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Dimanche 27 avril 2008

Comme chacun le sait, nous sommes actuellement dans une période censée être "fantastique" pour l'or, qui ne cesse de progresser,  et qui est considéré par beaucoup comme une "excellente valeur refuge".

Nombreux sont donc ceux qui conseillent d'investir sur les mines d'or dont le cours serait en train de crever tous les plafonds pour se diriger prochainement vers la stratosphère puis échapper ensuite à la gravitation terrestre.

Seul petit grain de sable dans ce monde merveilleux : le cours de l'or et des indices miniers est publié en $, monnaie qui a subi une baisse importante face à l'euro.
Exprimé en euro (monnaie de base pour beaucoup de lecteurs de ce blog), la réalité est un peu "différente".


Le graphique ci-dessous montre l'évolution de l'indice HUI (panier international regroupant les principales mines d'or non hedgées) exprimé en euros.



Pour l'investisseur européen qui a choisi d'investir son argent en mines d'or il y a 2 ans, cette décision s'est soldée pour le moment par une perte moyenne de 9 à 10% (en monnaie courante) ou 14-15% en tenant compte de l'inflation. Bien sur, certaines mines ont mieux réussi que d'autres, mais en moyenne, leur performance a été assez mauvaise.

J'ai eu l'occasion d'exprimer à plusieurs reprises dans ce blog ma grande méfiance vis à vis des mines d'or, et la situation actuelle semble pour le moment confirmer mes craintes :

Malgré un contexte théoriquement porteur, les mines sont loin d'avoir profité pleinement de la hausse de l'or, à cause de la hausse du prix de l'énergie et des coûts de production et à cause de la baisse du $ face à de nombreuses monnaies.

Si en plus le contexte devait changer (comme je le pense) et évoluer d'une situation modérément inflationniste à une forte récession (déflationniste), inutile de dire que la situation deviendra critique pour le cours des mines d'or. 

par loïc abadie publié dans : conseils et stratégies
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Dimanche 27 avril 2008

 


Même si il reste quelques % de marge à la hausse pour le rebond en cours, dans un scénario baissier et si la crise se déroule comme attendu, nous ne sommes sans doute plus très loin de la fin de ce rebond.

Sur le CAC40 et l'Eurostoxx, des figures "épaule-tête-épaule" de grande ampleur semblent en préparation :

Un échec du rebond aux environs de 5100-5200 sur le CAC et de 3900 sur l'Eurostoxx permettrait la poursuite et l'amplification de la baisse des marchés, avec des objectifs de 2700 sur le CAC et 2250 sur l'eurostoxx (pour commencer). La dernière phase de rebond sur le CAC s'est faite avec des volumes en baisse, un élément supplémentaire en faveur de l'essouflement à venir du rebond.

On n'ira pas en ligne droite et d'un coup sur ces niveaux, évidemment, mais ce sont quand même des objectifs à avoir en tête pour l'étape suivante du marché baissier en cours...
A plus long terme, il n'y a aucune raison, vu l'ampleur de la crise actuelle pour que les points bas de 2002-2003 ne soient pas cassés à la baisse, vu que toute la croissance enregistrée depuis 2002 a été générée artificiellement par une bulle de crédit.







(on notera la tendance baissière sur le RSI, et le fait que les excès baissiers récents sont totalement corrigés sur cet oscillateur, laissant la place possible à une nouvelle vague de baisse).

Du coté des autres places, le Dow Jones et le Nikkei s'approchent également à grand pas de résistances importantes (le Dow est déjà au contact de sa moyenne mobile 30 semaines, et s'apprête à rencontrer une résistance à 13000 points).

Le Nikkei se dirige également vers une zone de résistance clé entre 14000 et 14500 points.






Pour tous ceux qui pensent que la crise actuelle n'est pas un petit "hoquet" passager dans la croissance, la période actuelle semble donc idéale pour sortir du marché pour les retardataires, et commencer à reprendre des positions baissières pour les spéculateurs. (Même si les marchés ont encore quelques % de marge à la hausse, et que les "puristes" pourront attendre au moins les 5100 sur le CAC avant de se lancer).

coté psychologie des foules, on notera que l'indice de volatilité VIX est revenu à des niveaux bas (largement sous les MM150 et 200) et touche sa bollinger inférieure.
Dans un contexte général de marché baissier, c'est le signe que l'anxiété des acteurs a beaucoup diminué, et qu'un point haut intermédiaire est en train de se mettre en place.

 

par loïc abadie publié dans : bourse
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Mercredi 9 avril 2008
Juste un petit article pour rappeler quelques ordres de grandeur dans la crise en cours :

48 800 milliards de $ : dette totale à la fin 2007 aux USA.

14 000 milliards de $ : PIB US, fin 2007

11 000 milliards de $ : emprunts hypothécaires des ménages US (hors secteur professionnel et agricole)

9 000 milliards de $ : dette publique US

4 000 milliards de $ : accroissement annuel de la dette totale qui a été nécessaire pour maintenir à flot la croissance US (en 2006 et 2007)

900 milliards de $ : montant total des actifs au bilan de la FED (environ 1/3 a déjà été utilisé pour soutenir le secteur bancaire en difficulté).

150 milliards de $ : plan Bush pour l'aide au secteur immobilier

65 milliards de $ : exportations des USA vers la Chine en 2007

16 milliards de $ : capacité de remboursement de MBIA, la plus grosse société d'assurance-crédit (monoline) US, qui vient de demander à Fitch de "cesser de la noter", après que Fitch ait dégradé sa note de AAA à AA

Ces chiffres étant simplement là pour montrer que la FED (entre autres) est une bien "petite chose" face aux montants en jeu dans le système actuel !


par loïc abadie publié dans : économie générale
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Mercredi 9 avril 2008

 Pour les estimer, il existe une approche jusqu'ici assez peu utilisée par les différents auteurs sur ce sujet, mais qui a le mérite d'être globale, et de porter sur l'ensemble des prêts hypothécaires (subprimes ou non) : les « négative equity ».

Aux USA, les banques assurent leur risque par l'hypothèque détenue sur le logement de leur emprunteur. Si celui-ci est défaillant, la banque saisit le logement, mais l'emprunteur en « faillite personnelle » ne doit alors plus rien à sa banque.

Deux cas de figure peuvent alors se présenter :

1) La valeur du logement est supérieure au montant restant à rembourser : Tout va bien pour la banque, si l'emprunteur est défaillant, elle pourra se rembourser intégralement par la vente du logement saisi. C'est une situation de « positive équity »

2) La valeur du logement devient inférieure au montant restant à rembourser : En cas de défaut de l'emprunteur, la banque subira alors une perte en vendant le logement saisi.
Cette situation est appelée « négative equity ». Dans un contexte économique normal, elle est rare...mais lorsque le marché immobilier subit une forte baisse de prix, les « négative equity » deviennent abondantes, parce que la valeur de nombreux logements baisse sous le montant des prêts à rembourser.

Actuellement, l'indice moyen des prix US (Case-Shiller index) a déjà baissé de 10,7% en un an, et le rythme s'est encore accéléré au cours des derniers mois pour dépasser 15%/an en rythme annualisé.

La hausse de l'immobilier a dépassé 70% depuis 1999, en monnaie constante, donc inflation déduite. Vu la situation actuelle, une baisse des prix moyens de 35% par rapport au pic du début 2006 est une estimation prudente, qui pourrait être nettement dépassée.
Je m'en tiendrai à ce niveau dans les calculs qui suivent...

 Quelles conséquences attendre de cette baisse ?

 - Il y a déjà 10,3% des ménages US en situation de négative equity selon Moody's (article du Guardian)

 - Si on se base sur le graphique de Calculated risk (lui même tiré du très officiel organisme "first american Core Logic"), on s'aperçoit qu'une baisse des prix de 35% plongerait environ 40% des ménages US dans une situation de négative equity.

Continuons donc nos calculs :

- Le montant total des prêts hyothécaires (hors secteur agricole/professionnel) était de 11094 milliards de $ (statistique Z1 de la FED).

Il y aurait donc 4400 milliards de prêts hypothécaires en situation de négative equity après une baisse de 35% des prix.

A chaque défaut d'emprunteur sur un de ces prêts, la banque perdra environ 30 à 35 % de la valeur de sa créance (negative equity moyenne de 15 à 20%, s'étalant de 0 à 35% +  15% dus au fait que la banque devra vendre aux enchères rapidement et sous le prix du marché, avec en plus les frais de recouvrement associés à ce type d'opérations.

Les pertes maximales potentielles seront alors de 4400 * 35% = 1540 milliards de $.

Les pertes réelles seront inférieures à ce montant, parce que tous les ménages en « négative equity » ne se mettront pas en faillite :

En théorie ils ont intérêt à le faire, parce qu'il est avantageux financièrement pour un emprunteur en négative equity de « planter sa banque » : pourquoi en effet continuer de rembourser un prêt qui coûte plus cher que la valeur de sa maison ? Autant "repartir de zéro" et donner les clés à sa banque.
En pratique se mettre en faillite a aussi des inconvénients : l'emprunteur sera « fiché », il n'aura plus accès au crédit pendant plusieurs années (ou difficilement). 
Et certains emprunteurs pourront continuer à rembourser malgré tout en espérant que les prix remontent.

Mais en situation de négative equity importante, la stratégie du « walk away » (l'emprunteur quitte son logement et laisse sa banque se débrouiller) est très tentante.

La société « youwalkway » (http://www.youwalkaway.com/) propose ainsi d'accompagner et d'aider les emprunteurs en négative equity à choisir délibérément la saisie et la faillite personnelle, c'est à dire quitter leur logement et ne plus rembourser leur emprunt, tout en profitant en prime de quelques mois de loyers gratuits en fonction du temps de réaction des banques et des délais de procédure !

Il suffirait que 50% des emprunteurs en négative equity cessent de rembourser leur banque (soit parce qu'ils ne peuvent plus le faire, soit par choix délibéré) pour arriver à une perte totale de 700 à 800 milliards de $ sur les prêts immobiliers.

C'est une hypothèse qui me semble raisonnable, et bien entendu cette estimation ne porte que sur la partie immobilier du système (environ 25% du total des prêts). D'autres foyers de pertes (crédits à la consommation, crédits aux entreprises, crédits entre organismes financiers) viendront s'y ajouter.

 

 

 

par loïc abadie publié dans : immobilier
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Jeudi 3 avril 2008

Ce début de récession aux USA peut sembler pour le moment paradoxal :

D'un coté on a une crise déjà très puissante sur l'immobilier et le secteur financier, qui est déjà la plus importante des 40 dernières années, tout en sachant qu'on est encore loin du point bas.
De l'autre côté, la contagion à l'économie réelle, en particulier aux secteurs clés que sont la consommation et l'expansion du crédit existe, mais reste pour le moment très modérée.

Voyons cela plus en détail :

Pour l'immobilier, ce graphique sur les mises en chantiers de logements individuels situe bien l'ampleur de la crise, qui devrait dépasser largement tout ce qui a été observé depuis l'après-guerre.



Les prix suivent à présent le mouvement, avec un déclin sur l'indice des prix Case-Shiller qui dépasse les 10% en rythme annuel et s'accélère chaque mois.

Les stocks de logements à vendre continuent à progresser, il n'y a donc aucune amélioration à attendre, au contraire : avec des invendus qui s'accumulent, et des ventes forcées sur saisies immobilières qui saturent le marché, les vendeurs vont devoir baisser les prix encore plus vite.


données : census bureau.

Côté financier, les pertes officiellement reconnues s'élèvent déjà à 232 milliards de $ d'après ce tableau récapitulatif. 

Et une estimation de Goldman Sachs prévoit qu'elles dépasseront 1200 milliards de $ (plus de 8% du PIB US). Il y a moins d'un an, les estimations de ces mêmes pertes allaient de 30 à 100 milliards au maximum, ce qui en dit long sur les capacités des experts à prévoir l'ampleur de la crise en cours !
(Dans un prochain article de ce blog je donnerai une estimation personnelle des pertes potentielles sur les prêts immobiliers par une approche basée sur les "negative equity").

En face de ces deux crises très sévères (immo et finances), les ménages parviennent encore à augmenter leur endettement : l'expansion est moins rapide depuis 2007, mais continue, à un rythme de 7% par an.
Le graphique ci-dessous s'arrête à décembre 2007, mais les données disponibles sur février et début mars (stats H8 de la fed) indiquent que la tendance se maintient encore.



La consommation des ménages commence à être touchée, avec des ventes au détail qui reculent légèrement en monnaie constante et viennent de passer sous la barre du 0 depuis le début 2008 :


Mais nous sommes encore loin d'une situation de récession sévère.
Les magasins continuent de présenter des ventes assez soutenues, comme le montre le
dernier point de shoppertrack, qui signale une hausse des ventes de 6,4% pour les 3 premières semaines de mars, aidées cependant par les fêtes de Paques.

Cette situation paradoxale conduit évidemment une majorité d'experts à prévoir une "mild recession", c'est à dire une récession douce, qui durerait quelques mois avant une reprise économique dès le second semestre 2008.
Mon analyse est évidemment totalement opposée, la récession actuelle est effectivement légère...comme elle l'était au 1er semestre 1930, juste avant la grande dépression qui a sévi de fin 1930 au début 1932.
Il ne faut pas croire aux miracles, et notamment que 20 ans d'excès et d'expansion anarchique du crédit vont être corrigés par une mini-récession de quelques mois...cela n'a aucun sens !

Les experts ont nié l'existence de la crise et la récession en 2007...à présent ils la minimisent comme attendu. Mais la vraie dégradation est déjà en préparation :
La confiance des consommateurs a touché un plus bas de 35 ans au niveau des anticipations, en passant sous la barre des 50 :



Et le consommateur a de plus en plus de mal à maintenir son train de vie, avec des défaillances sur le crédit à la consommation qui augmentent rapidement :
Article de calculated risk.

Il ne faut donc pas se tromper sur le rebond actuel des marchés...il pourrait durer encore éventuellement quelques semaines, et amener le CAC dans la zone des 5100-5200 et l'eurostoxx vers 3900 pts. Nous entendrons alors sans doute fleurir les analyses sur le thème "le pire est derrière nous", "les décisions de la FED commencent à produire leurs effets".

En réalité, ce rebond devrait offrir une dernière porte de sortie aux retardataires qui n'ont pas encore vendu, et une opportunité sans précédent pour prendre des positions baissières sur la baisse des marchés à venir (je détaillerai cela dans un prochain article). La vraie crise, qui ne sera pas une "mild-recession" commencera quand l'expansion du crédit prendra fin...Et c'est probablement pour très bientôt !
par loïc abadie publié dans : économie générale
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