ralentissement et contraction du crédit : actualisation

Publié le par loïc abadie

La variation de l'encours de crédit auprès des banques commerciales US vient de devenir négative en rythme trimestriel pour la première fois depuis la fin 2003. C'est un fait important, qui confirme ce que j'avais annoncé précédemment, à savoir que les mesures de baisse de taux et de soutien de la FED ne suffiraient cette fois pas à relancer la machine du crédit, à cause de la dégradation du marché immobilier et des restrictions des conditions de crédit que les banques sont obligées de réaliser.



Les statistiques détaillées Z1 de la FED du 1er trimestre montraient déjà un ralentissement très marqué de la croissance de la dette des ménages :
3,5% seulement en rythme annuel au T1 2008, contre 10,2% en 2006 et 6,8% en 2007.
Mais depuis mars 2008, la tendance s'accélère visiblement, et c'est une vraie contraction du crédit qui commence à se profiler.

Les 4000 milliards d'accroissement annuels de la dette US qui ont nourri la croissance des USA ces dernières années sont en train de disparaître sous nos yeux...et si la tendance se poursuit, la contraction du crédit génèrera au contraire un "gouffre" aspirant les liquidités et les capacités de reprise de l'économie.

Toujours sur le 1er trimestre 2008, signalons le point de calculated risk sur le MEW (mortgage equity withdrawal), qui représente la part de liquidités que les ménages retirent de leur emprunt hypothécaire et qui leur fournit une source de "revenus" artificiels pour pouvoir consommer.
Là aussi la source se tarit à grande vitesse, puisqu'elle a été divisée par 4 à 51,2 milliards de $ contre plus de 200 milliards / trimestre au cours de l'année 2006.
Si la tendance se poursuit, la source deviendra un autre "aspirateur" à liquidités : le MEW deviendra négatif parce que les ménages se désendetteront...et cela fera autant en moins pour la consommation !

Au vu de ces dernières évolution sur le crédit, il y a de solides éléments en faveur d'une aggravation de la crise économique, aussi bien aux USA qu'en Europe...Pour moi, le "pire de la crise" n'est pas derrière nous, loin de là !

Publié dans économie générale

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truc 24/06/2008 20:11

Un peu plus d'eau au moulin...http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2092

Méo 23/06/2008 12:29

COMBIEN DE TEMPS PEUT VIVRE UNE BANQUE SANS OXYGENE ?C'est la réflexion que je me faisais en regardant les cours des bancaires qui ont perdu pour certaines 90% de leur valorisation depuis un bout de temps maintenant (IKB, Citigroup, Countrywide, 60% pour la Société Générale. ......), idem pour les monolines AMBAC et MBIA...Une banque sans liquidité boursière et pleine de clients ruinés qui ne peuvent rembourser leurs prêts subprime, c'est une banque qui ne peut pas payer ses clients dès lors qu'ils souhaitent sortir tout ou partie de leurs avoirs... à moins que les banques centrales n'alimente le trou sans fond... Ainsi que les "fonds souverains"...Le pronostique vital du patient est-il engagé ? Tout cela me laisse très perplexe.

plume 22/06/2008 22:04

"Commodity Snatchers" Steve hanke 06.30.08 www.forbes.com

plume 21/06/2008 14:39

Si les bureaucrates ne se mêlaient pas du prix du pétrole et du riz, le monde tournerait certainement mieux! "voir "commodity snatchers" forbes.com

plume 18/06/2008 21:28

Ce qui me préoccupe le plus c'est l'eurozone, j'ai l'impression que nous allons vers un suicide collectif ! il va falloir faire face : au problème des retraites, la récession, une montée de l'inflation sur l'énergie et les produits alimentaires, des révoltes se produiront inévitablement en egypte, Maroc, Tunisie et chez nous! quant au dollar, il sera toujours temps de relever les taux d'intérêt après les élections, comme nous payons l'énergie en $ je vous laisse imaginer la suite..sans compter que ds la zone euro, est-ce que nous allons devoir payer pour un pays qui sera en faillite ?