Comme chacun le sait, nous sommes actuellement dans une période censée être "fantastique" pour l'or, qui ne cesse de progresser, et qui est considéré par
beaucoup comme une "excellente valeur refuge".
Nombreux sont donc ceux qui conseillent d'investir sur les mines d'or dont le cours serait en train de crever tous les plafonds pour se diriger prochainement vers
la stratosphère puis échapper ensuite à la gravitation terrestre.
Seul petit grain de sable dans ce monde merveilleux : le cours de l'or et des indices miniers est publié en $, monnaie qui a subi une baisse importante
face à l'euro.
Exprimé en euro (monnaie de base pour beaucoup de lecteurs de ce blog), la réalité est un peu "différente".
Le graphique ci-dessous montre l'évolution de l'indice HUI (panier international regroupant les principales mines d'or non hedgées) exprimé en euros.
Pour l'investisseur européen qui a choisi d'investir son argent en mines d'or il y a 2 ans, cette décision s'est soldée
pour le moment par une perte moyenne de 9 à 10% (en monnaie courante) ou 14-15% en tenant compte de l'inflation. Bien sur, certaines mines ont mieux réussi que d'autres, mais en moyenne, leur
performance a été assez mauvaise.
J'ai eu l'occasion d'exprimer à plusieurs reprises dans ce blog ma grande méfiance vis à vis des mines d'or, et la situation actuelle semble pour le moment confirmer mes craintes
:
Malgré un contexte théoriquement porteur, les mines sont loin d'avoir profité pleinement de la hausse de l'or, à cause de la hausse du prix de l'énergie et des coûts de production et à cause de
la baisse du $ face à de nombreuses monnaies.
Si en plus le contexte devait changer (comme je le pense) et évoluer d'une situation modérément inflationniste à une forte récession
(déflationniste), inutile de dire que la situation deviendra critique pour le cours des mines d'or.
Même si il reste quelques % de marge à la hausse pour le rebond en cours, dans un scénario baissier et si la crise se déroule comme attendu, nous ne sommes
sans doute plus très loin de la fin de ce rebond.
Sur le CAC40 et l'Eurostoxx, des figures "épaule-tête-épaule" de grande ampleur semblent en préparation :
Un échec du rebond aux environs de 5100-5200 sur le CAC et de 3900 sur l'Eurostoxx permettrait la poursuite et l'amplification de la baisse des marchés, avec
des objectifs de 2700 sur le CAC et 2250 sur l'eurostoxx (pour commencer). La dernière phase de rebond sur le CAC s'est faite avec des volumes en
baisse, un élément supplémentaire en faveur de l'essouflement à venir du rebond.
On n'ira pas en ligne droite et d'un coup sur ces niveaux, évidemment, mais ce sont quand même des objectifs à avoir en tête pour l'étape suivante du marché baissier en cours...
A plus long terme, il n'y a aucune raison, vu l'ampleur de la crise actuelle pour que les points bas de 2002-2003 ne soient pas cassés à la baisse, vu que toute la croissance enregistrée depuis
2002 a été générée artificiellement par une bulle de crédit.

(on notera la tendance baissière sur le RSI, et le fait que les excès baissiers récents sont totalement corrigés sur cet oscillateur, laissant la place possible à une nouvelle vague de
baisse).
Du coté des autres places, le Dow Jones et le Nikkei s'approchent également à grand pas de résistances importantes (le Dow est déjà au contact de sa moyenne mobile 30 semaines, et s'apprête à
rencontrer une résistance à 13000 points).
Le Nikkei se dirige également vers une zone de résistance clé entre 14000 et 14500 points.
Pour tous ceux qui pensent que la crise actuelle n'est pas un petit "hoquet" passager dans la croissance, la période
actuelle semble donc idéale pour sortir du marché pour les retardataires, et commencer à reprendre des positions baissières pour les spéculateurs. (Même si les marchés ont encore quelques
% de marge à la hausse, et que les "puristes" pourront attendre au moins les 5100 sur le CAC avant de se lancer).
coté psychologie des foules, on notera que l'indice de volatilité VIX est revenu à
des niveaux bas (largement sous les MM150 et 200) et touche sa bollinger inférieure.
Dans un contexte général de marché baissier, c'est le signe que l'anxiété des acteurs a beaucoup diminué, et qu'un point haut intermédiaire est en train de se mettre en place.
par loïc abadie
publié dans :
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