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Vendredi 21 septembre 2007
La FED a comme prévu baissé son taux directeur de 0,5%, et a ainsi désigné clairement la menace qu’elle imagine pouvoir contrôler : l’implosion de la bulle de crédit et la déflation.
L’efficacité des baisses de taux en situation de credit crunch est nulle, l’exemple du Japon et des USA l’ont montré…mais les marchés (pour le moment) semblent avoir une confiance énorme dans le « pouvoir » de la FED. Au point que certains imaginent même qu’elle puisse « trop bien » réussir en créant une « hyperinflation ».
 
Pourtant, tout cela a déjà été réalisé au Japon, en version encore « plus énergique », avec des taux abaissés sous les 0,5%, des relances keynésiennes qui ont fait flamber le déficit public japonais à plus de 160% du PIB (le double de celui des USA)…
Bilan : aucune inflation pendant deux décennies, au contraire une déflation rampante, et, encore plus étonnant : un yen qui a augmenté de plus de 80% entre 1990 et 1995, donc au plus fort de la crise japonaise, malgré les baisses de taux et malgré la flambée des déficits publics japonais !

Voici un graphique explicite du yen sur les 35 dernières années.

yendefla.jpg
Ceux qui pensent enterrer le $ aujourd’hui et croient dans une inflation à 10% ou plus devraient réfléchir à cet exemple japonais, en apparence si paradoxal, et pourtant logique…dès qu’on considère qu’en situation de crédit crunch, c’est l’évolution de la dette privée qui est pratiquement la seule chose qui compte (dans un premier temps au moins), le reste étant « anecdotique » (y compris les « gesticulations » des banques centrales).
Une poussée d’inflation à 10% supposerait des taux longs à 12-14%…donc une hausse de 60 à 80% des mensualités des emprunteurs immobiliers.
cette hypothèse ne ferait qu'accélérer le credit crunch…et la déflation par la dette.
 
Dans les années 90, les japonais ont liquidé leurs actifs pour rembourser leurs dettes (en yens)…et malgré les fondamentaux très mauvais de l’économie japonaise à l’époque, c’est le yen qui a tiré les marrons du feu.
 
A la base de chaque bulle spéculative, on trouve la croyance inébranlable dans un mythe…actuellement le mythe de l’hyperinflation a créé une des plus surévaluations les plus étonnantes, presque au même niveau que celle de shangaï :
Un secteur bien particulier a ainsi atteint ces derniers jours le PER record de 43 (calculé avec pondération selon la capitalisation boursière), et des rendements sur dividendes compris entre 0,2 et 1%, une des principales entreprises de ce secteur a même atteint un PER de plus de 70, et se voit valorisée à plus de 10 fois son C.A annuel !
 
Voici le tableau des sociétés qui composent ce secteur (données du 20/9/07)

Nom
Code
PER
Barrick Gold
ABX
33,75
Newmont Mining
NEM
perte
Goldcorp Inc
GG
73,4
Agnico Eagle Mines
AEM
43,98
Randgold Resources Ads
GOLD
55,61
Meridian Gold
MDG
62,86
Iamgoldcorp
IAG
perte
Kinross Gold
KGC
31,65
Golden Star Resources
GSS
34,71
Gold Fields Ltd Adr
GFI
32,14
Hecla Mining
HL
20,29
Eldorado Gold Corp
EGO
42,14
Coeur d'alene Mines
CDE
16,27
Yamana Gold
AUY
58,37
Harmony Gold Mining Adr
HMY
101,83
Ce segment du marché est tout simplement le HUI, l’indice des mines d’or non hedgées.
Goldcorp, avec un PER de 73 et 20 milliards de $ de capitalisation est l’un des plus beaux porte-drapeaux de la bulle !
Peu importe les fondamentaux, peu importe le fait que la hausse des coûts de production en situation d’inflation effacerait une bonne partie des améliorations de marge dans les comptes des sociétés minières, tout se passe actuellement comme si les investisseurs considéraient comme acquis l’imminence d’un cours de l’or à 2000$ (au moins), sans hausse des coûts de production bien évidemment !
Quand un tel consensus euphorique se produit sur un secteur, c’est en général l’inverse qui est observé.
 
On notera bien que la récente hausse des mines d’or s’est produite dans un contexte général de hausse des marchés, de baisse du $ et de recul de l’aversion au risque (les spreads de taux sur paniers d'obligations hypothécaires ont ainsi nettement reculé depuis leur pic de la mi-août). 
Dès que les fondamentaux reprendront le dessus, et que les investisseurs réaliseront que les baisses de taux de la FED sont sans effet sur la crise du crédit qui a débuté, il faut s’attendre à ce que le cours des mines d’or non seulement baisse avec le reste des indices…mais surtout que cette baisse soit encore bien plus forte que celle des indices généraux, vu la surévaluation considérable de ce secteur.

Je ne me prononcerai pas sur le très court terme, dans un marché complètement irrationnel, le HUI peut aussi bien gagner encore 20 ou 30% sur un mois, si les marchés poursuivent encore un peu leur rebond, que l'inverse…simplement sur un horizon d’investissement à 1-5 ans, il y a toutes les chances pour que cette bulle spéculative sur les mines d’or implose violemment...en même temps que le mythe de l’hyperinflation !
par loïc abadie publié dans : inflation et déflation
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Lundi 17 septembre 2007
Suite au nouveau "fait divers" bancaire qui "met de l'animation" sur les marchés en ce moment, la panique des clients de Northern Rock, un des cinq plus gros établissements de prêts hypothécaires anglais, et 8ème banque britannique (5 milliards de livres de chiffre d'affaires quand même), beaucoup d'entre nous s'interrogent sur la solidité de nos banques françaises.

La première réflexion qu'on se fait est de dire que les ménages français sont beaucoup moins endettés, que les crédits à taux fixes dominent largement, et que le système d'hypothèques rechargeables, sur lequel repose le système anglo-saxon est embryonnaire chez nous (ce qui est en grande partie exact)...Et que des épisodes de paniques du type de ce qui arrive à Northern Rock ne se produiront pas en France.

Mais voilà, on a vu au cours du 1er épisode de la crise du crédit en juillet août que des fonds à priori peu risqués de banques et établissements financiers français avaient été concernés, et cela est un indice des connexions très fortes et immédiates existant entre les banques des divers pays développés.

L'institut credit flux, spécialisé dans l'étude des dérivés de crédit et titrisation de crédit hypothécaires publie ainsi un palmares mondial des établissements les plus engagés sur ce secteur, notamment en tant que contrepartie.

Voici donc un tableau (pour 2006) des 10 premiers établissements les plus actifs sur le marché des CDO, les montants donnés ici étant exprimés en millions de $ (ex : 228 441 millions pour Calyon, soit 228 milliards de $)...
Nous trouvons 3 établissements français bien connus dans ce "top 10" : 
Calyon (filiale du crédit Agricole), BNP Paribas, SG (Société Générale), Calyon et BNP étant même devant des célèbres banques américaines ou anglaises comme Morgan Stanley, Merril Lynch, Barclays et Bank of America.

http://www.creditflux.com/public/data/leaguetables.htm

1 JP Morgan 348 573 22
2 Calyon 228 441 15
3 BNP Paribas 218 990 14
4 Morgan Stanley 153 884 10
5 Merrill Lynch 143 438 9
6 Deutsche Bank 136 894 9
7 SG 102 123 7
8 Barclays 101 903 7
9 Bank of America 77 752 5
10 Citigroup 72 844 5

On retrouve le même type d'observations dans le classement du 2ème trimestre 2007

Axa occupe quand à elle la place de N°1 des "managers de CDO synthétiques" en juillet 2007.

Comme tout particulier, je n'en sais pas plus sur les risques encourus associés à cette intense activité de certaines de nos grandes banques sur les dérivés de crédit...mon commentaire n'ira donc pas au delà de l'interrogation.

J'espère simplement que les dirigeants de ces grandes banques savent mesurer les risques pris...si possible mieux que ceux du Crédit Lyonnais en 91 ou que les gérants des fonds monétaires dynamiques qui ont été dépassés par des "conditions de marché extraordinaires" en juillet-août 2007, pour reprendre leurs propres mots.









par loïc abadie publié dans : actualité
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Mercredi 12 septembre 2007
L'impact de la crise des dérivés de crédit de juillet - août sur le marché du crédit hypothécaire, et sur l'immobilier US commence à produire ses premiers effets...et ceux-ci semblent assez spectaculaires.

Un premier avertissement avait été donné le 5 septembre avec la
publication par l'association des agents immobiliers US du chiffre des promesses de vente de juillet, en baisse de 12% par rapport à juin et de 16% sur une base annuelle.

Deuxième signe : la publication des chiffres de vente de logements sur la région de Los Angeles en août, avec un effondrement des ventes de 25% en un mois et de 50% par rapport au même mois de 2006.
Article du Los Angeles Journal

Enfin, l'association "inside mortgage finance" vient de publier une étude sur l'ensemble des Etats-Unis, montrant une chute de 30% de la production de nouveaux prêts hypothécaires par rapport à août 2006.
Et précise que même les prêts de la catégorie "prime" (la catégorie d'emprunteurs la plus solide) sont concernés.

La restriction en cours de l'accès au crédit semble donc avoir déjà de grosses conséquences sur l'immobilier, qui était déjà engagé dans une récession depuis plusieurs mois.

Les prochains chiffres importants sur l'immobilier aux USA, pour une fin septembre/ début octobre à hauts risques sur les marchés :


- 25/9 : vente de logements anciens (août)
- 27/9 : vente de logements neufs (août)
- 2/10 : promesses de vente, logements anciens (août)
par loïc abadie publié dans : immobilier
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Mardi 11 septembre 2007
Le CAC approche actuellement, vers 5400 pts de seuils importants, et un argument avancé par certains analystes est que le PER (rapport cours/ bénéfices) du CAC40 serait suffisamment bas (autour de 13) pour empêcher une baisse importante du marché, et lui donnerait au contraire un bon potentiel de hausse.

Qu'en est-il réellement ?

- D'abord rappelons les références historiques long terme, observés par exemple sur le marché US : 
Les PER de marché oscillent habituellement dans une fourchette entre 10 et 20, en fonction des conditions économiques...en situation de bulle spéculative, ils dépassent 20, alors qu'au contraire en situation de pessimisme important, ils reculent sous les 10.
Sur le CAC, on trouve des niveaux plutôt compris entre 7 et 17 (sauf pendant la bulle internet qui a précédé le marché baissier de 2000), mais les références sur le LT sont difficiles à trouver.

Ces références portent sur des PER réels (donc des bénéfices réalisés effectivement par les sociétés, et non des prévisionnels, souvent optimistes).

Actuellement le PER réel du CAC (basé sur les bénéfices de 2006) se situe selon mes calculs à 19,77 en non pondéré (moyenne des 40 PER du CAC) ou 16,77 en pondéré.

Si on regarde le marché parisien en général, au delà du CAC : 

-> le PER moyen réel du SBF 250 se situe à 22,27
sur d'autres marchés, j'ai recherché le PER médian (50% des valeurs présentent un PER supérieur à la médiane)

Voici les résultats : 

Eurolist A : 19,6
Eurolist B : 20,1
Eurolist C : 18,57
Alternext : 23,2

Le détail des calculs sur cette feuille excel : http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/59/04/76/PER-france.xls

Sur le CAC40 maintenant, son PER est un peu moins haut que le reste du marché, c'est vrai. Mais les entreprises qui composent le CAC sont assez particulières : 50% de la pondération du CAC est constituée de valeurs cycliques, qui seront les premières visées en cas de récession / déflation, qui ont effectivement un PER faible (parce que le marché anticipe logiquement qu'elles vont souffrir du retournement à venir).

- valeurs bancaires et financières
- BTP
- sidérurgie / matières premières.

Le PER du CAC se trouve artificiellement décalé vers le bas par cette pondération !

Le bénéfice moyen des sociétés du CAC a ainsi progressé de 39% par an en moyenne de 2004 à 2006...alors que la croissance générale était restée très modeste. En cas de retournement de conjoncture, l'amplification du cycle jouera à plein en sens inverse.

Si on regarde par contre les PER de valeurs du CAC à priori peu sensibles à une crise, ils sont très élevés : 30 pour EDF, 22 pour Danone, seul France-Télécom faisant exception à la règle.

Conclusion : les PER moyens ou médians du marché parisien se situent autour de 20, donc tout en haut de la fourchette historique, celui du CAC étant un peu inférieur (16,7 à 19,7 selon qu'on pondère ou non la moyenne), mais faussé par la pondération excessive des valeurs cycliques dans cet indice

Cela peut être acceptable si on anticipe une expansion rapide de l'économie, mais la protection offerte en cas de croissance moins forte qu'anticipé est inexistante...sans parler de ce qui se produirait en situation de récession.

Les PER actuels du marché n'offrent donc aucun parachute contre une forte baisse si la conjoncture se retourne (même modérément), contrairement à ce qui est dit dans la presse.


par loïc abadie publié dans : bourse
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Lundi 3 septembre 2007

Nos amis chinois ont décidément le sens de la démesure !
Alors qu'on pensait que la bulle allait imploser à partir de mars dernier, le shangaï index continue de défier les lois de la gravité et de l'économie...49,8% de hausse en moins de deux mois sur un indice boursier général, passé de 3550 points à 5320 points en seulement 42 séances. Qui dit mieux ?

Rien n'y fait : ouverture de l'accès à la place de Hong-Kong (3 fois moins chère) pour les investisseurs chinois, crise du crédit aux USA, surévaluation délirante (PER moyen supérieur à 50). L'euphorie d'une foule d'investisseurs, qui n'ont aucune expérience de l'économie de marché et des outils d'évaluation des actions donne à la bulle chinoise un caractère "hors du commun".

Malgré tout, si on analyse la hausse en vagues d'Elliot depuis son demarrage (juillet 2005), le décompte semble indiquer une fin imminente de la hausse

C'est un cas d'école de hausse en 5 vagues, avec une extension sur la vague 5 typique des hausses paraboliques (l'allure parabolique ne se voit pas sur ce graphe à cause de l'échelle logarithmique, mais se voit mieux sur
ce graphe)
Les divergences baissières associées à la vague 5 sont en place sur le RSI depuis le début 2007, et la dernière sous-vague 5.5 est presque terminée.

shangai2.jpg

L'analyse en vagues d'Elliott milite donc en faveur d'un retournement prochain du marché chinois, à brève échéance (moins de deux mois). Et il n'est vraiment pas garanti que l'année du cochon d'or se termine aussi bien (fin en février 2008) qu'elle n'a commencé !

Cette année, qui revient tous les 600 ans est censée être associée à une prospérité exceptionnelle dans l'astrologie chinoise...je ne suis évidemment pas superstitieux. Par contre il est possible qu'un certain nombre d'investisseurs chinois y croient et que cela ait donné encore plus d'ampleur à la bulle !

Vu l'allure parabolique de la hausse depuis 2 ans, ce retournement, quand il aura lieu, sera brutal comme pour toutes les grandes bulles spéculatives , donc sous forme de krach (objectif : la zone 1500-1750 pts).

On surveillera attentivement le marché chinois les semaines à venir, vu qu'un gros krach à Shangaï aura probablement des répercussions sur les autres places mondiales.

par loïc abadie publié dans : bourse
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