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Samedi 31 mars 2007
Beaucoup de sites qui partagent en partie les analyses développées ici (sur la bulle de crédit et l’imminence d’une sévère crise économique) pronostiquent aussi un effondrement du dollar.
Leur argument est à priori assez logique :
-         Les déficits commerciaux et des comptes courants US dépassent 6% du PIB, une telle tendance mettra l’endettement public des USA à un niveau complètement intenable.
- Les pays étrangers comme la Chine qui accumulent des réserves en $ vont perdre confiance et vendre leurs dollars.
 
Cela est effectivement en partie vrai, et le sera sans doute si les tendances actuelles se prolongent sur une durée de 10 ans ou plus.
Mais le problème est qu’on ne raisonne ici que sur les comptes publics (déficit de l’état US, avoirs de l’état chinois…etc), en « oubliant » complètement la partie privée du système.
Cette partie est pourtant la plus grosse : 4/5 de la dette totale des USA est privée.
Les actifs privés investis à l’étranger depuis les USA sont très importants : plus de 140 milliards de dollars annuels s’investissent depuis les USA vers des fonds d’actions étrangères (source).
Ce chiffre ne prend en compte que les investissements en actions, une simple classe d’actifs parmi beaucoup d’autres.
Une étude de Goldman et Sachs montre aussi que les américains achètent de plus en plus d’actions étrangères.
En 2003 les investissements directs des USA à l’étranger se montaient à 1793 milliards de $ (à comparer avec les 500 ou 600 milliards de $ détenus par la Chine). Ce chiffre a augmenté encore aujourd’hui.
En cas de « crédit crunch », les acteurs privés du système américain risquent de rapatrier vers les USA leurs crédits et investissements à l’étranger :
- soit par peur du risque : en cas de crise, on préfère vendre les placements « lointains » et les ramener « chez soi ».
- soit par obligation pour rembourser leurs dettes).
Ils vont aussi probablement arbitrer leurs actifs risqués (actions, obligations risquées) vers des valeurs perçues comme moins risquées : bons du trésor, instruments monétaires.
Dans ce contexte, le dollar pourrait donc être temporairement recherché pendant les premières années de la crise, et il est dangereux de vouloir spéculer sur la baisse du $ dans ce contexte.
Plus d’une décennie de déflation Japonaise, pendant laquelle la dette publique de ce pays a atteint 164% du PIB (contre 70% actuellement aux USA) n’ont pas fait baisser le yen (voir ce graphique yen/$).
 
En fait le plus probable est qu'il y ait deux temps  dans la crise à venir :
 
1)      Phase déflationniste pure : l’ensemble des actifs baissent en même temps et sans distinction, même les métaux précieux et matières premières. Pendant cette phase, il faudra privilégier uniquement le cash, comme expliqué dans la rubrique « conseils » du site. Les monnaies prennent de la valeur puisque leur pouvoir d’achat augmente face aux autres actifs dont le prix baisse. Les mouvements entre monnaies devraient par contre être particulièrement imprévisibles et chaotiques (liés à des phénomènes uniquement psychologiques).
Pour ceux qui veulent « tirer profit des tendances », on peut prendre quelques positions baissières sur les indices boursiers (avec le BX4 par exemple), mais il vaut mieux éviter de spéculer sur l’effondrement de telle ou telle monnaie.
 
2) Phase « keynésienne » : quand une part suffisante de dette privée sera liquidée et que les gouvernements n’auront plus rien à perdre au plus fort de la crise, il est très possible qu’ils se lancent dans une politique keynésienne (relance financée par le déficit public). On pourrait alors assister à des dévaluations compétitives entre monnaies et au retour de l’inflation…là le dollar a de bonnes chances de baisser fortement, mais uniquement dans un deuxième temps, après plusieurs années de récession !
par loïc abadie publié dans : inflation et déflation
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Mercredi 28 mars 2007
Dans ce blog, c’est surtout la situation aux US qui est étudiée, parce que c’est le pays qui guide l’économie mondiale et qui imprime les tendances à l’Europe et la France : en prévoyant la situation des USA, on prévoit ce qui se passera en France 3 ou 4 trimestres plus tard…Ca n’empêche pas de jeter quand même un petit coup d’œil à ce qui se passe chez nous !
 
- Au niveau du crédit,
 
 D’après les données de la banque de France, les constatations sont globalement les mêmes qu’aux USA : la dette des ménages s’accroît à un rythme annuel égal ou supérieur à 10%/an depuis 2004 (tendance insoutenable sur le long terme qui conduirait à un doublement tous les 7 ans), et c’est en grande partie ce phénomène qui soutient artificiellement la croissance.
 

 
Une nuance quand même : le taux d’épargne qui reste assez élevé chez nous et des prêts beaucoup moins « exotiques » et moins risqués qu’aux USA.
 
-Au niveau de l'immobilier maintenant :
 
  la bulle est tout aussi réelle qu’aux USA comme le montre ce graphique de Jacques Friggit. On peut voir que la bulle actuelle est nettement plus importante que celle de 1991. 
 
Comparée à celle des USA, la hausse en France a même été encore plus importante, et notre pays se situe dans le peloton de tête européen (juste derrière l’Espagne et la Grande-Bretagne). 
 ce graphique issu du site de Nouriel Roubini  montre l'ampleur de la hausse dans notre pays.
 
ainsi que cette autre étude comparative entre pays :
 
 
Remarque importante : ces graphiques datent de début 2005, les prix actuels ont encore augmenté fortement depuis cette période, et l'écart avec les Etats-Unis s'est un peu renforcé (la hausse a continué en 2006 en Europe alors qu'elle a été remplacée par la baisse aux USA).
 
Si on analyse maintenant les dernières tendances du marché immobilier, il y a des signes de retournement clairs ces derniers mois, mais le cycle semble en retard d’environ 1 an par rapport aux USA : On est actuellement encore dans la phase de « plateau », alors qu’aux USA la baisse est maintenant bien engagée :
 
Pendant cette phase de plateau ; les acheteurs se font de plus en plus rares, mais les vendeurs essaient encore de maintenir ou de monter un peu leurs prix. on observe alors un gonflement des stocks (les acheteurs étant moins nombreux), et une stabilisation des prix.
 
Voici les dernières données chiffrées du marché :
 
-         D’abord l'indice "boursopap" du prix des appartements, édité par boursorama  qui montre bien la stabilisation en cours. On ne peut pas encore parler de baisse franche.
 
 
 
-         Les stocks de logements neufs à vendre sont en hausse à 79000 unités, leur plus haut niveau depuis 1995
 
-         Les stocks d’appartements disponibles ont augmenté de 50% sur 1 an et celui des maisons à vendre a augmenté de 36% sur un an.
 
 
Les mises en chantier sont en baisse de 15,1% et les permis de construire en baisse de 4,4% en glissement annuel. Sur les derniers mois, la baisse est plus importante.
 
 
 
Conclusion :
Malgré des différences « culturelles » (principalement au niveau des pratiques de crédit), les mécanismes en jeu (bulle de crédit, bulle immobilière et bulle d’actifs générale) sont les mêmes aux USA et en France. Ils devraient donc produire les même effets avec un décalage de 3-4 trimestres (récession plutôt à partir de fin 2007 aux USA, et plutôt à partir du 2ème semestre 2008 en France).
 
La crise pouvant être légèrement atténuée en France par la meilleure situation financière des ménages (épargne plus forte, pratiques de crédit moins « à risque »).
 
 
 
par loïc abadie publié dans : immobilier
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Lundi 26 mars 2007

Les statistiques tombées aujourd'hui sur les ventes de logement neufs aux USA sont assez édifiantes :

- Les ventes de logements neufs se sont inscrites à 848 000 unités en février 2007, soit une baisse de 18,3% par rapport au même mois en 2006. Les économistes attendaient 995 000 unités.

- Les logements invendus en février augmentent à 546.000 après 538.000 en janvier.  Le stock correspond ainsi à 8,1 mois de ventes. Ce stock d'invendus a atteint le plus haut niveau depuis 16 ans (1991, l'année de la précédente crise immobilière).

Signalons enfin que ces ventes ont eu lieu avant la vague de faillites dans le secteur subprime…la situation actuelle n'est ainsi qu'un modeste avant-goût de ce qui est à venir.

L'indice  des constructeurs (Home builders index) est (au moment de la rédaction de cet article) en baisse de 3% à la suite de cette nouvelle à Wall Street ce soir.

La France n'appartient pas à un univers parallèle et ne dispose pas de "bouclier anti-baisse" miraculeux. Que ce soit sur l'immo ou sur le reste de l'économie !

Tous les détails dans cet article de la Tribune.

 

Heureusement, le chef-économiste de l'association des agents immobiliers David Lereah a déclaré la semaine dernière "Les fondamentaux se sont améliorés sur le marché immobilier". Aurait-il suivi un stage au ministère irakien de l'information ?

par loïc abadie publié dans : immobilier
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Dimanche 25 mars 2007
 
 
Vous pensiez que la récente vague de faillites avait refroidi les prêteurs…apparemment, non. Un petit tour chez une société de crédit immobilier (il en existe beaucoup du même type) spécialisée dans les prêts « neg-ams » : 24/7 Neg-Am loans.
 
Son nom « 24/7 » vient tout simplement du slogan de la firme : Disponible 24h sur 24 et 7 jours sur 7 pour vous prêter de l’argent. Comme on va le voir, elle est en effet très « disponible ».
 

 
Dès la page de une ça commence très fort :
« vous pouvez économiser des dizaines de milliers de $ par an en souscrivant un prêt « Neg-Am ». "obtenez 500 000$ » pour 1324$ par mois"…etc.
 
On ne parle évidemment pas de la transformation de ces prêts au bout de quelques années qui conduit à un doublement ou triplement instantané des mensualités…il ne faudrait quand même pas choquer le client ! (voir aussi l'article du blog sur les prêts neg-am)
 
Viennent ensuite les « propositions » du menu : (rubrique "loan programs" ce 24/7 Neg-Am loans)
 
-         prêts à 0%, 0,75%, 1%
-         prêts à 100% : Ce sont des prêts sur 30 ans sans apport personnel…jusqu’à 800 000$, vous pouvez d’ailleurs avoir un accord avec « des justificatifs réduits ».
-         Et pour les « vrais emprunteurs » qui veulent « envoyer du gros », on leur propose même un « super jumbo » jusqu’à 8 millions de $.
-         « no-cost loans » : des prêts qui ne coûtent rien (ils sont garantis par le père Noël)
 
Voici maintenant le must du programme : le « no-doc loan », dont voici le principe :
 
“It is an easy and convenient way to get a Neg Am loan. You can now leave the income, employment and assets section on the loan application completely blank. You will not have to send in any bank statements, W2 or 1099 forms or tax returns.”
 
Traduction : C’est une façon simple et pratique d’obtenir un prêt neg-Am. Vous n’avez pas besoin de fournir de renseignements sur vos revenus, votre emploi et votre patrimoine. Vous n’avez pas à fournir de renseignements bancaires et fiscaux.
Montants jusqu’à 1 millions de $. Bien adapté pour les acquisitions ou les refinancements.
 
Prêter 1 millions de $ sans aucun justificatif et sans aucun renseignement sur le client…Voilà une conception innovante du métier de banquier !
 
Comme l’a dit Greenspan en 2005, "les prêteurs sont  maintenant capables d'évaluer efficacement le risque".
On va d'ailleurs avoir dans les mois et années à venir un bel aperçu de leurs "capacités"...et de leurs effets sur l'économie générale !
 
Pour l'instant il y a dejà 44 disparus (au 25/3/07) dans l'univers des établissements de crédit immobilier aux US.
 
 
 
 
par loïc abadie publié dans : immobilier
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Samedi 24 mars 2007

Voici les dernières statistiques officielles fournies par l’association des agents immobiliers

- Les ventes de logements existants sont passées de 6,44 millions d’unités en janvier à 6,69 millions d’unités en février, en grande partie à cause de facteurs saisonniers.
 
On voit sur le graphique de calculatedrisk que le nombre de ventes a baissé d’année en année (et encore, ces données datent d’avant la vague de faillite du secteur des prêts à risque, les contrats de vente ayant été signés en décembre/janvier).
 
Les stocks ont augmenté quand à eux de 5,9% en un mois et sont à des niveaux records pour un mois de février, 30% au dessus de son niveau de février 2006 et 60% au dessus du niveau de 2005 : de plus en plus de biens restent donc invendus, et les stocks s'accumulent.
 
 
Voici enfin le graphique du prix moyen des maisons sur les derniers mois.
 
 
 
Nous sommes dans une situation avec des stocks de maisons à vendre et non vendues en hausse régulière et constante, et des prix en baisse. Le tout alors que la vague de faillites du secteur des prêts à risque n’a pas encore produit ses effets (on les ressentira un peu à partir de mars, mais surtout à partir d’avril-mai).
Conclusion du représentant des agents immobiliers (dite avec le plus grand sérieux) : « Les fondamentaux du marché immobilier se sont améliorés et les acheteurs voient maintenant une opportunité avec les taux d’intérêt historiquement bas et les prix compétitifs offerts par les vendeurs »…Vit-il sur la même planète que nous ?
 
Le marché semble quand à lui avoir évalué « différemment ces derniers chiffres », puisque l’indice des constructeurs de maison a fini en nette baisse hier à Wall Street...
 
 
 
par loïc abadie publié dans : immobilier
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