindre est donc l'arrivée d'une crise déflationniste du même type que celle de 1929-1932, certainement pas de l'inflation !

 

 

L'exemple du Japon est caractéristique, ce pays a subi une crise au début des années 90, et subit un épisode de déflation (très modéré et bénin) depuis 15 ans, malgré toutes les tentatives des différents gouvernements qui se sont succédés. Le déclencheur de cette situation a été un « crédit crunch » (implosion d'une bulle de dette privée) qui a été très atténué grâce à la croissance du reste du monde.

 

 

Face à une bulle de dette privée, tout ce qu'un gouvernement peut faire est de « maintenir » la bulle aussi longtemps que possible pour reporter le problème sur les successeurs (et assurer ainsi sa réélection). Mais un moment arrive ou la bulle ne peut plus être maintenue (2007 sera probablement ce moment). Et à ce moment la déflation arrive !

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FrédéricLN 13/05/2010 18:37



Bonjour ; découvert trop tardivement, votre blog reste admirable de rigueur et de bon sens. Résider à 12000 km "des marchés", est-ce l'astuce pour voir clair dans leur aveuglement collectif
(bullish) ?


Nous voilà (pour la BCE) dans la situation étudiée par votre commentaire du 17/08/2007 à 17h37 


Je partage, à première vue (et en
non-professionnel), la perspective de ce commentaire. Mais avec 3 ans de recul, l'amenderiez-vous ?



benaordure 01/12/2009 19:25


Je voudrais apporter une petite correction de terme  qui peut préter à confusion pour ceux qui vous lirez trop rapidement sans faire la part des choses. Dans
votre texte vous employez le mot "hyperinflation" :

"Dans la situation actuelle, pour retrouver un niveau acceptable (dette globale sous les 200% du PIB ), il faudrait 7 ans d'hyperinflation à 10% ou 5 ans à 15%."

Or voici  la définition de wikipédia :"L'hyperinflation est une inflation extrêmement élevée échappant
à tout contrôle. Elle entraîne en général une forte récession économique. Phillip Cagan la définit en 1956 comme une
période durant laquelle le niveau d'inflation se maintient au-dessus de 50% par mois."

Ou encore :
"hyperinflation definition




economic inflation that is particularly severe or extensive"

Selon http://www.yourdictionary.com/hyperinflation

Pour moi l'hyperinflation c'est l'allemagne de Weimar, le Zimbabwe mais pas un taux de 10-15%/an comme on l'a connu en France il y a quelques années.

Je pense donc que vous souhaitiez employer le mot "inflation" plutôt qu"hyperinflation".





Lorianne 25/11/2009 16:52


Bravo, tu as su prévoir la crise que l'on subit actuellement!


ABC 17/08/2007 15:41

 Je comprends pas une chose. Tu dis que si la FED veut réduire la dette , elle va laisser se dévaluer la monnaie. Qu'est ce qui te pousse à dire que les taux grimperaient à 10% ?  

loïc abadie 17/08/2007 17:37

La réponse est simple : si la FED laisse se dévaluer la monnaie ou imprime des billets "anarchiquement", les investisseurs perdront confiance et exigeront des taux d'intérêt bien plus élevés (au moins pour compenser l'inflation)...Effet immédiat : étrangler financièrement toute la masse de ménages qui ont souscrit des emprunts à taux variables, et couper l'accès au crédit à tous les autres.Ama ça ne ferait que précipiter l'implosion de la bulle de dette privée, donc la déflation.

gadenne 12/03/2007 14:01

Bravo pour le site.Bear convaincu depuis janvier après avoir hésité pendant près de quatre mois, je suis heureux de voir apparaitre ce blog.J'espere qu'il sera utile aux investisseurs avertis. Avez-vous des idées pour jouer le marché US en bear depuis un broker français ?Client de boursorama, je n'ai trouvé aucun produit réellement adapté dans l'offre-produit en dehors de produits indexés sur les indices (DOW et NAS). Je souhaite shorter ce marché de manière plus ciblée.

loïc abadie 13/03/2007 05:00

Oui ce n'est pas facile depuis la France. Il y a pas mal de puts sur actions étrangères (google, yahoo, amzn et autres), mais pour moi la volatilité implicite les rend moins intéressants que les options sur indices.
Sinon la solution est d'ouvrir un compte chez un broker US (comme E-Trade). Mais il faut avoir confiance dans la capacité de ces brokers à résister en cas de gros krach...comme je ne la connais pas je préfère éviter !
Perso comme je suis plutôt orienté moyen-LT, donc j'en reste surtout au tracker BX4 sur le CAC qui est le support "idéal" pour mon profil d'investissement. Le CAC est de toutes façons complètement corrélé aux US pour tous les mouvements importants.