Dimanche 19 octobre 2008
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C'est devenu le sport national (et international) du moment, et c'est classique en temps de crise : trouver LE coupable.
Le bouc-émissaire est ainsi au choix, et selon les orientations politiques des commentateurs :
- Les banquiers qui ont oublié toute notion de risque.
- Les USA (parce que la crise a démarré chez eux).
- La FED (pour sa politique monétaire laxiste).
- Le système de monnaie à réserve fractionnaire (qui favorise l'expansion du crédit).
- Les « spéculateurs ».
- Les ménages qui se sont trop endettés.
- La « dérèglementation » .
- Les états et dirigeants politiques qui ont largement incité au développement de la bulle de crédit.
- ... etc.
Ces « boucs-émissaires » ont évidemment chacun leur part de responsabilité. Mais derrière eux, il y a une cause-racine plus profonde, qui se voit
par exemple dans ce graphique :
Nous voyons sur ce graphique de la production de biens de consommation une tendance de fond depuis 60 ans : Des fluctuations de plus en plus
faibles.
Après une période de grande agitation (crise des années 30, guerre mondiale, reconstruction), nous avons eu des variations d'ampleur moyenne pendant les années 70 (chocs pétroliers), puis très
réduites dans les années 80-90. L'implosion de la bulle internet en 2000 et la petite récession de 1991 ont provoqué des perturbations très légères.
Conséquence de cette évolution de fond : le sentiment de sécurité a progressé chez tous les opérateurs qui étaient de plus en plus confiants, constatant autour d'eux un environnement économique
de plus en plus stable et tranquille.
De cette confiance naît l'euphorie et la perte de conscience du risque...Les générations qui ont toujours vécu dans cet environnement « tranquille
» et sont arrivées au sommet de la hiérarchie sociale ont porté aussi au sommet cette euphorie.
La cause racine de la crise, c'est cela, et rien d'autre. Tous les échelons de la société ont été touchés par cette excès de confiance. Sans distinction, et sans qu'un échelon soit « plus » ou «
moins » responsable qu'un autre.
Dans une société démocratique, le gouvernement n'est d'ailleurs que l'expression de la « foule ultime ».
Une dynamique de foule est quelque chose d'extraordinairement puissant dans une société, capable de balayer toutes les règlementations et les « garde-fous
» établis au cours des crises précédentes...plus les acteurs occupent une place élevée dans la société, plus la pression de cette dynamique de foule sur eux est forte.
Pour un simple individu (comme moi ou la plupart d'entre vous), qui n'a pas un rôle de décision important dans la société, il est encore possible de ne pas suivre la foule quand elle fonce dans
le mur. La pression est faible, et nous sommes libres de nos actes.
Mais imaginez que vous êtes le directeur de la filiale d'un grand groupe bancaire pour disons...la Floride, en 2005, au plus fort de la bulle immobilière.
Vous décidez d'être raisonnable, de ne pas faire courir de risques excessifs à votre banque, et de refuser de délivrer des crédits à risque à des clients ayant une capacité de remboursement
insuffisante...Vous avez entièrement raison.
Seul problème : au bout de 6 mois, les résultats de votre filiale indiquent une croissance de seulement 8% de vos bénéfices, là où les dirigeants des autres
filiales ont obtenu 20% par le développement de nouvelles catégories de prêts à risque.
Le PDG de votre banque vous convoque alors dans son bureau, pour vous informer qu'il vous remplace par Mr Swap, qui a réussi une croissance de 35% de ses résultats en développant une nouvelle
activité « dérivés de crédit » qui semble très rentable. Vous n'avez pas suivi le sentiment de foule dominant...Dommage pour vous !
Imaginez ensuite (on peut rêver) que vous êtes président des USA en 1992. Vous vous rendez compte à votre arrivée au pouvoir qu'une bulle de crédit commence à se développer au-delà des limites
normales dans votre pays. Vous décidez à juste titre de « serrer la vis » : hausse des taux, règlementation stricte du crédit bancaire, pas de « plans de relance de la consommation », mais des
investissements de l'état dans la recherche, les infrastructures, la formation et le développement industriel.
Vous préparez l'avenir à long terme de votre pays en tuant dans l'œuf une bulle naissante et choisissez d'empêcher une crise géante plus tard en provoquant volontairement une petite récession et
en ralentissant la machine quand il est encore temps.
Seul problème : D'autres pays autour de vous se lancent dans la fuite en avant dans le crédit. Ils réussissent d'ailleurs à obtenir une croissance très dynamique grâce à l'expansion anarchique de
leur dette et de leurs déficits, pendant que votre politique déclenche une récession. L'opposition se déchaîne contre votre « incompétence » et plusieurs députés de votre parti demandent un
changement immédiat de politique économique. Vous perdez lourdement aux élections suivantes...Vous n'avez pas respecté l'état d'esprit de votre époque.
C'est cela la psychologie des foules : Une force contre laquelle il est quasiment impossible de lutter.
Aujourd'hui, la psyhologie est en train de changer : beaucoup réclament (à juste titre) plus de règlementation, des « garde-fous »...certains ultras réclament même le retour de l'étalon-or, ou
des changements encore plus radicaux.
Beaucoup de garde-fous seront certainement mis en place pendant cette crise. A un moment où plus personne n'en aura d'ailleurs besoin, vu que tout le monde sera redevenu prudent (et même
excessivement prudent) : Il n'y a pas besoin de mettre de panneaux « interdiction de nager » sur une plage où 10 personnes viennent de se noyer à cause d'une série de tempêtes. La peur collective
suffit.
Les entreprises qui sauront se positionner sur cette nouvelle donne basée sur le low-cost sortiront renforcées de la crise. Celles qui négligeront le bouleversement
psychologique en cours, et continueront dans le modèle précédent (proposer aux clients d'acheter des produits dont ils n'ont pas vraiment besoin et surchargés de fonctions inutiles) seront
broyées.
Puis dans 50 ou 60 ans, les leçons de la crise actuelle seront oubliées, et une autre génération reproduira sans doute nos erreurs et fera sauter méthodiquement tous les « garde-fous » qui vont
bientôt être mis en place.
L'humanité a toujours fonctionné comme cela, par cycles alternant excès d'optimisme et de pessimisme. Cela ne changera pas à l'avenir.
Au niveau individuel, nous pouvons détecter et nous protéger des excès par une connaissance des comportements de foules et des cycles économiques. Au-delà de ce
niveau individuel je ne pense pas qu'une prévention durable contre les excès associés aux cycles soit possible : c'est le cycle lui même qui conduit les foules à faire sauter les barrières à
chaque fois.
Peut être que je suis trop fataliste ?
Je sais que ce n'est pas le sujet de ton site Loïc mais apparemment certaines personnes se questionnent sur la crise énergétique et le climat.
Le cours le plus intéressant que j'ai pu voir sur le sujet a été donné à l'école des Mines de Paris par un ingénieur conseil : Jean-Marc Jancovici. Ca dure 20 heures mais c'est très complet et très documenté (difficile de dire qu'il n'a pas d'arguments). Cette personne est également impliquée à l'ADEME et dans la fondation Nocolas Hulot et le grenelle de l'environnement.
Lien vers ses cours : http://www.ensmp.fr/ingenieurcivil/SitesIC/Balado/Climat_som.html
Il a aussi fait des conférences beaucoup plus rapides à regarder mais plus denses et moins détaillées. Par exemple ici : http://www.espci.org/fr/jancovici
Loïc,
Tu te dis optimiste et tu penses que les réserves sont beaucoup plus importantes que ce qu'on dit. C'est vrai et JM Jancovici en parle dans son cours. Le peek oil a certainement été atteint récemment (ou le sera prochainement) et le charbon nous donne quelques années de répis au rythme de consommation actuel. Mais ça serait au prix de déréglements climatiques qu'on ne peut même pas imaginer.
Je suis intéressé par tout autre point de vue documenté par des sources.
Merci,
Mathieu_31
les consommateurs remettent à plus tard les dépenses d'équipement et essaient d'augmenter leur épargne
les industriels voient très bien que la conso a du plomb dans l'aile, ils ralentissent ou cessent leurs investissements productifs
ce qui provoque hausse chomage et baisse rentrées fiscales
c'est le cercle vicieux de la déflation, qu'il est beaucoup plus difficile de brise que celui de l'inflation
l'inflation se brise en augmentant les taux d'intérêts comme volker l'a fait début des années 80
mais la déflation c'est pas la même musique: la baisse des taux est limitée par nature, on ne peut descendre sous zéro
et ces baisses de taux ne font que renforcer le pessimisme ambiant
le pire est atteint quand l'épargne est stérilisée sous les matelas: pourquoi déposer ses sous sur des livrets qui rétribuent proche de zéro?
la sortie de la déflation ne peut se faire que quand la dette est complètement purgée, soit au terme d'une longue période de déflation correspondant au remboursement progressif de cette dette
mais attention les compteurs peuvent être brutalement remis à zéro par défaut massif des emprunteurs: la dette est alors détruite par la faillite
ce scénario est loin d'être irréaliste pour l'état fédéral US d'ici quelques mois.............
je te conseille de faire un tour sur le forum forums.oleocene.org
Tu as ici une mine d'informations relatives à toutes ces questions. les avis de Jancovici y sont d'ailleurs commentés... entre autre.
Loïc je suis très intéressé également par ce problème et il me semble comme à Mathieu_31 qu'on ne peut absolument pas faire de pronostics à long termes sur la situation éco/financière en occultant la future crise énergétique...
Les CTL et autres shistes bitumeux ne sont que des solutions très temporaires et catastrophiques pour l'environnement, quant à la fusion, c'est encore de la lointaine science fiction. Sur le point de la pollution, il ne faut pas le négliger car il est à mon avis un facteur de tensions potentielles très fort. On le constate d'ailleurs en Alberta (Canada) où l'extraction des sables bitumeux cause des dégâts considérables.
Comme tu le précises, ton blog n'est pas le lieu pour en discuter mais alors je me permets tout de même d'émettre des doutes sur les solutionnettes que tu apportais.
Sinon je guette chacun de tes nouveaux articles
merci pour ce blog!
Je salue cette analyse très clairvoyante que je me permettrai de citer sur mon site. en echange, un petit conseil : Pour augmenter la visibilité de ton très bon post, pourquoi ne pas faire un peu d'URL rewriting car "article-23880822.html." ça n'est peut être pas assez explicite pour donner une idée de la valeur de ton analyse.
cdlt
FB
< "Oui. Par contre la Chine et les émergents d'Asie ne sont pas du tout dans la même phase de ce cycle (peut être que cela atténuera un peu ses effets dans nos pays, espérons le)."
Merci, je connais le site Oléocène. Ca faisait un moment que je n'y avais pas mis les pieds cela-dit.
Ca fait beaucoup d'infos à ingurgiter en ce moment... .
Je voudrais avoir ton opinion sur la vague Elliot en cours, 3.4, en terme de duree. J'ai vu sur plusieurs sites (Mike Shedlock inclus) que ce vague peut prendre quelques mois pour faire son "top". Voici un autre http://www.safehaven.com/article-11626.htm
Je me rapelle que tu parlais de quelques semaines a 2 mois pour cette vague. L'article plus haut offre un autre developpement, et pense la fin du 3.4 vers Mars-Avril 2009. Tu pense que ca peut prendre autant?
En ce qui concerne les indicateurs de sentiment, le VIX par example, est-ce que a partir de maintenant c'est la MA150 qui va servir d'indicateur pour une position baissiere? Elle est a 26 aujourd'hui.
Merci.
"
La Réserve fédérale américaine a annoncé mardi la création d'un programme de rachat d'actifs des fonds communs de placement monétaires, dans un nouvel effort pour enrayer la crise du crédit. L'initiative pourrait coûter à l'Etat jusqu'à 540 milliards de dollars (411 milliards d'euros).
La banque d'affaires JP Morgan Chase a été choisie pour gérer cinq fonds spéciaux qui seront chargés de racheter des billets de trésorerie et certificats de dépôt aux fonds communs de placement en instruments du marché monétaire. Pour ce faire, la Fed prêtera jusqu'à 540 milliards de dollars aux cinq fonds.
Selon les responsables de la banque centrale américaine, les investisseurs ont retiré environ 500 milliards de dollars (€381 mds) des fonds monétaires depuis août, de peur de perdre leur argent. Le 18 septembre, le Trésor avait déjà annoncé la création d'une facilité de crédit de 50 milliards de dollars (€38 mds) pour garantir les avoirs des fonds communs de placement monétaire.
Le département du Trésor a également annoncé mardi qu'il avait sélectionné deux importants cabinets d'audit pour conseiller le gouvernement dans l'utilisation des 700 milliards de dollars prévus par le plan de sauvetage de la crise financière, baptisé plan Paulson. La société Pricewaterhouse Coopers a été choisie pour auditer le programme de rachat des actifs douteux des institutions financière, tandis qu'Ernest & Young fournira son aide en ce qui concerne la comptabilité générale du programme.
Etant donné la gravité de la crise financière et économique, le président George W. Bush s'est déclaré prêt lundi à envisager un second plan de stimulation économique, comme le souhaite le camp démocrate, après l'adoption d'un programme de $168 mds (dont des baisses d'impôts) en février et du plan Paulson de $700 mds pour le système financier, adopté le 3 octobre.
Pour conjurer la menace de récession, dont certains analystes estiment qu'elle a déjà commencé dans certaines parties des Etats-Unis, de nouvelles réductions d'impôts pourraient également être décidées en accompagnement des plans. Aucune décision ne sera probablement prise avant les élections présidentielle et au Congrès du 4 novembre, voire avant décembre. Le nouveau "paquet" envisagé par les démocrates pourrait atteindre les $150 mds (€114,3 mds), ou même plus. AP"
Jusqu'où peuvent-ils fabriquer des l'argent?Il me semble que nous arrivons à des niveaux incroyables.Cette fuite du marché monétaire me semble assez dangereux.500 milliard de retrait depuis Aout.C'est fou, non?
Loïc, que pensez-vous de cette déclaration de Nouriel Roubini qui n'écarte toujours pas la crise systémique
Est-ce que les mesures qu'il propose sont réalisables et dans l'affirmative sont-elles suffisantes ?
http://www.aleablog.com/official-non-event-of-the-day-lehman-cds-settlement/
Pour le débouclage des CDS lehman, finalement pas de grandes perturbations aujourd'hui. Le pétard aura été un pétard mouillé, comme annoncé par Loïc. Bravo une nouvelle fois pour vos anticipations toujours aussi justes.
Nos préfets devront donc s'assurer, dans chaque département, que le crédit sera relancé, c'est le pendant des prêts qui viennent d'être fait à nos banques (au taux de 8 % par an, c'est dire si les taux de crédit sont prêts à baisser dans un avenir proche) ! Encore faudrait il que les gens solvables aient envie d'emprunter (avec les taux que nous allons avoir c'est pas gagné) ! Je ne pense pas que l'on ira jusqu inciter nos banques à prêter à des gens qui ne sont pas solvables. Au mieux elles n'arriveront pas à trouver de clients pour leurs prêts, au pire elles devront proposer des taux plus faibles que celui auquel elles empruntent à l'état. Dans tous les cas, leurs bilans ne devraient pas s'améliorer. De là à aller acheter des actions BNP, CA et SG ? Il y en a pourtant plein qui ont succombé à cet achat impulsif aujourd'hui et c'est d'ailleurs grâce à cela que notre CAC 40 fini dans le vert lorsque le reste de l'europe et les US terminent dans le rouge. Cocorico !
Et oui avec tous ces milliards que l'on sort du chapeau encore aujourd'hui (même les pays du golfe s'y collent depuis aujourd'hui) pour sauver notre système financier et bientôt pour un new deal économique, il doit bien y avoir qqun qui fait les additions qqe part et qui un jour va dire stop, on ne vous prête plus (comme Loïc le dit : qqn qui un jour ne voudra plus des bonds emis par les uns et les autres pour financer tout cela).
La Chine se rangera peut être dans ce camp très vite car, avec une croissance de moins de 10 %, elle va être très bientôt, elle aussi, confrontée à une montée du chomâge car elle ne pourra pas donner du travail aux 10 millions de nouveaux actifs qui arrivent sur le marché du travail chaque année (la consommation interne de la chine ne représente que 40 % de son PIB) La récession en dehors de ses frontières va certainement avoir un impact très important sur sa croissance et son chômage !
Loïc, jusqu'où la croissance chinoise pourrait elle descendre du fait de la récession mondiale qui s'installe (à supposer que l'état chinois ne fasse pas usage des ses liquidités pour compenser cette perte de croissance ?)
Dans un tel cas de figure, est ce que tous les états vont pouvoir resister ?
Regardons voir ce qui se passe en Islande (extrait de bloomberg) lorsqu'un système fait "faillite" : cela fait froid dans le dos !!!
That may be an understatement. Iceland was ranked fifth- wealthiest in the world per capita in the UN 2007/2008 Human Development Index. Now, it's facing shortages of imports including food and clothing. Controls on foreign currency payments have been enforced to favor imports of fuel, medicine and food.
The value of Iceland's currency has evaporated and an economy that outgrew the U.S. and euro region every year since 2004 at the least faces a prolonged recession, if not a depression. The economy may shrink more than 10 percent with inflation reaching 75 percent in months, says Danske Bank A/S Chief Analyst Lars Christensen.
The country's main stock index has lost 90 percent of its value, most of it in the past week or so, more than double the decline in neighboring Nordic countries like Norway and Sweden.
Pour le VIX, la MACD est passée ce soir assez nettement sous sa ligne de signal. C'est signe d'un très probable mouvement de baisse du VIX et donc d'un rebond technique des indices (vague 3.4). Loïc, est ce que vous confirmez ? y a t'il qqn pour jouer le rebond, poussé par l'euphorie naissante liée aux anticipations de la prochaine, inéluctable ...., élection d'Obama ?
Le VIX http://www.indexindicators.com/charts/cac40-vs-vix-1d-sma-params-x-x-x/ n'est pas fiable pour moi pour l'instant, je préfère me baser (en plus) sur d'autres critères, comme le cours des actions françaises ce soir à NY ...
et d'autres informations...
http://www.boursier.com/vals/US/citigroup-un-broker-n-y-croit-plus-news-304568.htm
pas exactement le 21 ...
D'autres poids lourds du monde industriel et financier américain vont publier des résultats trimestriels très mitigés demain ... Et qui pense encore que les résultats des entreprises allaient être pour la plupart au-dessus des prévisions ...? Moi par contre je savais qu'ArcelorMittal allait encore faire de bons résultats, mais les futurs résultats semestriels ne comptent plus autant dorénavant ... pour preuve l'action vient encore de perdre 10,57% "ce soir" à NY !
La baisse des indices est donc à terme inéluctable ... le marché du crédit ne se remettra pas en fonctionnement avant la purge totale de l'excès de toutes les dettes !
Mais comme tout le monde, je peux aussi me tromper ... Wait and see ...
Luc
Bonsoir,
Je ne suis pas loin de penser que vous vous trompez à peu près sur toute la ligne.Finalement vous avez raison sur un seul point;la baisse des marchés!(c'est déjà pas mal!).Pour le reste,pardonnez moi mais,je vous trouve assez "léger" et quelquefois completement à coté de la plaque.Au lieu de rédiger sans cesse de nouveaux posts argumentés vous devriez simplement écrire les marchés sont baissiers...
Votre dernier post illustre bien mon propos.
La "cause racine de la crise" ce n'est pas" la psychologie des foules"!Plus justement la crise s'explique(pour faire court je grossis un peu le trait)par les politiques menées par les Etats-Unis depuis le début des années 70(fin du Système Monétaire Internationale,instauration de taux de change flottants,abandon de la convertibilité $ or,ouverture aux échanges extérieurs).
Aux Etats-Unis la désintégration de l'appareil productif et la déflation salariale ont finit par peser sur la demande.Le crédit devenait alors la seule solution pour maintenir l'activité économique.Dans n'importe quel autre pays ce processus aurait provoqué une dévaluation et(ou) une baisse de la consommation.Pas aux Etats-Unis puisque le pays a imposé au monde sa devise.Parce que les Banques centrales,dans le monde entier,sont tenues de détenir une part importante de leurs réserves en dollar,l'argent irrigue mécaniquement l'économie américaine.La martingale américaine n'est finalement qu'une assez vulgaire escroquerie,une cavalerie financière,le pays emprunte à des taux anémiques(et souvent négatifs comme aujourd'hui)et rembourse en monnaie de singe.
Comme vous êtes "plutôt atlantiste"(je vous cite),je ne résiste pas à vous infliger deux citations de de Gaulle qui il y a près de 40 ans avertissait du danger;
-"Les Etats-Unis ne sont pas fichus d'avoir un budget en équilibre.Ils se permettent d'avoir des dettes énormes.Comme le dollar est partout la monnaie de référence,ils peuvent faire supporter par les autres les effets de leur mauvaise gestion."Janvier 1963.
-"Alors ils fabriquent des dollars à la planche à billets,ils les exportent,les gogos les prennent comme si c'était de l'or;c'est très commode pour les Américains."Septembre 1965.
Pour finir je ne partage pas(et c'est peu dire)votre opinion sur les Bons du Trésor US(réponse au commentaire 19).Les taux longs finiront par se tendre et on assistera alors à une formidable bérézina financière(à plus forte raison si les exédents chinois fondent comme neige au soleil...).L'analogie avec la situation japonaise durant la dernière décennie ne tient pas,le pays avait des exédents commerciaux et les ménages japonais sont les plus grands épargnants au monde.
PS;long sur le yen,le franc suisse(contre dollar),je vends des actions,en achète d'autres(en Europe,en Chine,au Japon mais pas d'actifs libellés en dollar...),vendeur d'obligations US(un trop tôt peu être),long sur les matières premières agricoles(inflation,stocks au plus bas et l'offre diminue encore plus vite que la demande...),j'achète des obligations convertibles(plus de 10% de rendement),de l'argent et de l'or(il n'y a que peu de rapport entre le cours de l'or et la demande en bijouterie et le petit manège des Banques centrales ne durera pas éternellement...)
Bon trade!
Peut être que sur les toutes dernières années il y a eu ce que vous décrivez...
Vous parlez de "dynamique de foule" mais finalement la foule se restreint à peu de personnes!!!
Je pense comme Marc, qu'il y a un vrai problème de fond. Il serait temps que le système financier se rapproche de la réalité des choses.
excelent marc !!!
c'est vrai que tout le reste va tres fort, l'immobilier est au mieux de sa forme, les matières premières sont a la fete, l'industrie automobile, au top niveau....meme le cours du brut a ete divisé par 2, vraiment tout va bien a par la bourse effectivement qui fait un peu grise mine...
non...vraiment, on peut ne pas etre d'accord avec ce qui est écrit, mais il faut trouver des vrais arguments...
il y aura peut etre une hyperinflation, un jour,car les etats seront tenté d'y diluer la dette, mais aujourd'hui elle est ou l'inflation ??
la deflation par la dette était encore un scenario un peu fantaisiste il y a quelques années, car tellement a contre courant.
http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue/2-86.pdf
mais aujoud'hui on a un pied dedans et le nier, c'est de l'obscurantisme.
quand a la psychologie des foules, c'est effectivement le coeur du problème encore une fois, des bulbes de tulipes a la bulle du net, les siecles passes et l'humanité n'a pas changé.....l'excelent livre de gustave le bon est a relire encore une fois.
Voir article suivant :
http://afp.google.com/article/ALeqM5hX25Fp6dJhZFx4ClBq0c5oEqfPJg
L'opposition au gouvernement péroniste de gauche de la présidente Kirchner dénonce de son côté une confiscation de ces fonds, dans le seul but d'assurer les besoins de financement à venir pour le service de la dette, qui atteindront quelque 40 milliards de dollars en 2009 et 2010. "
Quelque 9,5 millions de personnes sont concernées, bien que seuls 3,6 millions d'entre elles cotisent réellement à ces fonds de retraite, selon des chiffres du secteur où l'évasion est courante. Quelque 53% des salariés argentins sont affiliés à l'une des dix sociétés de gestion des fonds de retraite, le reste se retrouvant dans le public ou dans des régimes autonomes.
Cordialement.
Jean Yves
@ bréhat : oui, certains investisseurs sont probablement assez fous pour avoir joué un rebond.
Bigre, j'en connais même une qui s'en ronge les ongles de remords.
Princesse Daniela a misé sur le rebond.
Princesse Daniela a eu tort...
Je tente désormais de limiter mes pertes consécutives à l'achat -trop tôt, trop vite- de positions haussières. Je me console en me disant qu'au pire, je ne predrais que ce que j'ai auparavant gagné.
Bang Bang! Mais tant pis! Ce mauvais pas me permet d'apprendre. Le principal n'étant pas de ne pas répéter ses erreurs?
L'enseignement que je tire de mon achat au mauvais moment est celui-ci/
PAS DE RANGE SUPERIEUR A 8%.
Comment ai-ju pu être assez sotte pour miser sur la hausse lors d"une séance ou le CAC, après être tombé de 8%, est revenu "très provisoirement" à 0 (le jour de la baisse des taux).
Ah la la Daniela : pas de range supérieur à 8% !
Sinon contrairement à certains commentaires qui critiquent "la cause racine", je suis assez d'accord avec cette idée, dans la mesure où une large part de nos comportemenst et modes de pensées est aquis dans l'enfance. Notre enfance est celle d'un monde d'abondance, pas celle de guerres où de pénuries.
Je l'ai déjà écrit mais je pense qu'il faut le répéter haut et fort ... la baisse des indices est à terme i n é l u c t a b l e (en zig zag et sur plusieurs années). Le marché du crédit ne se remettra pas en fonctionnement avant la purge "totale" de l'excès de toutes les dettes ! La psychologie des foules est, comme dans un sens ou dans l'autre, sujet aux informations reçues. Elles sont mauvaise donc chute des indices !
Loïc me semble avoir raison dans l'issue malheureuse de cette horrible crise ... LA DEFLATION !
Bonjour...Concernant la psychologie des foules, elle ne joue peut être pas directement sur les indices boursiers. Soit. Mais la consommation, elle, joue sur les profits des entreprises - donc indirectement sur leur cours de bourse.
Cette fameuse foules a (et aura) donc bien un impact, important, sur les indices.
Même si le dévissage boursier actuel n'est pas uniquement dû à cela, il ne faut pas prendre les gros investisseurs pour des débiles profonds - eux aussi scrutent de près la courbe de la consommation et ils savent très bien vers quelle direction le marché tends ! Ils surveillent les données de très près, et se désengagent progressivement, d'une part car ils ont sans doute besoin de liquidités, et d'autre part car les montants énormes qu'ils ont en jeu ne leur permettent pas de se défaire d'un trait de plume d'une ligne de leur portefeuille sans dramatiquement en impacter les cours...
C'est donc bien la foule -les consommateurs- qui donne le "La" a une économie basée sur la consommation. Et la psychologie des foules conditionne la consommation.
Mon sentiment personnel est que la foule n'a plus confiance en l'avenir : elle ne consomme plus... Nous en somme a ce moment la de l'histoire.
Monsieur Labadie, je suis instit mais l'économie m'intéresse assez. Auriez vous des bouquins à conseiller pour dégrossir un néophyte. Il me manque quand même les bases qui me permettraient de tout piger de votre blog (et de votre bouquin).
"les rouages de l'économie nationale" de JM Albertini à l'air pas mal.
Merci des tuyaux.
Loic, je viend relire qq pages de ton livre. Apres la crise de 29, on est passe de nouveau dans la phase 1 du cycle (pas d'inflation, travail, prudence). Aujourd'hui, tu dis qu'on va passer directement a une phase 2 (inflation forte), sans passage par la phase 1. Pourquoi? Est-ce principalement a cause des mesures que les autorites veulent mettre en place?
Est-ce que quelq'un ait une idee (des liens) sur le PIB des US qui va etre publier le 30 Octobre? Tres mauvais, moin mauvais que prevu? Loic, tu parlait d'un rebond avec en soutien l'election d'Obama. Tu peux developper? Pourquoi Obama va soutenir un rebond? Est-ce qu'on peut avori une baisse des taux le 29 Octobre lors de la reunion de la FED?
Voila des questions. Merci d'avance pour ta reponse.
Bonsoir.
Cherche CDS Lehman :
On n'a toujours pas retrouvé les CDS de Lehman. Il semble que les acteurs aient jusqu'au 23/10 pour faire état de leurs Profits et Pertes. Il se pourrait aussi que tout se soit résolu dans les arrières cuisines de nos banques avec l'aide de l'état US (prêts à AIG, etc) pour nous faire croire que nous n'avons rien à craindre de ces trillions de CDS ? PAs facile de comprendre tout ce qui se passe sur ces marchés.
Gros potentiel de pessimisme supplémentaire sur le S&P 500 :
Pour les résultats du 3T2008 et les perspectives des mois à venir, ci dessous un extrait d'un post de ce soir sur bloomberg. C'est pas brillant brillant. Malgré tout, a en croire cet article il y en a plein qui se font encore des illusions. LEs analystes pensent que le 4T2008 va voir les profits augmenter significativement sur le S&P 500 !!!! Les chiffres risquent fort de faire rentrer chez eux les qqes rares acheteurs qui croient encore en ces sornettes. De là à penser que le S&P 500 au niveau du jour inclus encore des hypothèses de profit aussi déconnectée de la réalité de l'économie actuelle laisse augurer du potentiel de baisse à court et moyen terme. Finalement il y a encore pas mal d'optimistes aux US.
Profits retreated 27 percent on average for the 141 companies in the S&P 500 that released results as of this morning, according to data compiled by Bloomberg. The group has trailed analysts' earnings estimates by an average of 2.6 percent.
Wall Street analysts forecast an 11 percent drop in third- quarter earnings in a Bloomberg survey. That would mark the fifth straight quarter of declining profits.
For the fourth quarter, analysts estimate a 24.2 percent increase in profits. For fiscal 2009, they project growth of 18 percent to a combined $95.70 a share for the S&P 500, according to estimates gathered by Bloomberg.
``Everyone's got to lower their expectations,'' Keith Wirtz, president and chief investment officer of Fifth Third Asset Management, said on Bloomberg Television. ``This year we're looking at operating earnings somewhere in the mid-$90 range for S&P 500 companies. Who knows what next year might be. It might be somewhere in the mid-$70s.''
Oui "everyone got to lower their expectations", et au rythme où les choses vont, il semble que les gens vont être vite convertit et lorsque cela arrivera, tout va si vite depuis le 15/09, cela ne sera pas très beau à voir. Nous sommes encore loin des rendements et PER qui rentrent dans les tendances historiques, comme l'a rappelé Loïc de nombreuses fois. Il y a encore, malheureusement, tellement de mauvaises nouvelles à venir, le potentiel de baisse est vraiment encore énorme.
Loïc, je crois que Marc vous a bien aidé.
Loïc et Marc. A vous deux. Merci.
Marc, vous ne le savez peut-être pas, mais, en fait, vous êtes du même avis que Loïc.
Loïc, je crois que Marc vous a bien aidé.
Loïc et Marc. A vous deux. Merci.
http://www.247wallst.com/2008/10/media-digest-17.html
http://storage.canalblog.com/50/28/23019/31541300.jpg
Qu'est ce qui se passe? C'est dificile a suivre tout ca...
je me lance aussi (après des mois d'observations & pour laisser 1 trace): j'estime que les mois passés concernaient une révision des PER pour revenir aux taux de rentabilité mentionnés par Loic. Depuis quelques semaines (qq jours ou même à venir) avec l'arrivée dans le "réel", les anticipations de résultats vont baisser; N'y aura t'il pas 1 hausse temporaire des fameux PE et donc des rentabilités qui baisseront?
2e question : les garanties données par les différents états ne seraient elles pas le début du transfert de la dette privée vers celle publique (et donc le risque d'inflation)?
Il y a bientôt un an de cela, j'écrivais sur ce forum un article intitulé "comprendre la hausse de l'euro".
A l'inverse du consensus, j'expliquais pourquoi l'euro ne chuterait pas, mais au contraire tirerait parti de la faiblesse du dollar.
En m'appuyant sur l'observation du découplage des économies US et européennes, j'anticipais une divergence de politique des banques centrales dans l'année qui s'annonçait et entrevoyais un upside important pour la devise Européenne.
Toutefois, même si je reconnaissais qu'il y avait découplage, je mettais l'accent sur le fait que l'Europe verrait apparaître des failles en 2008, notamment du fait de l'explosion de la bulle immobilière qui sévissait en Espagne, France et Italie. Je faisais mention par ailleurs du risque inflationniste dans ces pays et du poids insupportable de la dette publique pour les ménages. J'avais donc anticipé un relèvement de taux de la BCE à 4,25% voire 4,50% pour la fin de l'année 2007 ou tout début 2008.
Or, contre toute attente, la BCE a refait les même erreurs que lors de l'éclatement de la bulle internet. Au lieu de réagir promptement afin de faire éclater ces bulles immobilières et de casser la dynamique inflationniste. Elle a préféré maintenir un statu quo inefficace autant que destructeur pour enfin s'avouer vaincue durant l'été 2008 et relever ses taux lorsqu'au contraire, elle aurait du commencer à les baisser.
Autant, la politique de la BCE était juste en octobre 2007, car elle protégeait l'épargne et permettait aux bulles spéculatives de dégonfler, tout en nous protégeant de la hausse du pétrole. Autant, l'inertie et la lenteur de réactivité dont elle a fait preuve a été catastrophique. Comme je l'écrivais l'automne dernier, il fallait remonter les taux jusqu'en février 2008, puis commencer à les détendre afin de se re-phaser avec l'économie US.
Le résultat aujourd'hui est que l'économie Européenne va au devant d'une crise majeure.
Ma compréhension du problème maintenant, est que plus longtemps l'euro restera élevé, pire ça sera pour les économies européennes. je dis LES car en fait, la zone euro regroupe des économies de nature différentes. Comme le démontre si bien l'économiste Jean Pierre Chevalier (voir son blog), les économies européennes sont maintenant en train de diverger à cause de l'euro. Comme il n'y a plus de système de change flottant, l'euro écartèle les économies. L'allemagne profite d'un taux de change plus bas que ce qu'elle aurait eu avec le mark, tandis que l'Italie et la France se retrouvent avec un taux de change plus haut que ce qu'elles auraient eu avec la Lire et le Franc. Résultat : nous nous dirigeons lentement vers une crise Argentine pour les pays du sud de l'Europe (Espagne, France, Italie) alors que les pays du nord s'en sortent bien (Pays bas, Allemagne).
Il ne faut pas se tromper de coupable néanmoins, la faute ne revient pas aux Allemands ou aux Pays bas, la faute revient aux pays qui n'ont pas su se réformer et respecter le pacte de stabilité. Les gains de productivité n'ont pas été faits, la fiscalité est restée pesante pour ces pays, et aujourd'hui, comme le train est en marche, ils ne peuvent plus sortir.
Le problème qui s'annonce est majeur : les pays qui souffrent de l'euro, vont également souffrir de l'éclatement de la bulle immobilière. Tandis que ceux qui profitent de l'euro n'en souffriront pas (l'Allemagne par exemple n'a pas connu le pb de la bulle immo). On se dirige donc vers un éclatement pur et simple de la zone euro.
Que vaudra l'euro alors ?? On reviendra aux monnaies anciennes avec une réévaluation des monnaies par rapport à l'euro. Sur le site de JP Chevalier, il explique très bien ce que le marché anticipe aujourd'hui pour ces valeurs : par exemple, en France, nous avons une dévaluation implicite qui flirte avec 7% par rapport à l'euro actuel, tandis qu'en Italie, la dévaluation implicite est de 20%. Ces calculs sont le résultat de la valeur que le marché accorde aux obligations d'état émises par ces 3 pays. Les taux de rendement entre le Bund et l'OAT par exemple, permettent de calculer cette dévaluation implicite.
En ce qui me concerne, je ne vois pas beaucoup de upside pour l'Europe actuellement. Elle s'enfonce dans un hiver démographique, aggravé par une fiscalité et un système de pension en faillite. La politique d'immigration mise en place dans les années 70-80 s'avère un échec. Les jeunes ne sont pas intégrés et ne se reconnaissent pas dans les différents pays où ils ont été accueillis. La productivité est toujours aussi basse, car les idéologies dominantes se basent peu ou prou, sur le collectivisme. Alors que les pays d'Asie ou anglo-saxons, appliquent parfaitement les préceptes de l'économie moderne.
Je vois un upside important aux USA car ce pays est réactif et proactif. Il attire des millions de gens pour y vivre, travailler ou investir. Je croise des immigrés de toute provenance, et aucun n'a de rancoeur contre son pays d'accueil. Ils sont tous là pour travailler (et n'ont d'ailleurs pas le temps de faire du prosélytisme ou du militantisme, time's money). La démographie est robuste. La productivité augmente, et une fois la crise immobilière et financière résorbée, le pays sera de nouveau sur un taux de croissance de 7 à 8%. Le chômage redescendra sous les 4%. Enfin, et ce n'est pas le moindre des paramètres : les troupes US vont se retirer d'Irak. Un deal se fera avec l'Iran qui permettra de redessiner la carte géopolitique du golfe persique.
Je rappelle que, bien qu'au coeur de cette crise, le chômage américain (au plus haut depuis 7 ans) est à peine à 6,5%, et le dernier PIB connu (Q2) à 3,5%. L'essence à la pompe est à 0,65€ du litre, et la balance commerciale excédentaire (ce qui, depuis un an permet de stopper la planche à billet. Le dollar redevient donc sain)
il se produira à un moment donné (Q1 2009 ou Q2 2009) une inversion des politiques monétaires : la Fed remontera ses taux pour éviter la surchauffe du PIB alors que la BCE fera exactement l'inverse : elle baissera ses taux pour sortir de la récession. Le rapport PIB US/europe sera en faveur des USA, de même le carry trade jouera pour le $.
L'euro reviendra vers 1,20 et peut-être bien plus bas (1$ ?). Nous verrons d'ici 2010.
Je posterai d'autres analyses et d'autres anticipations.
La force d'un bon analyste repose avant tout, dans sa capacité à ajuster et affiner ses prévisions. Nous n'avons pas de boule de cristal, mais plutôt des sextants , qui nous permettent de naviguer tant bien que mal, dans ces océans d'incertitudes.
Cordialement,
Futbot
(ma dernière phrase est presque poétique.. si on m'avait dit qu'un jour je ferais de la prose sur Bourso. Lol)
QUE PENSEZ VOUS DE CA?
Lorsque la valeur des actifs baisse, la promesse de richesses futures qu’ils portaient tente de se réfugier dans le présent. Ce faisant, la dette future devient une dette pour le présent. Et le ruine.
On considère habituellement un actif, c’est-à-dire une épargne « placée » comme une richesse disponible. Mais cette disponibilité ne sera utilisée que dans un futur plus ou moins lointain. Le jour où ce droit de retrait sera exercé, l’emprunteur devra pouvoir extraire cette richesse du présent pour rembourser le créancier. A charge pour lui entre temps d’avoir utilisé ce prêt pour accroître les richesses tangibles. A l’inverse, lors de sa conversion en actif, l’épargne présente - liquide - change de nature. Elle abandonne sa forme de richesse actuelle, la monnaie - qui est une dette sur le présent au sens où elle porte en elle l’exigence d’une contrepartie dans les biens circulants - pour se transformer en une dette tirée sur un futur à venir, plus ou moins distant, selon ce que les professionnels appellent les « maturités », la durée de l’engagement.
Ce principe de base, que l’on peut appeler « conversion de maturité » - l’échange de présent pour un futur - est mis en œuvre à tous les niveaux de l’activité économique. Par les banques, bien sûr, mais aussi par les entreprises, les bourses, et même les Etats.
Or ces machines à transformer les maturités partagent toutes un point commun : lorsqu’elles sont soumises à des demandes de retraits massifs, elles s’effondrent. D’abord parce que la vente massive et simultanée des actifs crée à tout coup un marché baissier. Mais la raison fondamentale de cette faillite de la « conversion inverse de maturité », du futur au présent, est celle-ci : aucun présent ne peut supporter en même temps la réalisation de tous les futurs qui auraient du normalement s’échelonner.
Ces conversions - c’est-à-dire ces retraits - peuvent avoir classiquement plusieurs causes. Le manque de confiance apparemment injustifié lorsque les fondamentaux sont sains, on parle alors de crise de liquidité. Le manque de confiance justifié, lorsque l’établissement a fait des investissements générant des pertes, et c’est alors une crise d’insolvabilité. Et enfin un besoin pressant de liquidités de la part des déposants.
Dans la situation actuelle, faite de doute généralisé et de certitudes de pertes - dont le niveau réel est toujours indéterminé mais augmente mécaniquement plus cette crise se prolonge et se diffuse - ces trois ingrédients sont présents simultanément dans l’ensemble du système et se renforcent les uns les autres. Certains sont inquiets pour la valeur de leurs investissements, d’autres veulent « sortir » pour limiter leurs pertes et les derniers cherchent frénétiquement des liquidités pour couvrir des pertes déjà subies. Dans tous les cas, les ventes d’actifs requises pour rembourser les déposants poussent les prix à la baisse, en un cercle vicieux qui s’auto alimente.
Les paniques de retrait bancaire, dont le monde développé croyait qu’elles appartenaient au passé, sont l’archétype de ce mécanisme. Par nature, aucune banque, qui utilise des dépôts à court terme pour financer des investissements à long terme, ne peut résister à une demande massive de remboursement. Lorsque tous les déposants se présentent au guichet, n’importe quelle banque est mise en faillite, même si sa situation est saine. Cette réalité est comprise depuis fort longtemps, et c’est pourquoi toutes les banques de dépôts sont adossées à une banque centrale qui fournira le cas échéant les liquidités devant permettre de faire face à ce genre de situation.
Mais ces retraits ne ruinent pas uniquement les banques.
La bourse offre également un exemple de ce mécanisme. La capitalisation boursière n’est que virtuelle. Elle ne conserve sa valeur que tant que les demandes de retraits sont inférieures en nombre aux offres des investisseurs entrant sur le marché. Que tous les détenteurs d’actions tentent en même temps de sortir, de « réaliser » leur capital, et ils sont à coup sûr ruinés.
Les Etats - on le voit en ce moment - peuvent aussi être mis à genoux par une vague de retrait massif des capitaux étrangers. Lorsqu’un investisseur étranger veut rapatrier ses capitaux - le plus souvent en dollars - il doit convertir ses créances de la monnaie locale vers le billet vert. Que tous les investisseurs étrangers se mettent à vendre en même temps leurs devises locales contre des dollars et comme dans tous les marchés où les vendeurs sont plus nombreux que les acheteurs, le cours du bien - ici la monnaie du pays - s’effondre. C’est pour se préserver contre ce danger que les banques centrales des pays émergents ont accumulé force dollars ces dernières années. Elles peuvent ainsi jouer le rôle de l’acheteur de dernier recours et soutenir le cours de leur devise. Mais les volumes mis en jeu ces derniers temps ne leur permettront pas de tenir très longtemps. Autre cas de figure de conversion, une vente massive de bons du Trésor - américains par exemple ? - produirait le même résultat.
Dans tous ces cas, banques, bourses, Etats, le phénomène est le même. Les retraits qui auraient du en temps normal s’étaler dans le temps sont tous effectués au même moment et ce flot emporte peu à peu toutes les digues.
Comment pourrait-il en être autrement ? Car c’est en fait à un raccourcissement du temps auquel nous assistons. Les promesses de retraits futurs ne peuvent évidemment être tenues que si les demandes s’échelonnent l’une après l’autre. La conversion inverse des maturités - du long au court - de l’actif au liquide, équivaut une ponction sur la richesse du jour au moment où elle est effectuée.
Mais aucun présent ne peut suffire à réaliser toutes les promesses de futur en un seul jour.
Face à cette situation intenable par nature, il n’y a que de mauvaises solutions.
Dans tous les cas, cet afflux de futur au guichet du présent s’avèrera ruineux.
Mais au-delà du constat, cette grille de lecture - fort peu académique, au demeurant - de la crise comme l’expression d’un dysfonctionnement de la relation au temps peut donner aussi quelques clés de compréhension. Si l’on interprète la crise actuelle comme une inflation déraisonnable de futur soumis aujourd’hui à un processus de dégonflement subit, on peut lire différemment les processus qui ont encouragé cette inflation.
La dette : c’est le coupable le plus évident. Comme le rappelle Paul Jorion, le crédit à la consommation est une perversion fondamentale d’un mécanisme qui à l’origine n’a de sens que s’il permet d’accroître la production ou d’étaler dans le temps l’acquisition d’un bien durable au-delà de l’extinction de la dette. Le crédit à la consommation, cette traite sur le futur, qui en court-circuitant l’attente a pour effet de réduire les revenus de demain d’un montant supérieur à celui du bien consommé aujourd’hui, se traduit par un appauvrissement et rien d’autre. Il est l’inverse d’une augmentation de richesse tangible et durable. Et lorsque les ménages en sont réduits à l’emprunt pour subvenir à leurs dépenses courantes, l’empilement de ces traites garantit le non remboursement du principal. C’est le principe même du revolving, la dette éternelle.
Les inégalités : combien pèse un milliardaire en euros en année de travail de salarié français ? Retenez votre souffle. 55 555 ans. Plus de 50 millénaires, 25 fois l’unité de compte de la civilisation occidentale. Faites le calcul vous-même, divisez un milliard par 18 000 euros, 12 fois les 1500 euros du salaire net médian en France. En mobilisant le travail de 10 000 personnes durant cinq ans, on n’est sans doute pas loin de l’effort requis pour bâtir une pyramide. Voilà l’échelle de durée des nouveaux pharaons du temps présent. Celle d’un droit de tirage insensé sur les richesses produites par les sociétés, qui pour assurer simplement sa perpétuation exige une rémunération toujours plus élevée par le jeu des intérêts composés, et ce faisant induit un appauvrissement toujours plus grand de la société qui l’héberge. Inflation de futurs disions nous. C’est hyper-inflation qu’il faudrait écrire, en l’occurrence.
La spéculation : les mécanismes de vente à terme - les « futures », dans le jargon de la finance - ont à l’origine une raison d’être légitime. Protéger un producteur - en l’occurrence il s’agissait de cultivateurs - contre les variations erratiques des cours. En vendant par avance sa récolte à un prix estimé raisonnable, ceux-ci se garantissaient contre une éventuelle chute des prix. Dans ce modèle, la relation présent-futur est univoque. Un producteur se protège lui-même et uniquement lui-même. Mais ce mécanisme de protection a été étendu sans limite. Point n’est besoin aujourd’hui d’être détenteur du bien à vendre pour parier sur la valeur future de celui-ci. C’est le principe même de la vente à découvert - des naked shorts - qui sont en ce moment interdits par les autorités boursières. La aussi, l’inflation de futur par rapport au présent - au bien réel - produit ses effets néfastes en multipliant à l’infini les occasions de paris qui amplifient de façon fort néfaste les variations des cours, comme la récente fièvre sur le pétrole l’a à nouveau démontré. Certains diront sans doute qu’il faut être deux pour faire un pari, et que ce ne sont là que des transferts à somme nulle. Somme nulle ? Ce n’est sans doute pas l’avis des français qui ont du cet été raccourcir leur vacances à cause de la facture carburant, mais passons.
L’inflation des actifs boursiers : la hausse des cours de bourses est vue comme un bienfait, la preuve de la bonne santé de l’économie. Mais encore une fois, l’inflation de futur est à l’œuvre. Le critère couramment utilisé pour mesurer la valeur d’une action est le Price Earning Ratio, qui exprime la valeur de l’action en nombre d’années de dividendes perçus. Durant les phases spéculatives il peut atteindre 40. Ce qui signifie qu’à défaut de vendre, il faudrait patienter 40 ans pour retrouver le montant de son investissement. Pourtant, lorsque le PER est multiplié par deux, comme cela se produit en phase ascendante, aucune richesse réelle, tangible n’a été créée. Seul le droit de tirage sur cette richesse réelle l’a été. C’est une inflation de promesse. Autre exemple : lors de la bulle Internet, une autre métrique était utilisée pour estimer une entreprise : celle de la valeur du client. A l’époque, 4500 euros était devenu un chiffre courant, et certaines opérations de rachat se sont négociées jusqu’à 7500 euros par client. En prenant pour estimation on ne peut plus optimiste un chiffre d’affaire de 450 euros par an, le point mort, le seuil de rentabilité de l’investissement, n’aurait été atteint qu’après 10 ou 15 ans, c’est-à-dire en réalité jamais. Ces chiffres, parmi d’autres, montrent à quel point la déconnection peut être complète entre la « valeur » attribuée aux actifs et la réalité de l’activité économique sous jacente. Encore une fois, l’inflation des futurs, des promesses intenables, était à l’œuvre.
Le vieillissement de la population. C’est sans doute le point le plus aveugle, le moins évoqué, le moins compris de cette crise, relevant évidemment lui aussi de la relation au futur. Bien sûr, la question des retraites est centrale dans nos sociétés. On nous répète sur tous les tons que le système par répartition est compromis, voire intenable, et que la seule solution alternative à l’allongement de la carrière est l’épargne, la capitalisation. La thèse sous jacente étant que l’épargne transformée en investissement accroîtra la productivité, donc la quantité de richesses disponibles à partager dans le futur. Or cette assertion n’est pas vérifiée. L’afflux d’épargne ne se traduit pas - et de loin - entièrement par des investissements productifs. Il renforce une inflation artificielle des actifs, à commencer par la bourse. Dans le même temps, l’augmentation du poids relatif de la population retraitée se traduit par une ponction accrue sur la richesse produite, car dans tous les cas, répartition ou pas, le résultat est le même : les salariés doivent subvenir aux besoins des inactifs, que ce soit par la redistribution ou par la rémunération du capital. Une part croissante de la production de richesse qu’ils ont créé est donc distraite en direction des retraités. Cette transformation en profondeur de l’équilibre démographique a donc pour effet de distordre la structure des revenus et de la demande, et d’appauvrir les générations montantes, comme l’a observé Louis Chauvel. Mais c’est aussi un gisement majeur de carburant liquide alimentant une spéculation toujours grandissante et de plus en plus détachée de l’économie réelle.
Le prix de l’illusion
Certes aucune société, aucune structure, ne pourrait subir sans dommage la crise de conversion des maturités que nous subissons. Mais ce processus désastreux n’est pas un simple accident de parcours né d’une mauvaise appréciation du risque dans les officines de Wall Street. C’est aussi le règlement de compte d’une calamiteuse accumulation de promesses intenables, où l’illusion de la richesse infinie avait pris le pas sur le réel.
La véritable nature de l'actuelle Union Européenne est révélée par la construction simultanée d'une communauté nord-américaine destinée à fusionner avec elle.
Pierre Hillard analyse ce projet, tel qu'il est décrit ds les documents internes des cercles des dirigeants canadiens - états-uniens et méxicains.
Je recommande particulièrement le passage sur la Belgique à Luc.
Peut être qu'à lecture de ses livres, cette crise économique nous paraîtra plus compréhensible.
Vous avez vu la séance de ce jeudi?De plus 2 à moins 2.Puis 5 mn après plus 1%.Puis 5 mn après moins 0,5 etc ........cloture à plus 2%.Comment interpreter cette séance.Combat entre baissiers et haussiers?Incertitudes?En tout cas, cela ne fait que confirmer.Je ne joue pas le marché, je reste out à 100%.Ils vont juste réussir à dégouter tout le monde.Ce marché n'est pas sain.
Le marché sur la place de Paris est étroit (comparé à Londres ou au NYSE) et il est tenu par les zinzins et les gérants étrangers.
Si l'on s'en tient à la scéance d'aujourd'hui il y a dégagement sur les valeurs cycliques et report sur les valeurs défensives.
Et + 0,38% est un rebond en trompe l'oeil, attendons la suite car le marché n'a pas encore intégré l'ampleur exacte de la récession. Et les valeurs défensives, le seront de moins en moins, à quelques rares exceptions près comme ESSILOR (on aura toujours et encore besoin de lunettes).
Les plus audacieux (ou les plus fous) peuvent toujours moyenner à la baisse (et attendre 2 à 3 ans avant d'espérer se refaire).
"Dans les magasins, face à une demande qui s'écroule, on tente par tous les moyens d'écouler les stocks. Sur les prospectus distribués dans les boîtes aux lettres, on casse les prix : - 50 % sur les pâtisseries, - 80 % sur les meubles, - 90 % sur les chaussures."
C'est en Islande : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/23/naufrages-d-islande_1110252_1101386.html
Merci pour ce blog.
Avant hier j'écrivais(commentaire 63)que je pensais que vous vous trompiez "sur à peu près toute la ligne".Evidemment j'ai eu droit à quelques commentaires acerbes mais ce soir j'enfonce le clou.
Faire dans la vulgarisation économique(je veux dire rendre intelligible l'économie)c'est louable mais il y a des limites à ne pas franchir,surtout quand on prend le risque de moquer ses contradicteurs...
La déflation c'est une contraction des grandeurs économiques nominales,une baisse des prix,des salaires,une réduction de la masse monétaire qui peut s'accompagner d'une contraction des grandeurs réelles;baisse de la demande de la production,de l'emploi...etc...
L'inflation naît d'un déséquilibre économique,elle se traduit par une hausse continue du niveau général des prix.
Comme il existe plusieurs types d'inflation(importée,par la demande,monétaire,par les coûts)il faut considérer la nature du déséquilibre et ses causes.
L'inflation monétaire résulte d'émission monétaire débridée,pour la juguler il faut limiter la création de monnaie(augmenter les taux).
Il faut noter que pour les tenants de la théorie quantitative de la monnaie l'inflation est "toujours et partout un phénomène monétaire".Pour Milton Friedman,chef de file des monétaristes,l'inflation résulte du laxisme des autorités monétaires qui cèdent aux pressions des "demandeurs de monnaie" par faiblesse,démagogie(on pourrait ajouter par bêtise,aveuglement,par servitude...)et qui créent ainsi un désajustement entre la masse monétaire en circulation et le volume des transactions qu'elle sert a assurer,ce qui entraîne une hausse des prix nominaux.
Quand on inonde le marché de liquidité,par des injections directes d'argent public et en maintenant des taux réels négatifs,on ne condamne pas le "système" à la déflation mais à l'inflation.
Vous confondez fort opportunément la déflation et le deleveraging,mais ce n'est pas parce que les marchés s'effondrent que l'on traverse une période déflationniste.
Et entre parenthèse vous vous trompez encore quand vous essayez de justifier(ou d'anticiper)à grand renfort de graphiques,courbes ou d'indicateurs le niveau des indices.On assiste à des liquidations,des ventes forçées,les niveaux de cours n'ont rien à voir avec la dégradation des fondamentaux économiques.
Comme vous ne connaissez pas mes "états de service" vous pourriez(avec d'autres)être tenté de me répondre(comme il y a quelques semaines)avec une pointe de condescendance,mais heureuse coincidence(pour moi),le lendemain de mon post,je suis tombé sur une interview de Jim Rogers sur CNBC(archive vidéo,"Rogers").Pendant près de 10 minutes une légende vivante de l'investissement s'est efforcé d'expliquer à un demi-singe(je veux dire un journaliste)qu'il n'était pas juste de parler de déflation...
PS,je ne me souviens plus du pseudo de celui qui s'est essayé à l'humour au sujet de citations de de Gaulle que j'avais relevé dans mon commentaire.Hier j'ai cru comprendre qu'il me traitait de pigeon parce que j'achetais l'or.Contrairement à ce qu'il semble dire je ne crois pas au retour de l'étalon or mais plutôt(je le répète)à l'inflation.Dans son post il faisait une analogie avec le poker,moi je ne joue pas au poker avec des allumettes,si il pense que l'or va s'effondrer qu'il le vende,mais vraiment!Pas simplement dans ses rêves...
Bon trade.Mais non j'oubliais "la déflation arrive!",liquide depuis 2007 et jusqu'en 2012...
"Mais il y a des limites à ne pas franchir"
Bonjour. Désolé mais sur ce blog, c'est moi qui décide et pas vous. Je "franchis" les limites que je veux chez moi. Merci donc d'éviter à l'avenir ce type de remarques dans vos commentaires. Là aussi je peux décider comme je veux ici du sort de certains commentaires qui "franchissent les limites".
J'ai déjà expliqué en long et en large pourquoi c'est bien la déflation qui nous attend, et pas l'inflation (notamment le fait que les états n'ont pas les moyens de contrer le crédit crunch déflationniste en cours, et que leur capacité de création monétaire est bien inférieure à la destruction par deleveraging)...Tous les arguments sont présents dans la catégorie inflation / déflation du blog, et je ne vais pas relancer le débat là dessus. Juste rappeler ce qui se passe dans le monde réel en ce moment.
Le deleveraging est bien le processus de base de la déflation, vu qu'il consiste en une réduction de la dette (on vend des actifs pour avoir du cash et rembourser la dette), donc en une réduction de la monnaie temporaire.
Pour le reste, ce n'est pas moi qui suis "condescendant" mais vous et vos affirmations (ou vos jugements sur les autres) qui me semblent bien prétentieux, à la fois sur la forme et le fond de vos messages.
Les faits vous donnent tort pour le moment, parce que tout baisse (y compris votre or, vos matières premières et autres "valeurs inflationnistes")...Le Baltic dry index n'en finit plus de descendre aux enfers, les taux sont obstinément bas et pointent tous vers la déflation.
Combien de % de baisse sur les matières premières déjà depuis vos premiers posts sur le thème "les marchés baissiers n'existent pas ?"
Donc je vous donne simplement rendez vous dans 2 ans, nous en reparlerons à ce moment. En attendant, avec mon "cash qui dort", mon pouvoir d'achat en matières premières augmente un peu plus chaque jour :-)
Autre affirmation de votre part : "les niveaux de cours n'ont rien à voir avec la dégradation des fondamentaux économiques"
Je dirais plutôt : les niveaux de cours d'avant crise n'avaient rien à voir avec les fondamentaux, ils commencent à peine à prendre en compte leur dégradation, et le spectacle est loin d'être fini.
Quand aux "pointures", désolé, mais vu le nombre de "pointures" qui racontent n'importe quoi et qui n'ont rien vu venir au sujet de la crise (en gros 99% des "pointures" du monde économique)...permettez moi de rire un peu à leur dépens.
Jim Rogers était haussier sur les matières premières au début de la crise, il s'est planté sur toute la ligne. A cause de la déflation globale d'actifs en cours.
Il a conseillé la Chine en 2007, il s'est fait massacrer (division par 3 du shangaï index):
http://money.cnn.com/magazines/fortune/fortune_archive/2007/12/24/101935724/index.htm
Il a conseillé les matières premières en 2007, elles se sont plantées, et les valeurs minières encore plus. Ceux qui l'ont suivi en achetant des valeurs minières en savent quelque chose :
http://livingoffdividends.com/2008/08/15/rogers-still-bullish-on-commodities/
Il a prévu la baisse du $, et là aussi il a perdu...Logique, le $ est porté par la course au cash et le déleveraging en cours. Exactement comme le yen qui a bénéficié de la déflation japonaise au début des années 90.
Le minimum pour "une légende vivante de l'investissement" (comme vous dites), c'est d'être dans le bon timing (avoir raison trop tôt, c'est pareil qu'avoir tort). Jim Rogers ne l'est vraiment pas en ce moment. Ce n'est qu'un inflationniste de plus qui a cru que les arbres montent jusqu'au ciel et qui a perdu...toute "pointure" qu'il soit !
Voilà pour mon petit avis d'amateur insignifiant qui n'est vraiment pas une "pointure" ;-)
Et désolé pour cette ferme mise au point, mais elle me semblait indispensable vu le ton quelque peu "donneur de leçons" de vos récents messages.
Je vis au Canada et je peux vous dire que le $CAD vient de perdre 20% en 15 jours. Donc ceux qui pensent que le CAD est une valeur refuge devraient réfléchir à 2 fois. D'après ce que j'entends du ministre des finances, le ton est plutôt : " tout va bien Madame la Marquise, notre système bancaire est fort" J'ai le sentiment que le réveil va être très douloureux. Le seul avantage c'est qu'avec leur immigration choisie et triée ils peuvent stopper le renouvellement des nombreux contrats de travail temporaire.
Notre cher Alan Greenspan qui a dirigé la FED pendant près de 20 ans vient d'annoncer qu'il s'est sans doute trompé. Cela confirme ce que dit Loic lorsqu'il affirme que les grands spécialistes ne sont pas forcément les plus éclairés.
Il faut voir nos experts nationaux qui continuaient à vanter l'immobilier il y a encore moins d'un, des économistes dire "voyez comme l'économie américaine est solide"... Même les AAA des tops experts mondiaux des agences de distribution de bons points se sont révélés être de la merde en lingots!
Et plus la bulle a gonflée, plus ça pête fort: N'importe quel gamin avec un malabar le sait!
@ Loic
Bravo Loic pour ta reponse au malpoli Marc.
Je suis 100 % avec toi dans ta replique, comme je suppose nombre de tes lecteurs anonymes, notamment quand tu dis :
" Pour le reste, ce n'est pas moi qui suis "condescendant" mais vous et vos affirmations (ou vos jugements sur les autres) qui me semblent bien prétentieux, à la fois sur la forme et le fond de vos messages. "
Tu sais, je devine qu'il est tres enerve, ce Marc, parce qu'il perd beaucoup d'argent en ce moment, vu la "justesse" de ses analyses !
Je lui conseille amicalement, a ce mossieur bien agressif, s'il ne veut pas perdre bientot tout ce qui lui reste, de changer vite fait bien fait son fusil d'epaule et de suivre "religieusement" tes conseils. Il en a de la chance, c'est gratuit... et sans rancune !
Comme quoi la generosite existe bien en ce bas-monde... ;-)
Je n'arrive pas à savoir si tu cherches vraiment à discuter et à échanger comme tu le prétends ou bien juste à contredire pour le plaisir d'avoir le dernier mot.
D'un point de vue de spectateur extérieur, je dirai simplement que le ton que tu emploies donne l'impression d'une grande arrogance et d'un ego qui ne souffre pas d'avoir tort.
Je retrouve dans les articles de Loïc une clareté et un argumentaire (documenté avec sources) que je ne retrouve pas dans tes réactions. Pourrais-tu s'il-te-plaît (par respect pour le créateur de ce site et de ses lecteurs assidus) nous donner une explication claire et détaillée de ce que tu avances? Ou du moins expliquer en quoi Loïc à tort dans son analyse?
Pour l'instant, tu n'arrives qu'à embrouiller mon esprit là où Loïc l'éclaire.
Si ta réponse au post de Loïc ne va pas dans le sens de l'ouverture et du dialogue constructif, je considérerai -comme beaucoup d'autres lecteurs le suppose- que tu es ce qu'on appelle communément sur la toile : un Troll.
Au plaisir de lire ton prochain post (j'espère...),
Mathieu
je lis ici et là des commentaires faisant référence aux Alt-A qui seraient une menace prochaine. Après avoir parcouru votre site, je n'ai pas trouvé d'article y faisant référence, mais sans doute suis je passé a côté. pouvez vous m'expliquer de quoi il s'agit ou me donner un lien. merci
Bravo donc à Monsieur Abadie pour nous avoir informer de manière si détaillée et objective.
Continuez !
C'est aussi une des raisons pour laquelle la prédiction à 50-60 ans me semble bien audacieuse, ce d'autant plus qu'au cours de notre siècle la croissance industrielle va rencontrer les limites de notre planète. Le cas des réserves fossiles soulevé par un des commentaires est à cet égard très instructif: soit il y a en assez pour continuer le développement industriel et nous nous trouverons face à des changements climatiques dramatiques, soit ce n'est pas le cas et là c'est un tout autre problème tout aussi difficile(ce qui n'est pas si improbable que cela, l'utilisation des chistes bitumineux à la place du pétrole relève aujourd'hui de la science fiction et la liquéfaction du charbon induit une très forte perte au niveau énergétique). Pour vous montrer que cette vision n'est pas juste le fait d'extrémistes, je vous indique un lien intéressant vers la revue des anciens de l'école polytechnique: http://www.x-environnement.org/jr.htm .
Les changements climatiques (par ailleurs contestables au niveau de leurs effets qui ne seront pas forcément que mauvais : voir ce débat que j'avais lancé sur infoclimat
http://forums.infoclimat.fr/index.php?showtopic=22063) n'entreront à mon avis que très peu en ligne de compte dans les décennies à venir : Ce sont les émergents qui font l'essentiel de la hausse des émissions de GES aujourd'hui, et leur priorité absolue est d'atteindre notre niveau de vie...Les questions sur le climat seront pour eux totalement secondaires .
Ce qui me fait dire qu'au niveau mondial, les "Grenelle", "marché du carbone", "Kyoto" et autres :
1) Voleront en éclats avec la crise à venir (les soucis des populations se reporteront sur beaucoup d'autres choses)
2) Seront sans effet face à la dynamique des pays émergents.
Ce n'est pas un jugement de valeur ou une opinion que je porte ici, mais une simple prévision à mon avis réaliste.
Par ailleurs, il est bien connu que certains de leurs aspects peuvent être positifs, mais il est aussi bien connu que la balance, elle va pencher du côté négatif. La raison en est assez simple: si une région se transforme en désert, la détérioration est immédiate, alors que pour qu'un désert devienne fertile, il faut du temps(un sol, cela ne se fait pas en quelques années). En fait, un changement fort nécessite un autre éco-sytème, et si la vitesse des transformations, l'adaptation ne se fait pas.
Je suis tout à fait d'accords avec Beurk (j'avais d'ailleurs déjà exposé cet avis sur votre Blog).
Les GES ont pour conséquences, entre autres :
- changements climatiques
- acidification des océans
ces 2 conséquences directes peuvent éventuellement produire des effets bénéfiques (genre : la vie des inuits sera moins pénible)
Par contre, c'est être Terraplatiste que de se féfugier derrière cet argument. Les conséquences néfastes sont malheureusement durables... par exemple : l'acidification des océans detruit les barrières de coraux qui constituent un maillon primoridal de la chaine alimentaire halieutique.
je vous laisse imaginer la crise alimentaire majeure qui résultera de ce "mécanisme"...
Les tensions (guerres, famines, ravages climatiques...) induites par les effets des rejets massifs de CO2 chambouleront inévitablement les cycles économiques, malgré leur logique implacables.
Enfin, c'est mon humble avis :D
Bonjour Loïc et bonjour à vos lecteurs,
Je veux d’abord vous féliciter pour la qualité de votre travail et je dois vous dire le plaisir que j’éprouve à lire vos articles et certaines des contributions de vos visiteurs. En même temps que c’est intéressant, c’est rassurant et réconfortant de savoir que d’autres partagent nos idées, et même mieux les expliquent.
Je ne suis pas économiste et ma seule compétence en la matière se limite à mon expérience de chef d’entreprise en exercice. Pourtant, et sans que je sois capable d’expliquer ma compréhension de la situation comme vous le faites très bien, j’ai été parmi ceux (très rares), qui ont senti le vent du boulet bien avant d’entendre le son du canon.
En 1998-2000, j’ai tenté de dissuader des connaissances et mêmes des amis de miser sur la hausse du nasdaq comme ils le faisaient, certains d’entre eux utilisant un important effet levier. Tout le temps que le nasdaq a continué de monter, je suis passé au mieux pour un pessimiste rétrograde, au pire pour un idiot. Dans tous les cas, les intéressés y ont perdu gros, personne ne s’est souvenu de mes mises en garde et je n’en ai tiré aucun avantage.
Dès 2002, j’ai «compris » qu’une bulle financière se formait pour alimenter le marché de l’immobilier et, il faut croire que l’expérience précédente ne m’avait pas servie, j’ai tambouriné la tête de mon entourage en tentant de les mettre en garde, de les dissuader d’investir dans l’immobilier, de souscrire des crédits sur 25/30 ans, etc… etc...
La bulle immobilière a tellement duré que j’ai continué d’avoir tort contre tous (presque) pendant 6 ans. Ma position a été d’autant plus difficile que je n’étais pas en mesure de la justifier comme vous le faites, que quantité d’experts autoproclamés débitaient les sempiternelles tirades (l’immobilier ça ne baisse jamais, etc…) et qu’il est vrai qu’en réalité, bien que j’avais raison sur le fonds, j’ai eu tort tout le temps que la bulle a continué de gonfler, et dieu sait combien ça a été long. Il n’a pas été facile de persuader ma compagne de la nécessité de vendre la maison que nous possédions (ouf c’est fait !) et je dois reconnaître que j’ai vu plusieurs personnes s’enrichir et sortir à temps, eux, alors que moi je me suis contenté de prédire un avenir qui me paraissait certain sans pour autant en tirer véritablement profit (dommage J) si ce n’est qu’en évitant de me retrouver pris dans l’engrenage.
Bref, les enseignements que j’en ai tiré sont les suivants :
- Il est inutile de chercher à convaincre les moutons qu’ils ne doivent pas suivre le troupeau qui se dirige vers le précipice, ils ne veulent pas l’entendre. Vous ne leur rendez pas service et vous passez pour un casse pied ;
- Le troupeau continue d’avancer vers l’abysse encore bien longtemps après que les signaux évidents du danger sont perceptibles, et même clairement annoncés par les médias les plus populaires ;
- Si l’on veut tirer un avantage de sa compréhension de la situation, il faut se placer sur le passage des moutons, les tondre (ce dont ils sont contents et reconnaissants, je ne plaisante pas), sans oublier de dégager de sa position au bon moment (pas si facile que ça) ;
Bref, aujourd’hui tout le monde se sauve et il ne fait aucun doute que tous les moutons vont se mettre à courir dans le même sens. C’est dit, dans 1 ou 2 ans je me mets à l’immobilier puisque précisément, tout le monde va se sauver, de gré ou de force !
Comme je vous l’ai dit, je ne suis pas économiste bien que le sujet m’intéresse, et j’aimerais bien connaître votre avis et votre analyse à propos de la masse monétaire américaine, et par conséquent mondiale.
Mon sentiment est que les américains ont fait marcher la planche à billet à plein régime et, aussi incroyable que cela puisse paraitre, je crois que les banquiers et autres prétendus sachants parlent d’une crise du crédit, de l’immobilier, des liquidités, etc… sans comprendre que l’une des raisons est que le monde contient n fois plus d’argent (surtout du USD) que le prix cumulé de toutes ses richesses.
La mécanique me semble pourtant très simple : je suis américain, j’ai des besoins considérablement supérieurs à mes moyens, qu’à cela ne tienne, j’imprime l’argent dont j’ai besoin que j’injecte dans l’économie en entretenant la formation de bulles avec lesquelles je m’enrichie artificiellement, le tout étant financé par les pays émergeants (la chine, linde) et les pays arabes, qui se trouvent désormais très riches des magnifiques et très nombreux bons du trésor (emprunt russe ?) américains.
A ce stade, pouvez-vous critiquer cette « théorie » et nous dire ce que vous en pensez ?
Notez que si j’ai raison au moins en partie, le remède que la FED tente d’administrer au malade (injecter des liquidités supplémentaires dans une économie qui en regorge) ne fait que renforcer la gravité de son état général, le seul effet produit étant de le maintenir sous respiration artificielle (sa tourne à l’acharnement thérapeutique !)
Si vous le voulez bien, et si ce qui précède fait sens, j’aimerais que vous nous disiez s’il vous semble possible que B. OBAMA, arrivant au pouvoir dans une situation TRES exceptionnelle, avec une écrasante majorité, pourrait décider d’une mesure elle aussi tout à fait exceptionnelle, qui consisterait à régler, d’un coup d’un seul, la question de l’endettement américain en procédant à une dévaluation à la manière de DE GAULLE en son temps ? Je suis conscient que l’idée peut sembler folle, mais à y bien réfléchir, il me semble qu’elle ne l’est pas tant que ça, d’ailleurs, peut être existe-t-il une autre manière de le faire que j’ignore ?
Enfin, comme je vous ai expliqué que j’avais vendu ma « home sweet home » il y a deux ans, j’ai la chance d’avoir quelques liquidités, en tous les cas plus que la limite livret A, et je cherche le moyen intelligent et adapté de les conserver en l’état de leur valeur, voire de les faire fructifier.
J’ai donc lu avec grande attention vos conseils que j’avais appliqués (sauf pour l’or, je ne le sens pas) par avance (je suis sur des fonds en euros) mais je me demande ce qui se passerait si l’hypothèse (dévaluation US) que je viens de vous soumettre venait à se concrétiser.
Selon vous, qu’est ce que cela pourrait modifier, ou pas, sur l’analyse et les conseils que vous nous avez gracieusement et très généreusement prodigués.
Merci pour votre attention, pour la qualité de votre travail, et peut être, pour les éclairages que vous voudrez bien m’apporter.
Y – LA REUNION