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Mardi 18 mars 2008
Par rapport aux plus hauts de 2007, on observe actuellement les pertes suivantes qui sont déjà lourdes pour ceux qui sont restés investis :
 
Europe – Asie :
 
CAC : -28%
Eurostoxx : -25%
Nikkei : -35%
Hang seng : -34 %
 
USA
Nasdaq :–24%
SP500 : -19 %
Dow : –16%
 
Les indices US (sauf le Nasdaq) résistent malgré tout mieux que les autres, en particulier le CAC.
 
A mon avis, il y a deux grandes raisons à cela :
 
1) La composition du CAC le rend plus volatil et plus cyclique et fait que cet indice a tendance à amplifier les phases de baisse par rapport au DOW (on l’a vu en 2001-2002).
J’ai donné quelques détails dans cet article http://tropicalbear.over-blog.com/article-12301041.html
 
2) Et surtout, il y a l’influence des monnaies. La finance est internationale, et les indices s’ajustent aussi en fonction des variations monétaires.
Si on exprime les indices US en euros, la « meilleure » performance de ceux-ci disparaît complètement à cause de la baisse du $ :
Par rapport aux plus hauts on observe :
 
-31% sur le Nasdaq
-28% sur le SP500
-24% sur le DOW.
Montants totalement semblables à ceux observés en Europe !
 
Voici un graphique du SP500 (l’indice le plus représentatif des marchés US)
par loïc abadie publié dans : bourse
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Dimanche 16 mars 2008

Juste un petit mot pour signaler la parution du livre associé à ce blog que je viens de publier, aux éditions Edouard-Valys.

"La crise financière en 2008-2010, mode d'emploi pour la décrypter et l'exploiter"

La présentation et les détails se trouvent dans la rubrique "livre et indicateurs" dans la bordure gauche du blog.
Bien entendu, je continuerai comme avant le suivi et l'analyse de l'actualité économique du moment dans ce blog, le livre étant très complémentaire au niveau des conseils qu'il apporte en matière d'investissement, de gestion de l'épargne et du patrimoine.
Pour le moment, seule une version électronique existe, mais la version papier sera disponible dès le mois d'avril.

par loïc abadie publié dans : indicateurs - livre
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Vendredi 14 mars 2008
La banque d'affaires Bear stearns vient en effet d’annoncer ce soir être en manque de liquidités et a été obligé d’emprunter des fonds en urgence à la banque JP Morgan (moins de 3 jours après avoir démenti tout problème de liquidité), avec l’appui de la FED.
l'article du Point
Le communiqué de Bear Stearns
(on notera cette petite phrase en fin de communiqué : "The company can make no assurance that any strategic alternatives will be successfully completed")
 
C'est une nouvelle importante, parce que cette fois, ce n’est plus un établissement secondaire spécialisé dans le crédit hypothécaire qui est au bord du gouffre, c’est une des plus grandes banques d’affaires américaines, avec 14 000 employés, implantée mondialement, et qui gère près de 400 milliards de $ d’actifs (d’après le dernier bilan en date).
 
Comme son site l’annonce, bear stearns a été fondé en 1923 et n’a jamais connu d’année en perte au cours de son existence…jusqu’à aujourd’hui.
 
Cette affaire rappelle beaucoup par certains aspects la quasi-faillite de Northern Rock en Angleterre, qui a du être nationalisée par la suite.

Ce n’est évidemment pas avec un prêt de 28 jours que Bear Stearns va régler ses problèmes :
Comment ses clients pourraient-ils lui faire confiance après ce qui vient de se passer, alors qu’elle a nié tout problème de liquidité quelques jours avant le communiqué d’aujourd’hui et en est réduite à présent à demander ce prêt en urgence  pour faire face à ses obligations...et surtout que va-t-il se passer dans 28 jours ?
Bear stearns était ce soir en baisse de 40% à Wall Street, son cours ayant été divisé par presque 5 depuis mai 2007.
 
bear stearns va devoir vendre des actifs, rapidement et en grande quantité pour pouvoir reconstituer le cash qui lui manque. Ca ne sera pas un facteur de soutien aux marchés, mais c'est une situation classique dans un contexte de credit crunch qui va aller en s'aggravant...Bear Stearns ne sera sans doute pas la seule victime de la crise.
 
Enfin, on constate une fois de plus l’impuissance totale de la FED, dont les baisses de taux et les divers plans destinés à « fournir des liquidités » ne parviennent pas à enrayer la progression de la crise et la perte de confiance des acteurs économiques. L'affaire Bear Stearns, par la taille et la renommée de cette banque, aura des conséquences lourdes au niveau de cette confiance.
par loïc abadie publié dans : actualité
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Lundi 10 mars 2008
Je reprends le fil de ce blog après quelques semaines où le temps m’a manqué pour cela, et vais répondre prochainement aux commentaires et mails que vous avez postés dans cette période.
 
Deux marchés anticipent actuellement deux situations économiques opposées :
Les matières premières, en particulier le pétrole, l’or et les matières premières agricoles anticipent une accélération de l’inflation, alors que les marchés obligataires avec des taux historiquement bas anticipent au contraire une disparition de l’inflation, et des menaces déflationnistes. L’un des deux va donc se tromper, reste à savoir lequel.
 
Pour mieux comprendre ce qui se passe, il faut en revenir aux relations économiques entre pays développés (Amérique du Nord / Europe / Japon principalement) et pays émergents (Chine et Inde en particulier).

La petite poussée inflationniste observée depuis 2006-2007 (qui commence à devenir sérieuse aux USA avec une inflation de plus de 4%) n’a rien à voir avec une soi-disant action dans le sens d’une création anarchique de monnaie des banques centrales ou des gouvernements.
Au contraire, l’agrégat M1 reste quasiment stable, et c’est lui qui mesure le mieux cette action.
Pour en trouver la cause, il faut donc aller chez les pays émergents.
La Chine occupe aujourd’hui une part encore assez faible du PIB mondial (un peu moins de 6%) et l’Inde encore plus faible (un peu plus de 2%).
 
Par contre, des pays comme la Chine et l’Inde sont déjà la « fabrique du monde », et exercent une influence déjà très forte sur les marchés de matières premières : La Chine est le 1er émetteur mondial de CO2, 2ème consommateur mondial de pétrole, et 1er consommateur de nombreux métaux de base, ou encore le 1er producteur et consommateur mondial de céréales.
C’est donc bien la croissance des émergents qui fait aujourd’hui le cours des matières premières et a provoqué les tendances inflationnistes de 2006-2007.

2007 a été caractérisé par un découplage total entre les USA et la Chine : ralentissement modéré aux USA, forte croissance en Chine.
Pour que l’inflation cède la place à la déflation, il faut que ce découplage cesse, donc qu’il y ait une contagion au moins partielle de la crise dans les pays émergents. Cela demande du temps et plusieurs étapes  :
 
1)      baisse de la demande en biens immobiliers aux USA + hausse des faillites d’emprunteurs (depuis 2007)
2)      chute des prix immobiliers, crise du marché hypothécaire et du secteur financier (fin 2007, 2008)
3)      ralentissement de la consommation, de la croissance du crédit et récession légère (à partir du début 2008 aux USA).
4)      récession s’aggravant et s’étendant à l’Europe, forte chute de la consommation et contraction du crédit (à venir)
5)      chute des importations en provenance des pays émergents (à venir)
6)      baisse de production industrielle des pays émergents (les exportations de la Chine représentent 40% de son PIB) et baisse de la demande en mat 1ères. (à venir)
 
Le passage d’une étape à l’autre n’est pas instantané, ce qui explique qu’en ce moment les matières premières résistent bien (et l’inflation avec) alors que les USA commencent à entrer en récession.

Ce graphique, sur 2007, montre  une croissance en monnaie courante des exportations chinoises de 20% en rythme annuel, sans aucun signe de ralentissement.
On retrouve dans cette étude un niveau de croissance de 15 à 20% par an ces dernières années au niveau des exportations vers l’Europe.
 
Le premier signe d’une contagion à la Chine ne date que de février 2008, cet article  montrant une contraction d’un tiers de l’excédent commercial chinois à cause d’un ralentissement de la croissance des exportations vers les USA. ce signe est pour l’instant encore modeste et demande à être confirmé. Mais quand cette contagion sera en place, les investisseurs verront à leur grand étonnement la petite poussée inflationniste en cours laisser place à une récession / déflation puissante avec une chute générale de tous les actifs et de tous les prix…et c’est le marché obligataire qui aura eu raison au final !
 
 
 
 
par loïc abadie publié dans : inflation et déflation
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